• Nyx Déesse de la Nuit (site https://www.mythologie.ca/)

     

    C'est un beau Mythe. Dieu ou désse, quelle importance! Je veux le partager avec mes lecteurs.

     

     

     

     1) Nyx Déesse de la Nuit

     

    Nyx (Gr. 


    Νυξ; Lat. Nox) est la déesse de la Nuit. Pour Hésiode, elle a été conçue à partir de Chaos en même temps qu'Erèbe.
    Dans la mythologie orphique Nyx était la coquille de l'oeuf cosmique.
    Sa demeure se trouvait au delà du pays d'Atlas, à l'extrême Ouest, mais elle demeurait aussi dans les enfers.

    Avec Erèbe, elle engendra:
    • Ether, la partie la plus brillante de la haute atmosphère ;
    • Héméra, le Jour.
    • Epiphron, la Prudence selon Hygin.
    • Eléos, la pitié et la compassion qui avait un autel à Athènes où les enfants d'Héraclès avaient cherché refuge alors qu'ils étaient poursuivis par Eurysthée. Adraste était venu y prier après la bataille de Sept contre Thèbes pour que les guerriers morts soient enterrés.
    • Charon, le nocher des enfers.

    ❖ Les enfants de Nyx

    Elle engendra à son tour sans présence de l'élément mâle des abstractions et allégories toutefois Hyginus et Cicéron (De natura rerum 3,17) indique Erèbe comme le père.

    Nuit et le cortège d'étoiles

    Edward Robert HUGHES



    Nyx enfanta l'odieux Moros (Sort), Kèr la noire et Thanatos (Mort); Elle enfanta Hypnos (Sommeil) et, avec lui, toute la race des Songes, les mille Oneiroi, et cependant cette ténébreuse déesse ne s'était unie à aucun autre dieu. Ensuite elle engendra Momos (Sarcasme), Oizys plein de douleurs (Détresse), les Hespérides, qui par delà l'illustre Océan, gardent les pommes d'or et les arbres chargés de ces beaux fruits, les Moires et les Kères inhumaines, Clotho, Lachésis et Atroposqui dispensent le bien et le mal aux mortels naissants, poursuivent les crimes des hommes et des dieux et ne déposent leur terrible colère qu'après avoir exercé sur le coupable une terrible vengeance. La funeste Nyx conçut encore Némésis(Vengeance), ce fléau des mortels, puis Apaté (Tromperie), Philotès (Amour sexuel), la triste Géras (Vieillesse), Eris (Discorde) au cœur opiniâtre.
    On la dit aussi mère de Styx mais en général les parents sont Océan et Téthys
    Zeus avait voulu chasser Hypnos de l'Olympe et le jeter à la mer son fils car il l'avait endormi pendant qu'Héra faire périr Héraclès. Sa mère était intervenue avec succès en faveur de son fils.
    Dans l'art, Nyx est représentée comme une déesse ailée ou conduisant un char au milieu des étoiles, la tête couronnée d'une auréole de brume.

    ❖ Filiation

    Chaos

    NYX

    Epoux*

    Enfants

    Erèbe*

    Aether

    Héméra

    Charon

    Epiphron, Eléos

    -

    ALLEGORIES

    HESPERIDES,

    MOIRES

    ❖ Sources antiques

    ❖ Bibliographie

    Bibliothèque virtuelle

    • Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet
    • Dictionnaires et encyclopédies Larousse.
    • Encyclopédie Universalis.
    • Encyclopædia Britannica.
    • Encyclopédie de la mythologie d'Arthur COTTERELL; Edition Parragon, 2004.
    • Encyclopédie illustrée de la mythologie d'A. COTTERELL et R. STORM. Editions de l'Orxois, 2000.
    • Dictionnaire des mythologies en 2 volumes d'Yves BONNEFOY, Flammarion, Paris, 1999.
    • L'encyclopédie de la mythologie : Dieux, héros et croyances du monde entier de Neil PHILIP, Editions Rouge et Or, 2010
    • Mythes et légendes du monde entier; Editions de Lodi, 2006.
    • Mythes et mythologie de Félix GUIRAND et Joël SCHMIDT, Larousse, 1996.

     

     

     

    2) Les archétypes d’Ereshkigal PUBLIÉ LE 20 NOVEMBRE 2014

    Après plusieurs recherche à propos d’Ereshkigal, déesse qui eu une grande décision pour ma vie, devenir ma patronne ! J’ai pu remarquer qu’elle avait pour certains un seul archétype. Je dois bien avouer que j’ai du mal à être d’accord avec cela, je pense qu’on peut facilement trouvé plusieurs archétype chez une même déesse. Le but de mon article et donc d’exposer les différents archétypes et de trouvé un lien avec Ereshkigal. Je suis d’ailleurs en plein dedans avec ma formation à l’Ordre de Déa.
    Il y a un total de 10 archétypes: L’enfant, La mère, L’amante, La guerrière, La dame blanche, La dame noire, La guérisseuse, La sorcière, La prophétesse, La chamane
    Certains Archétypes seront donc exposé ici. Je passe l’enfant et la mère pour Ereshkigal, je ne vois pas cette aspect pour cette déités, bien que la mère aurait pu y rentrer.

    L’Amante
    J’ai commencé cette archétype avec beaucoup de confiance, c’est une facette qui m’attire et me parle tout a fait en tant que femme nous avons tous une part d’amante en nous. Je sais que ça peut paraître dur à croire mais c’est l’archétype qui permet de prendre confiance en soi et d’aimer son corps ! Au départ je ne pensais pas travailler avec Ereshkigal, j’avais encore des doutes sur le fait qu’elle m’accompagne ou non. Et puis au fur et à mesure j’ai ressentis le besoin d’utiliser cette archétype pour me rapprocher d’elle. Je ne donnerais pas l’exercice en détail car ça reste confidentielle avec l’Ordre de Déa.
    Lors de mon exercice j’ai ressentis une telle puissance et le fait de savoir que ma patronne était à mes côté m’a donné une joie et une grande satisfaction. C’est une déesse très puissante, craint pour des raisons que je peux tout a fait comprendre mais elle est loin d’être aussi sanglante qu’on veut bien nous le faire croire. J’ai pu facilement me rendre compte que les déesses dites lumineuse était bien plus cruelle que les sombres.
    Finalement Ereshkigal est une vrai amante, de part sa relation avec Nergal. Le fait qu’ils aient partager 7 jours et 7 nuits d’amour prouve à quel point cette déesse est fait pour l’archétype de l’amante. Elle a également usée de ses charmes pour le séduire. Je pense que si vous voulez facilement entrée en contact avec elle, vous pouvez utiliser cette facette de sa personnalité.
    La guerrière
    J’étais très motivé par cette archétype quand j’ai commencé à lire la leçon. Et puis au fil du temps une dépression post automnale m’a prise au dépourvu, aucune motivation, goût à rien bref j’étais au fond du trou ! Un soir en rentrant chez moi une petite voix m’a murmurer « il est temps », temps de quoi ? Je n’ai pas très bien compris sur le moment. La soirée ce passer tranquillement et alors que mon homme était devant la télé je me suis dis qu’il était temps que je fasse cette exercice sur la guerrière.
    Après mon yoga je me suis allongé par terre, un casque audio sur les oreilles avec une musique d’ambiance. La chienne et le chat allongé à mes côtés comme pour m’accompagner. Je me suis détendu, j’ai fermé les yeux et me voici partie dans ma méditation. Je me suis retrouvé dans un lieu que je connaissais très bien ! Mon institut ! Depuis le mois de juin, j’ai repris un institut de beauté, stress et doute son mon lot quotidiens, alors que de plus normal que de ce retrouver là-bas ?!
    J’étais donc dans ce lieu familier, un épais nuage noir était aussi présent. On avait l’impression qu’il avait le feu dans les locaux mais en réalité pas du tout. J’ai pu interpréter cette chose comme étant mon état de dépression, la noirceur qui m’empêcher d’avancé et de me vidée l’esprit. Au départ, je n’ai pas trop su ce qu’il fallait que je fasse, alors j’ai voulu sortir pour aérer tout ça, mais cette chose noir m’a retenu et m’a « attaché » contre un des murs. J’étais liée à mon institut par les pieds, les poignets et le cou.
    C’est à ce moment qu’elle est apparut, l’instant ou j’ai commencé à paniquer. Elle n’a pas eu besoin de ce présenter à moi je l’ai reconnu directement, elle c’est avancé vers moi et m’a parlé calmement m’expliquant ce que je devais faire pour me dégager de cette emprise. Tout simplement visualisé une lumière blanche partant du bas de mes pieds et remonter jusqu’à ma tête pour me libérer. J’ai écouté et c’est ce que j’ai fais, après quelques minutes j’étais enfin libre.
    Mais cette chose noir n’en avait pas fini avec moi, il c’est alors matérialisé en un homme sombre, une sorte d’homme goudron et à commencer à modeler une arme. Pour moi, j’étais foutu mais pour Ereshkigal, il n’en était rien. Elle m’a alors donné une épée, magnifique et forte et m’a dit de combattre et de ne pas m’arrêté tant qu’il ne serait pas mort.
    J’ai sentis la force de la guerrière et je me suis battu pendant de longue minutes sans m’arrêté jusqu’à détruite cet être horrible. Puis tout est redevenu clair, le soleil et revenu et la vie à reprit son long fleuve tranquille. Ma déesse à récupérer l’épée et m’a salué avant de repartir dans son royaume. Moi j’ai repris conscience de mon corps et du lieu où je me trouvais. Après cette expérience, je me suis sentis heureuse et épaulé, j’étais regonflé à bloc !(La Dame Noire)


    votre commentaire
  • Le livre des morts" et la révélation des pyramides

     

     

    wikipedia.org _Livre des morts des Anciens Egyptiens

     

     



    Livre des Morts : petit guide à l’usage des voyageurs de l’Au-delà 

    "Le Livre des Morts des anciens Égyptiens, également appelé « Livre pour Sortir au Jour » dans l’Égypte ancienne, désigne l’ensemble des formules funéraires qui étaient inscrites sur des rouleaux de papyrus placés à proximité de la momie, parfois même directement recopiés sur les bandelettes, pour accompagner l’âme du défunt – le Ba – dans sa périlleuse traversée des Enfers.

    Dans ce domaine, les anciens Égyptiens avaient une imagination des plus fertiles. L’Enfer était une vaste région souterraine coupée de murailles et de portes fortifiées, jonchée de marais boueux, de lacs de feu, de chambres mystérieuses, de routes irrégulières, de portes défendues par des gardiens féroces, le tout grouillant de serpents, de monstres prêts à anéantir les âmes impures ou insuffisamment préparées à cette traversée périlleuse.

    Pour en sortir indemne, l’âme avait donc besoin d’un « guide » ou d’une carte : le Livre des Morts remplissait ces deux fonctions, permettant, d’une part de connaître à l'avance le chemin à suivre pour ne pas s'égarer dans les labyrinthes des Enfers, et d’autre part de triompher magiquement des épreuves imposées par les différents gardiens. Mais l'épreuve la plus importante était, à coup sûr, le jugement du mort par le tribunal d’Osiris. Les morts qui échouaient à cet examen se voyaient interdire l’accès à son royaume souterrain, punition suprême car ils étaient alors condamnés à demeurer à tout jamais dans leur tombe, rongés par la faim et la soif.

    Prenant comme protagoniste le pharaon Séthi 1er au moment de sa mort, ce docu-fiction retrace son périple à travers les enfers, dévoilant les épreuves et les pièges de ce monde souterrain aussi grandiose que terrifiant.

    . Dernier voyage

    12 siècles avant la naissance du Christ, le pharaon Séthi 1er rend son dernier souffle. Sa vie sur terre s’achève ; son âme s’envole pour livrer son dernier combat, qui se déroulera dans les Enfers. Mais le corps du pharaon doit être préparé en vue de ce voyage. Pour cela il va être confié aux embaumeurs chargés de le momifier.

    La préservation du corps correspond à un besoin d'ordre religieux chez les anciens Égyptiens car elle garantit que l’âme saura le reconnaître dans l’Au-delà et pourra ainsi s’unir de nouveau à lui. C’est la condition nécessaire pour accéder à l’immortalité. En effet, la mort représente la séparation entre le support matériel et les éléments immatériels ; le ba qui correspond à l'âme et le ka qui représente l'énergie vitale. Il faut ainsi que le ba et le ka, au réveil dans la nouvelle vie, puissent réintégrer le corps, préalablement conservé.

    Une fois les rites de momification achevés, Sethi est conduit jusqu’à la Vallée des Rois pour y être inhumé. Son combat pour l’immortalité peut commencer. Pour cela, il va devoir entreprendre un voyage à travers l’endroit le plus terrifiant des croyances Égyptiennes : le Monde Inférieur. Le plan dont il a besoin pour y accéder est gravé sur les murs de son tombeau : il s’agit du Livre des Portes.

    . Les douze Portes du royaume des Morts

    Le défunt est tout d’abord accueilli dans l’Au-delà par un cordon d’âmes mortes. Pour cheminer parmi elles, il a revêtu l’apparence de Ra, le dieu du soleil à tête de faucon. En effet, quand un pharaon meurt, il s’unit avec le soleil et ne forme plus qu’un avec lui, c’est pourquoi la bataille du dieu solaire pour vaincre les ténèbres du Monde Inférieur est aussi celle du pharaon.

    Pour les anciens Égyptiens, le soleil est le pilier de leurs croyances religieuses. Il symbolise le recommencement éternel du monde, mourant tous les soirs et renaissant à l’est chaque matin après avoir triomphé du royaume des ténèbres. La symbolique du Monde Inférieur est ainsi calquée sur le trajet du soleil pendant la nuit.

    C’est aussi une vision post-mortem du Nil, un fleuve de ténèbres sur lequel le Pharaon navigue dans sa barque funéraire. Son itinéraire va l’amener à franchir 12 portes, une pour chaque heure de la nuit. Chacune de ces portes est gardée par des serpents qui ont pour tâche d’interdire le passage à ceux qui ne sont pas assez purs ou n’ont pas les connaissances magiques nécessaires pour passer d’un niveau à un autre. Séthi ne peut en effet traverser les portes que s’il ne connaît les noms des serpents qui les gardent. En prononçant ces noms, le pharaon prouve aux gardiens qu’il est un initié habilité à poursuivre sa traversée du Monde Inférieur, c’est pourquoi ceux-ci figurent en bonne place dans le Livre des Morts.

    . Machines de résurrection

    D’une importance cruciale pour le défunt, ce livre est peint et gravé sur les murs du tombeau pour qu’il puisse en apprendre les formules et se remémorer les noms des gardiens des Portes avant de commencer son voyage dans le Monde Inférieur. Au fil des siècles, les Égyptiens élaborent des formules sophistiquées qui visent à rendre ce voyage vers la vie éternelle moins aléatoire.

    Pour les puissants, cette quête mobilise des moyens humains et financiers énormes. Il faut nourrir des armées d’ouvriers, de sculpteurs, de peintres, de scribes, qui vont concevoir et décorer les tombeaux monumentaux où est censé débuter le voyage vers l’immortalité. Tout commence en effet dans la tombe, qui est une recréation miniature du cosmos. Les sépultures des anciens Égyptiens sont de véritables machines de résurrection qui permettent à l’esprit de renaître et de réintégrer son corps afin qu’il vive éternellement.

    Celle de Séthi 1er a été conçue avec un zèle tout particulier. Les artisans ont passé des années à essayer d’y créer le parfait portail vers l’Au-delà. Chaque centimètre est couvert d’images ou de fresques vectrices de pouvoirs magiques dans le but d’aider le pharaon au cours de son voyage. C’est une véritable carte du Monde Inférieur qui contient des directions destinées à guider le Pharaon et le Dieu Soleil vers la résurrection.

    . Épreuves et ennemis

    Après avoir franchi sans encombre les deux premières portes du Monde Inférieur en prononçant les noms des gardiens, Séthi arrive en vue de la troisième porte. Il va devoir y affronter une menace bien connue des adeptes de nombreuses religions : les feux de l’Enfer. Pour le pharaon, c’est une épreuve de pureté. Le lac de feu des Égyptiens consume en effet les âmes damnées, seules celles qui sont vierges de toute souillure peuvent le traverser sans dommage. Comme Séthi ne fait qu’un avec le dieu Soleil, il vient à bout du lac de feu sans la moindre difficulté. Cette étape du voyage lui confère même le pouvoir de choisir, parmi les autres âmes qui cheminent à ses côtés, qui sera damné ou sauvé.

    Mais la suite du voyage sera plus mouvementée pour le pharaon. Il est en effet guetté par Apophis, l’un des pires démons du Monde Inférieur, maître des forces mauvaises et de la nuit, personnification du chaos, du mal cherchant à anéantir la création divine. Représenté sous la forme d’un serpent gigantesque, il va tenter de faire chavirer la barque du pharaon pour l’empêcher d’atteindre l’issue de son voyage et d’accéder ainsi à l’immortalité.

    . Textes millénaires

    Heureusement, une fois de plus les inscriptions du Livre des Portes vont aider le pharaon à triompher de cet adversaire redoutable. La première ébauche de ces textes magiques apparaît environ mille ans avant le règne de Séthi, dans la tombe du pharaon Ounas, dernier souverain de la Ve dynastie égyptienne (-2350 avant J.-C.). Surnommés « les textes des pyramides », ce sont les plus anciens récits religieux d’Égypte. Ces écrits sont gravés en colonnes sur les murs des corridors, des antichambres et des chambres funéraires et sont destinés à protéger le voyage du pharaon dans l’Au-delà. Au moment de sa résurrection, le pharaon est censé se relever de son tombeau et recueillir le pouvoir magique de ces inscriptions disposées autour de lui. Il utilise alors cette magie pour sortir de la pyramide et s’unir aux étoiles pour l’éternité.

    A l’époque de Séthi, les instructions sont devenues beaucoup plus sophistiquées. Couvrant la totalité des murs de la tombe, elles deviennent une sorte de « mode d’emploi » que le pharaon doit suivre à la lettre en vue d’accéder à la vie éternelle. D’une tombe à l’autre, ces instructions sont différentes car elles reflètent la façon dont chaque pharaon conçoit l’Au-delà et s’y projette pour son dernier voyage. Les conceptions de Séthi traduisent l’évolution sur plusieurs siècles et l’aboutissement du concept de la mort chez les anciens Égyptiens.

    . Vie dans l’Au-delà

    Les tombes d’Abydos, qui comptent parmi les plus anciennes d’Égypte, livrent de précieuses indications sur la façon dont les premiers pharaons imaginaient la vie dans l’Au-delà. On y découvre ainsi de fausses portes taillées dans le tombeau symbolisant les issues magiques que l’âme doit emprunter pour accéder au Monde Inférieur.

    Le pharaon était déposé dans sa dernière demeure avec de la nourriture et des boissons destinés à subvenir à ses besoins tout au long de sa quête dans l’Au-delà. Des esclaves étaient également sacrifiés et enterrés dans des enclos tout autour du tombeau ; ils devenaient ainsi les serviteurs du pharaon au cours de son dernier voyage. Parfois, des proches ou des conseillers faisaient également partie de cette étrange procession d’âmes.

    Dans des tombes plus tardives, les archéologues ont retrouvé de véritables villes souterraines, dédales de corridors et de salles creusées sous le tombeau principal et qui étaient censés recréer dans l’Au-delà l’univers familier du pharaon et de ses suivants. A cette époque, les sacrifices d’esclaves avaient été abandonnés. Les serviteurs du pharaon étaient figurés par des ouchebtis, des statuettes qui formaient une partie importante du mobilier funéraire. Ces statuettes désignaient les serviteurs qui devaient répondre à l’appel d’Osiris et remplacer le mort dans les travaux des champs de l’Au-delà.

    A cette époque, on ne retrouve pas non plus dans les tombeaux les inscriptions complexes qui fleuriront par la suite et trouveront leur apogée dans le tombeau de Séthi. Pour accéder à l’Au-delà, le défunt se contente de franchir une porte magique figurée sur l’un des murs du tombeau. On retrouve pourtant dans ces rituels funéraires un concept qui sera repris par d’autres religions dans les siècles à venir : celui de la résurrection.

    . Ennemi démoniaque

    Après avoir laissé derrière lui le lac de feu, le pharaon atteint la quatrième porte et prononce les incantations destinées à lui ouvrir le chemin. Il est toujours suivi à la trace par Apophis, qui guette l’occasion de passer à l’attaque. Cette idée d’un affrontement dans l’Au-delà est très ancienne ; elle exprime la croyance en un jugement final après la mort.

    Apophis, le démon principal de la religion de l’Égypte ancienne, présente d’ailleurs une ressemblance troublante avec le concept judéo-chrétien de Satan : un être mauvais qui cherche à détruire l’humanité. C’est l’ancêtre du Diable ; si le pharaon et le dieu Soleil ne peuvent pas le vaincre, alors le recommencement du monde ne pourra pas avoir lieu. Le soleil restera prisonnier de la nuit, marquant la fin du cosmos.

    Il n’est pas étonnant qu’Apophis soit représenté sous la forme d’un serpent. Le Monde Inférieur des anciens Égyptiens est rempli de créatures qui s’inspirent de leur environnement naturel : hippopotames, lions, faucons, serpents, scorpions, etc. Transfigurés par l’imagination, ces animaux deviennent les démons polymorphes qui hantent l’Au-delà : hommes à têtes d’hippopotames, femmes serpents, êtres insectoïdes, etc. Apophis est la figure la plus puissante de ce panthéon démoniaque.

    . Maître du royaume des morts

    Le voyage infernal de Séthi doit se poursuivre tout au long des 12 heures de la nuit. A la quatrième heure de cette traversée du Monde Inférieur, Séthi ressuscite des momies qui attendaient son arrivée. A la cinquième heure, soutenu par une armée de dieux, il combat de nouveau Apophis et parvient à le ligoter. Mais le démon n’est pas vaincu définitivement et reviendra lui tendre une dernière embuscade. Au cours de cette même heure, le pharaon rencontre les quatre races humaines : les Nubiens, les Égyptiens, les Asiatiques, et les Lybiens. Ce cosmopolitisme de l’Au-delà Égyptien montre qu’il avait valeur de réalité universelle à leurs yeux. La totalité des êtres humains s’y retrouvait après la mort.

    Séthi s’apprête ensuite à faire face au maître du royaume des morts : Osiris. Il est l’une des plus grandes divinités égyptiennes car il préside au jugement des âmes. Tué par son frère Seth et ressuscité par son épouse Isis, Osiris incarne l’idée du renouveau dans la mort ; lié au Nil, il est aussi le dieu des végétaux et de la nature, dont le cycle de renaissances infinies évoque sa propre destinée. Il est aussi considéré comme le tout premier pharaon d’Égypte, figure indissociable de la royauté et du pouvoir.

    Séthi reconnaît ce pouvoir quand, juste avant la sixième heure de son voyage, il se présente dans la salle du tribunal d’Osiris. Là, il va subir l’épreuve que redoutent tous les défunts cheminant dans le Monde Inférieur. Celle-ci consiste à mettre son cœur en balance avec la plume de vérité. Si leur poids est identique, les voyageurs sont autorisés à poursuivre leur chemin. Mais s’il est plus lourd que la plume, il est jeté à Ammout, la dévoreuse des morts, représentée sous les traits d'une créature à tête de crocodile, à corps et pattes avant de lion et à l'arrière-train et pattes arrière d'hippopotame. Ce sort terrifiant réduisait à néant l’âme des malheureux ; pour les anciens Égyptiens, le cœur était en effet le réceptacle du Ba (âme). Mais Séthi n’a pas à subir cette épreuve ; son statut de pharaon lui a permis de fusionner avec Osiris, et c’est donc lui qui préside au jugement des autres défunts.

    . Vers la lumière

    Après cette étape, le pharaon atteint la sixième heure de son voyage, où il va subir un nouvel assaut d’Apophis. Toujours fusionné avec le dieu Soleil, Ra, il reçoit alors l’aide de nombreux autres dieux pour triompher du démon. Pendant que ceux-ci neutralisent Apophis, Séthi poursuit sa route vers ce qui est sans doute le moment le plus important de la nuit : le retour de son âme – le Ba – dans son corps.

    Cette réunification marque une étape cruciale de ce voyage nocturne ; fortifié par son Ba, le pharaon reprend sa route vers l’aube naissante. Il passe alors une autre porte, pénétrant dans la septième heure. Là se trouve un groupe de démons auxquels le pharaon va ordonner de punir les damnés.

    Vient ensuite la huitième heure, où les momies se retournent sur leur lit, une étape importante du processus d’immortalité. A la neuvième heure, les âmes des défunts se régénèrent dans les eaux primitives avant de renaître. Au cours de cette même heure, Séthi fait rassembler les ennemis du dieu Soleil et ordonne à un serpent qu’il tient en son pouvoir de les tourmenter en crachant son feu sur eux.

    . Ultime combat

    Le pharaon approche de la fin de son voyage, mais il va devoir livrer l’ultime combat contre Apophis. Il a en effet atteint la dixième heure de la nuit ; le soleil ne va pas tarder à se lever sur le Nil, mais seulement s’il réussit à échapper au démon qui veut sa perte. Apophis sait que c’est sa dernière chance de dévorer le pharaon, il va jeter toutes ses forces dans ce combat. Séthi fait de nouveau appel à une armée de dieux pour lui venir en aide ; ceux-ci brandissent des filets magiques qui tissent une toile autour du serpent, l’empêchant de s’en prendre à Séthi. Juste avant l’aube, celui-ci triomphe de son adversaire

    Il peut alors franchir la onzième porte, accompagné d’un cortège de dieux et de déesses qui proclament sa résurrection sous la forme solaire. La sortie du Monde Inférieur est proche ; c’est aussi l’instant des transformations symboliques. Séthi va ainsi se métamorphoser en griffon, tandis que Ra, le dieu Soleil avec lequel il avait fusionné, va passer de l’apparence d’un faucon à celle d’un scarabée. Pour les anciens Égyptiens, le lever du soleil est une expérience mystique qui marque le recommencement de l’Univers et le renouveau de l’homme. Le roi s’est changé en dieu ; il vient d’acquérir son immortalité. Il a survécu aux ténèbres, aux monstres et aux flammes. Ce périple ce répète tous les soirs, quand le soleil disparaît, jusqu’à ce qu’il se lève à nouveau. Séthi, uni à Ra, traverse le ciel dans la barque solaire et répand sa lumière bienfaisante sur l’Égypte.

    Il a pu déjouer toutes les embûches de son voyage dans l’Au-delà grâce aux connaissances et à la magie du Livre des Morts, qui nous décrit les pérégrinations de l'âme dans le Monde Inférieur, le jugement osirien, les dangers qui guettent le voyageur à chaque heure. A la fois clé et carte de ce royaume ténébreux, il contient les formules qui permettent de contourner ses pièges, de résoudre ses énigmes, de triompher de ses gardiens, pour revenir dans le monde des vivants sous une forme immortelle. En fait, s'il n'est pas le moins du monde une « Bible » des anciens Égyptiens, comme on l'a prétendu, et s'il n'a tenu que peu de place dans leur vie, il a en revanche été leur grand compagnon dans l'au-delà, consignant dans ses incantations le témoignage le plus complet sur ce monde des morts si étroitement imbriqué dans celui des vivants.

    EN RÉSUMÉ : Reconstituer le périple d’une âme dans le Monde Inférieur des anciens Égyptiens sur la base des textes contenus dans le « Livre des Morts » : l’idée avait de quoi séduire. Elle s’éparpille malheureusement dans une succession d’investigations parallèles mélangeant, sans grand souci d’ordre et de cohérence, histoire, archéologie et mythologie égyptienne.

    Sous prétexte d’élargir le sujet en retraçant l’évolution des rites funéraires des anciens Égyptiens, ces enquêtes finissent par perdre de vue le point de départ du film, s’égarant dans de laborieuses investigations, telle l’histoire de cette galerie située sous le tombeau du pharaon Séthi 1er, galerie dont on apprend finalement qu’elle ne mène… nulle part ! Dommage, car le temps consacré à ces séquences raccourcit d’autant les reconstitutions consacrées au périple du pharaon à travers le Monde Inférieur, le terrifiant royaume des morts des Égyptiens. Alors qu’elles auraient pu être le point d’orgue du film, celles-ci sont ravalées à des scènes satellites, s’enchaînant de plus en plus rapidement à mesure que l’on s’approche de la fin et se vidant progressivement de leur contenu.

    Ce qu’elles nous disent de l’Au-delà tel qu’il était perçu par les anciens Égyptiens est assez fascinant, mais on ne peut s’empêcher d’éprouver de la frustration face au potentiel d’un tel sujet, qui est ici cruellement sous-exploité. Dommage, car il y avait matière à faire mille fois mieux. 

     

    2) La révélation des pyramides 

     

     HD on Vimeo by patrice pooyard: https://vimeo.com/20141038LA RÉVÉLATION DES PYRAMIDES HD on Vimeo by patrice pooyard,

     

     

     

     

     

     

    A voir aussi les vidéos: 


    https://teicomprisenball.firebaseapp.com/2845821395.pdf (Trésors cachés del'Egypte Télécharger, Lire PDF)

     

     

     

    Que sait-on réellement sur la grande pyramide de Gizeh ? Imaginez un film qui modifie à jamais votre vision du passé. Imaginez que l'on découvre un pan oublié de notre Histoire. Imaginez que cela puisse concerner notre avenir. Imaginez que ce ne soit pas une fiction… Voici tout ce qu'est LA RÉVÉLATION DES PYRAMIDES, l'enquête qui change le monde. Ce film français, qui va sortir dans un grand nombre de pays dans le monde, n'est à ce jour pas encore annoncé en France… J'ai travaillé sur ce sujet pendant près de 10 ans, et la découverte (qui n'est pas la mienne) est réellement extraordinaire. J'ai lu des tas d'articles, de livres, vu des dizaines de films, qui chaque fois promettaient des révélations à couper le souffle… j'imagine donc bien que la suspicion ou le scepticisme puissent vous traverser l'esprit. Une chose est cependant certaine : ce film changera à jamais votre perception du passé de notre planète. Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez faire un tour sur la page facebook du film :https://www.facebook.com/jayanfilms/videos/762697090601796/ Watch this video on Vimeo (Video created by patrice pooyard.)

     

     

     
     

    3) L'Atlantide.

     

     

     

     

     

     

    L’Atlantide est une Île légendaire qui, selon le philosophe Grec Platon, aurait été engloutie par un cataclysme neuf mille ans avant l'époque de Platon (qui le rapporte dans le Timée et le Critias). Platon nous décrit l'île de l'Atlantide comme étant le domaine de Poséidon (dieu de la mer). Ce dernier est marié à une mortelle : Clito. C'est pour la protéger que Poséidon créa au sein de l'île une cité, Atlantis, qu'il entoura d'anneaux de mer et de terre.La civilisation atlante semblait très en avance sur son époque. Aussi, on estime que les pyramides égyptiennes et précolombiennes ainsi que le sphinx seraient des vestiges du peuple atlantes.

     



    http://dai.ly/x3edz3: le mystère de l'Atlantide (ARTE)


    https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-atlantide-et-le-mythe-atlante-53338: l'Atlantide et le mythe atlante


    https://ovnis-videos.com/2016/07/11/et-si-lhomme-etait-a-la-base-dun-prochain-cataclysme/ : Et si l’homme était à la base d’un prochain cataclysme ?
    11 JUILLET 2016 PAR OVNIS VIDEOS


    https://www.dailymotion.com/video/xdb68v émission de François de Closet et Roland Portiche: les religions de la préhistoire, mythe ou réalité?


    https://www.paperblog.fr/1666480/ces-pierres-mysterieuses-temoignent-elles-du-site-du-jardin-d-eden/  Ces pierres mystérieuses témoignent-elles du site du Jardin d’Eden ?

     


    votre commentaire
  •  

    Carlo Rovelli par-delà le visible  Mon article 3: Au-delà de l'espace et du temps.

     

     

     

    https://www.amazon.fr/SCIENCE-VIE-TEMPS-NEXISTE-1024/dp/B00897F9CA

     

     

     

    Mais comment le passé, qui, par hypothèse, a cessé d'être, pourrait-il par lui-même se conserver ? N'y a-t-il pas là une contradiction véritable ? - Nous répondons que la question est précisément de savoir si le passé a cessé d'exister, ou s'il a simplement cessé d'être utile. Vous définissez arbitrairement le présent ce qui est, alors que le présent est simplement ce qui se fait. Rien n'est moins que le moment présent, si vous entendez par là cette limite indivisible qui sépare le passé de l'avenir. Lorsque nous pensons ce présent comme devant être, il n'est pas encore ; et quand nous le pensons comme existant, il est déjà passé. Que si, au contraire, vous considérez le présent concret et réellement vécu par la conscience, on peut dire que ce présent consiste en grande partie dans le passé immédiat. Dans la fraction de seconde que dure la plus courte perception possible de lumière, des trillions de vibrations ont pris place, dont la première est séparée de la dernière par un intervalle énormément divisé. Votre perception, si instantanée soit-elle, consiste donc en une incalculable multitude d'éléments remémorés, et, à vrai dire, toute perception est déjà mémoire. Nous ne percevons, pratiquement, que le passé, le présent pur étant l'insaisissable progrès du passé rongeant l'avenir.

    Bergson (Matière et Mémoire, Chapitre 3)

     

     

     

    Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

     

    *

    http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)

    http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n'existait pas par carlo rovelli)


     http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n'existait pas?)

     

    http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

     

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l'échec de la théorie des cordes préface d'alain connes...Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière...)

     

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

     

    https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l'espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d'Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

     

    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l'espace-temps quantique. L'espace et le temps émergeraient de l'intrication quantique de minuscules bribes d'information : telle est l'audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

    https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)


    http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Gerardin.pdf  (Étude des contraintes de simplicité dans les modèles de mousses de spins)


    Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)


    https://arxiv.org/abs/1801.01479 (les trous noirs comme condensats de gravité quantique)

     

    1) Introduction.

    Comme je l'ai dit dans Dans mon article 1, je viens d'interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin "La renaissance du temps" au chapitre 14 Je vais d'abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique". Dans l'article 1), j'ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son "rien ne va plus en physique", nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l'ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l'unification. Dans l'article 2, nous avons vu que l'espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L'espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de Mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d'un réseau de spins, c'est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l'origine de l'espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d'espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

     

    L'aboutissement de cette conception est que les particules sont des quanta de champs quantiques et l'espace n'est qu'un champ, lui aussi quantique. Nous avons vu que le temps naît à partir de processus de ce même champ. Autrement dit, le monde est entièrement fait de champs quantiques. Comme nous l'avons vu, ces champs ne se situent pas dans l'espace-temps. Ils vivent "les uns sur les autres", de façon comparable aux états de superposition quantique, des champs sur des champs. L'espace et le temps que nous percevons à grande échelle sont l'image floue et approchée d'un de ces champs quantiques, le champ gravitationnel. Ils vivent en eux-mêmes, sans avoir besoin d'un espace-temps qui leur serve de substrat. Ils sont appelés champs quantiques covariants et sont capables d'engendrer l'espace-temps. Ainsi, le monde, les particules, l'énergie, l'espace et le temps ne sont que la manifestation de cette entité, le champ quantique covariant. Pour Carlo Rovelli, c'est sans doute la meilleure description que nous ayons aujourd'hui de la substance primordiale qui forme le tout, conçue par le premiers savant et philosophe Anaximandre, l'apeiron ("L'apeiron (en grec ancien ἄπειρον / apeiron) est un concept philosophique présenté la première fois par Anaximandre au vie siècle av. J.-C. ( voir La Parole d'Anaximandre ) pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l'école milésienne. Thalès voyait en l'eau le principe originel, la substance de toute chose. Pour Anaximandre, c'est l'apeiron, qui signifie illimité, indéfini et indéterminé, qui est le principe et l'élément de tout ce qui existe. L’apeiron est inaccessible à la sensibilité, mais il doit exister. Il est nécessaire pour expliquer l’existence de tout ce que nous percevons. Il ne peut posséder de qualité déterminée et n'est désigné que négativement"). Werner Heisenberg a pu déclarer dans Physique et Philosophie": "Toutes les particules élémentaires pourraient se réduire à une substance universelle que nous pouvons appeler énergie ou matière; mais aucune de ces diverses particules ne pourrait être préférée aux autres comme étant plus fondamentale. Ce dernier point de vue correspond naturellement à la doctrine d'Anaximandre, et je suis convaincu qu'en physique moderne, c'est ce point de vue qui est le bon."

    Nous en sommes maintenant au point où on peut aller au-delà de l'apparente contradiction entre l'espace continu et courbe de la relativité générale et les quanta discrets de la mécanique quantique qui vivent dans un espace plat et uniforme. Entre le  continuum de l'espace temps  et les quanta d'espace discrets il y a une relation qu'on peut comparer à celle qui existe entre les ondes électromagnétiques et les photons. On peut dire que les ondes sont une vision approximative à grande échelle des photons et les photons sont la façon les ondes interagissent. De même, l'espace et le temps continus sont une vision approximative à grande échelle de la dynamique des quanta de gravité qui sont eux-mêmes la façon dont l'espace et le temps interagissent. Les mathématiques décrivent le champ gravitationnel quantique de même que les autres champs quantiques. 

    Mais le prix à payer, c'est qu'il faut conceptuellement renoncer à notre vision habituelle de l'espace et du temps comme structures générales dans lesquelles penser et intégrer le monde et ne voir l'espace et le temps que comme des approximations qui n'apparaissent qu'à grande échelle. Kant, avec sa théorie de la connaissance, pensait avec raison que le sujet de la connaissance et son objet sont inséparables, mais il regardait à tort le temps et l'espace comme des formes a priori de la connaissance c'est à dire des parties d'une grammaire indispensable pour comprendre le monde.

    En fait, si on regarde en profondeur, la relativité générale et la mécanique quantique ne sont pas tant dans la tension qu'on décrit généralement, elles se parlent plutôt et se donnent la main. Les relations spatiales qui tissent l'espace courbe d'Einstein (continuum à notre échelle), sont les interactions qui tissent les relations entre les systèmes élémentaires de la mécanique quantique. Elles deviennent compatibles comme les deux faces "d'une même médaille" quand on pense l'espace et le temps comme deux aspects d'un champ quantique, qui peuvent exister sans avoir besoin du support d'un espace externe.  

    Le principal avantage de cette physique, comme nous allons le voir maintenant, c'est que les infinis qui embarrassaient la théorie quantique des champs disparaissent lorsqu'on ne fait plus l'hypothèse que l'espace est continu. Les singularités qui rendaient absurdes les équations d'Einstein quand le champ gravitationnel devenait trop grand (la courbure tend alors vers l'infini) disparaissent également. Elles venaient du fait qu'on négligeait la quantification du champ. 


    2) Au-delà du big bang. 

    Nous allons voir maintenant à la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, quelques conséquences physiques de cette théorie. On peut sans doute difficilement s'imaginer et penser ces entités discrètes qui ne sont ni dans l'espace, ni dans le temps et qui pourtant tissent l'espace et le temps par leurs relations. Mais n'en n'était-il pas de même quand Anaximandre déclarait:que sous nos pieds il n'y avait sans doute que le même ciel que celui que nous voyons au-dessus de nos têtes (Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent )? Ou  aussi quand Aristarque de Samos a découvert, en mesurant la distance de la lune et du soleil, que ces objets sont très éloignés et qu'il ne s'agit pas de petites boules, mais d'astres gigantesques? Ou enfin lorsque Hubble a compris que les petits nuages au milieu des étoiles sont en fait d'immenses mers d'étoiles immensément lointaines?  

    Avec Carlo Rovelli on peut conclure que: "Le monde n'a cessé de s''élargir autour de nous pendant des siècles. Nous voyons plus loin, nous le comprenons mieux et demeurons stupéfaits devant sa diversité, toujours plus vaste que ce que nous pouvons imaginer, et devant le caractère limité des images que nous en avons. En même temps,  la description que nous parvenons à en donner devient plus restreinte, mais aussi plus simple. Nous sommes des petites taupes aveugles sous la terre, qui savent peu, voire rien du monde, mais nous continuons à apprendre".

    "Tout le récit qu'ils nous ont fait de cette nuit [...] est plus convaincant que de fantastiques visions;  - il a le caractère d'une grande consistance, - tout étrange et tout merveilleux qu'il est. " William ShakespeareLe songe d'une nuit d'été.

         2-1) 1927: Lemaître.

     

     


    Georges Lemaître, jeune scientifique belge formé par les jésuites a présenté ses voeux comme prêtre catholique quelques années auparavant. Comme Einstein, il se rend compte de leur capacité à prédire que l'univers n'est pas statique mais peut se contracter ou s'étendre. Toutefois, contrairement à Einstein, qui a tenté orgueilleusement d'ignorer et négliger ce fait, Lemaître le prend au sérieux et prend connaissance des premières données disponibles à cette époque. C'étaient ce qu'à l'époque on n'appelait pas encore galaxies mais nébuleuses, car elles apparaissaient comme de petits nuages opalescents entre les étoiles. On ne savait pas encore qu'il s'agissait d'immenses "iles d'étoiles", mais le jeune prêtre belge comprend que ces données sont compatibles avec l'idée d'un univers non statique en expansion. Cette intuition fut confirmée 2 ans plus tard par Henrietta Leavitt et Edwin Hubble. Henrietta découvre une méthode pour mesurer la distance des nébuleuses.par le méthode des céphéidesHubble obtient des données encore plus précises en utilisant le grand télescope de l'observatoire du Mont Palomar. Et les données confirment que les galaxies s'éloignent conformément à la loi de Hubble: "Elle énonce que les galaxies s'éloignent les unes des autres à une vitesse approximativement proportionnelle à leur distance: v = H_0 d\;,. Autrement dit, plus une galaxie est loin de nous, plus elle semble s'éloigner rapidement. Cette loi ne concerne que la partie de l'univers accessible aux observations. L'extrapolation de la loi de Hubble sur des distances plus grandes est possible, mais uniquement si l'univers demeure homogène et isotrope sur de plus grandes distances".

    Mais c'est le jeune belge qui déduit la conséquence cruciale et qui découle d'une logique commune d'observation: si nous voyons un caillou s'élever en l'air, cela veut dire qu'auparavant il était plus bas et que quelque chose l'a expédié vers le haut. Si nous voyons les galaxies s'éloigner et l'univers s'étendre, c'est précisément que les galaxies étaient plus proches par le passé et que quelque chose l'a poussé à entamer une expansion. Lemaître suggère que l'Univers était initialement très petit et comprimé et qu'il a entamé son expansion lors d'une sorte d'explosion gigantesque. Il a appelé cet état l'atome primordial. Aujourd'hui, le big bang est une notion familière, mais à l'époque (1927), c'était une idée révolutionnaire. Son esprit avait une envergure remarquable et dit Rovelli, "nous vivons à l'ombre de cet esprit", ce qu'illustrent deux épisodes de sa vie. 

    Le premier concerne Einstein, qui était très sceptique à propos de la découverte de l'expansion de l'univers et a proposé une petite mais importante modification dans ses équations dans l'espoir (erroné) de les rendre compatibles avec un Univers statique:  la constante cosmologique . Lemaître a rencontré Einstein et a essayé de le débarrasser des préjugés concernant cet Univers fixe et statique dans lequel il avait grandi. Einstein, au début, a résisté et a même dit à  Lemaître: "calculs corrects, mais physique abominable". Ce n'est que plus tard qu'il devait reconnaître que celui qui avait osé le démentir avait raison. Par la suite, Einstein a dû admettre que l'Univers n'est pas statique. Il a pris en grippe la constante cosmologique. De nouveau, Le Maître a tenté de le faire changer d'avis. La constante cosmologique ne rend pas l'Univers statique et elle peut très bien exister quand même; il n'y a aucune raison de la supprimer. Encore une fois, Lemaître avait raison. La constante cosmologique produit une accélération de l'expansion de l'Univers, accélération qui a été mesurée récemment. 

    Le deuxième épisode concerne le pape Pie XII. Tandis que l'idée de la naissance de l'Univers dans un big bang se diffusait, le pape Pie XII déclarait dans un discours public le 22 novembre 1951 [http://w2.vatican.va/content/pius-xii/it/speeches/1951/documents/hf_p-xii_spe_19511122_di-serena.html#topque la théorie du big bang confirmait le récit de la genèse. Lemaître a été très préoccupé de cette prise de décision: "En 1951, le pape Pie XII a déclaré que la théorie de Lemaître a fourni une validation scientifique pour le catholicisme . Cependant, Lemaître ressenti la proclamation du pape, affirmant que la théorie était neutre et il n'y avait ni connexion ni une contradiction entre sa religion et sa théorie. Lorsque Lemaître et Daniel O'Connell, conseiller scientifique du pape, ont essayé à convaincre le pape de ne pas mentionner le créationnisme plus publiquement, le pape a accepté. Il a convaincu le pape à cesser de faire des proclamations cosmologie. Même si un catholique dévot, il était contre mélanger la science avec la religion, mais il était aussi d'avis que ces deux domaines de l'expérience humaine ne sont pas en conflit."

    Read more at http://universum.e-monsite.com/pages/biographies/georges-lemaitre.html#Q4aGvl1ttseGScVG.99.  C'est ce que relate Simon Singh dans le roman du big bang. Pie XII s'est laissé convaincre et n'a plus fait aucune allusion en public à cette idée. Ce n'est pas donné à tout le monde de démentir le pape ou Einstein. 

    Aujourd'hui, on pense qu'il est possible que le big bang ne soit pas un véritable commencement, qu"il pourrait avoir avoir existé auparavant un Univers, avec la possibilité d'un big bounce. On peut imaginer dans quel embarras serait l'Eglise catholique si Lemaître n'avait pas freiné le pape et si la doctrine officielle était que le Big Bang est la création, le Fiat Lux.

    Aujourd'hui, il est hors de doute que l'Univers, dans un lointain passé ait été extrêmement chaud et compact et depuis lors il soit en expansion. Les scientifiques savent reconstituer, à partir de cet état initial, la façon dont se sont formés les atomes dans une nucléo-syntèse primordiale, les éléments, les galaxies et les étoiles de l'Univers telles que nous les voyons maintenant. 

    Pour terminer ce chapitre, voyons comment Monseigneur Lemaître considérait les rapports entre la cosmologie et la foi dans l'article suivant du site persée.frhttp://www.lafoichretienne.com/content/theorie-big-bang-confirme-t-elle-bible (la théorie du big bang confirme t-elle la bible).

    Liens: http://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_1997_num_28_1_2867 (Monseigneur Georges Lemaître et le débat entre la cosmologie et la foi (à suivre) Dominique Lambert)

    sciencetonnante.wordpress.com: la constante cosmologique

    http://journals.openedition.org/philosophiascientiae/659 (La constante cosmologique et le déploiement de l’espace)

     

          2-2) Cosmologie quantique. 

    Mais que s'est t-il passé il y a 14 milliards d'années. Il faut maintenant faire appel à la mécanique quantique. Voyons ce que dit la théorie des boucles?

    Imaginons un cas plus simple mais qui ressemble à la contraction de l"Univers vers le big bang. Ce serait en mécanique classique l'exemple d'un électron qui tombe tout droit vers son noyau. Il se verrait englouti vers son noyau et disparaîtrait. Mais dans le monde sub-quantique ce n'est pas se qui se passe. Un électron réel est un objet quantique. Il ne suit donc pas une,trajectoire précise: il n'est pas possible de le localiser en un point unique pendant plus d'un instant. Et plus on le localise avec précision, plus il s'échappe. Si on veut l'arrêter autour du noyau, on peut tout au plus le forcer sur une orbitale de la dimension des orbitales atomiques. Il ne pourrait pas s'approcher davantage du noyau plus d'un court instant avant de s'échapper. La mécanique quantique empêche donc un électron réel de s'effondrer sur le noyau, comme si une force répulsive de nature quantique le rejetait lorsqu'il s'approche trop près du noyau. C'est pour cela que la nature est stable. Sans la mécanique quantique, tous les électrons s'effondreraient sur le noyaux, il n'y aurait pas d'atomes, ni de Terre, ni de vie avec des hommes pour observer la nature. 

    Il en va de même pour l'Univers. Si on regarde le film de son évolution à l'envers, on voit un Univers qui se contracte et devient immensément petit, écrasé sous son propre poids. Selon les équations de la relativité générale d'Einstein, il s'écraserait à l'infini et disparaîtrait en un point , tout comme l'électron qui tombe sur le noyau, comme dans le big bang ponctuel prévu par les équations d'Einstein, si nous ne tenons pas compte de la mécanique quantique comme c'est le cas dans les modèles standard. 

    astronomie.skyrock.com: Univers-en-rebond

    Mais la physique quantique nous dit que l'Univers ne peut se comprimer davantage qu'une quantité minimale.On sait qu'en physique, le mot «quantum» désigne la quantité minimale de toute entité physique impliquée dans une interaction. Certaines caractéristiques de la matière ne peuvent prendre que certaines valeurs précises, elles sont dites « discrètes ». Carlo Rovelli pense que, de même que l'électron du paragraphe précédent, c'est comme s'il existait une force quantique répulsive et conclut que l'Univers aurait rebondi pour recommencer à s'étendre comme s'il émergeait d'une explosion cosmique ainsi qu'on le voit sur la figure ci-contre. Au lieu d'un big bang on aurait un big bounce qui semblerait émerger de la gravité quantique à boucles quand ses équations sont appliquées à l'expansion de l'Univers. Mais n'est-ce pas une ultime tentative pour évacuer  ce que beaucoup ne peuvent pas supporter, l'idée de création et surtout de Créateur?

    En fait, l'image du rebond ne doit pas être prise à la lettre, il faut le prendre plutôt comme une métaphore. Nous avons vu que dans les modèles atomiques, l'électron n'est pas une particule. On peut le penser comme un nuage de probabilités. Sa position précise n'existe pas. Il en va de même pour l'Univers. Dans le passage de l'Univers en contraction par le big bang, nous ne pouvons plus penser à un espace et à un temps bien définis, mais à une nuée de probabilités où espace et temps ont totalement disparu. Le monde est dissous en une nuée grouillante de probabilités que les équations parviennent encore à décrire. Mais le mot Univers devient ici ambigu. "L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe, régi par un certain nombre de lois". Alors, il ne peut exister un second Univers. Mais dit Carlo Rovelli, le mot a fini par prendre en cosmologie un sens plus restrictif en cosmologie. Il désigne le continuum spatio-temporel que nous voyons autour de nous, dont nous pouvons étudier la géométrie et l'histoire. On peut donc penser qu'il n'y a aucune raison que l'Univers soit le seul existant et que lorsque le continuum spatio-temporel se défait, comme dans l'image de Jonh Wheeler, mousse quantique telle l'écume de la mer, en une nuée quantique de probabilités, on ne puisse pas prendre au sérieux l'idée qu'au-delà de cette écume chaude il n'existe pas un autre continuum spatio-temporel plus ou moins semblable à celui que nous connaissons. Il se trouve que la probabilité pour un Univers de passer d'une phase de contraction à une phase d'expansion peut se calculer au moyen des techniques évoquées dans l'article 2 chapitres 4) et 5) où des boîtes d'espace-temps se somment sur les mousses de spins qui relient un Univers qui se contracte à un Univers en expansion. 

    Tout cela est encore spéculatif, mais l'extraordinaire, c'est que les scientifiques disposent aujourd'hui d'équations pour tenter de le décrire. C'est peut-être pour ne pas aborder l'idée de création qui amène celle d'un Créateur, mais c'est bien dans la suite de l'abbé Lemaître et de sa curiosité scientifique dans laquelle il ne mélangeait sa foi et la description du monde.


    3) Confirmations empiriques? 

    Au-delà de la fascination de l'exploration théorique de ce qui pourrait exister au-delà de notre Univers, la cosmologie quantique pourrait contribuer à dire si la théorie est juste ou pas. On l'a vu avec Einstein et Lemaître, l'un des deux avait raison et l'autre tort. Et malgré tous les résultats d'Einstein, sa réputation, son influence sur le monde scientifique, son immense autorité, il a dû s'incliner devant cet inconnu, ce petit curé belge. C'est ce dernier qui avait raison. C'est là toute la force de la pensée scientifique. Mais cela ne signifie pas que la science se réduise à l'art de faire des prévisions chiffrées, ce à quoi certains philosophes des sciences la réduisent. C'est confondre les outils avec l'objectif. L'objectif de la recherche scientifique n'est pas de "faire des prévisions", l'objectif, c'est de comprendre le monde, élaborer et développer une image du monde et uns structure conceptuelle pour le penser. Avant d'être technique, dit Carlo Rovelli, la science est visionnaire. Mais ce sont des prédictions vérifiables qui permettent voir et dire quand nous avons mal compris. Une théorie devient toujours plus crédible au fur et à mesure que ses prédictions deviennent exactes, comme le sont la théorie de la relativité ou la mécanique quantique, y compris par les prédictions les plus extravagantes et les plus inattendues lorsqu'elles sont confirmées par des observations et des expériences. 

    Cela ne signifie pas que la science ne progresse pas sans données expérimentales nouvelles. Dans ce cas il y aurait peu d'espoir de trouver la théorie de la gravité quantique comme cela. Copernic disposait quasiment des mêmes données que Ptolémée. Quant à Newton, ses vrais ingrédients étaient les lois de Kepler et les résultats de Galilée. De même, Einstein avait les mêmes données que Newton. Ce qu'ont fait Copernic, Newton, Einstein et les autres, c'est de bâtir à partir des théories déjà existantes, et de trouver la manière de les combiner et de les repenser mieux. Ainsi, les données sur lesquelles on construit la gravité quantique ne sont pas des expérimentations nouvelles, ce sont les constructions théoriques qui ont déjà structuré notre savoir sur le monde sous des formes partiellement cohérentes: les données "expérimentales" sont la relativité générale et la mécanique quantique. En ayant l'avantage "d'être assis sur les épaules des géants" qui nous ont précédés, dit Carlo Rovelli, et "en bâtissant à partir de ces théories, en essayant de comprendre comment peut-être fait un monde cohérent dans lequel existeraient les quanta et où l'espace serait courbe, nous essayons de regarder vers l'inconnu

    Il convient cependant de distinguer les indices des preuves. Les indices,en mettant les "Sherlock Holmes" sur la bonne piste permettent de résoudre une affaire mystérieuse. Les preuves sont ce dont le juge a besoin pour envoyer le coupable en prison. Les indices servent à mettre sur la voie de la bonne théorie et les preuves sont ce qui confirme ou pas, ensuite, que c'est la bonne théorie qu'on a trouvé. Sans indices, nous cherchons dans de mauvaises directions. Sans preuves, nous restons dans le doute. Pour ce qui est de la gravité quantique, la théorie est dans son enfance. Les idées et principes se précisent et se consolident; les indices sont bons et solides, même s'il manque encore la confirmation des prévision, c'est à dire que la théorie n'a pas encore fait ses preuves. 

     

    terresacree.org/actualites: dernieres mesures de-planck

    Mais des signaux de la nature sont encourageants pour les "bouclistes". Une alternative à la gravité quantique est la théorie des cordes ou des théories liées aux cordes. Or ces théories ont besoin des particules supersymétriques pour être consistantes, ce qui n'est pas le cas de la gravité quantique à boucles qui est bien définie même sans particules supersymétriques. C'est pourquoi les cordistes ont eu une immense déception quand le  LHC  (Large Hadron Collider) a montré qu'elles ne se manifestaient pasLe grand tapage qui a suivi la révélation de la particule qu'on appelle boson de Higgs en 2013 a servi à masquer cette déception. Les particules supersymétriques ne sont pas là; à l'énergie où de nombreux cordistes les attendaient. Ce n'est pas une preuve définitive, mais il semble que la nature ait donné un petit coup de pouce favorable aux "bouclistes". On peut maintenant compter deux résultats expérimentaux pour la physique fondamentale: la révélation du boson de Higgs au CERN de Genève et les mesures du satellite Planck, deux signes que vient de nous donner la nature. Il s'agit là du renforcement de l'image que les scientifiques avaient de l'évolution de l'Univers. Le premier signe, la découverte du boson de Higgs est une vérification d'une prévision faite il y a 30 ans et la confirmation du modèle standard des particules élémentaires, fondé sur la mécanique quantique. Le deuxième signe, les mesures du satellite Planck sont une confirmation du modèle standard de la cosmologie (ΛCDM pour "lambda cold matter"), fondé sur la relativité générale. Ces deux résultats marquent donc une absence de surprise surprenante malgré tout. En effet, certains s'attentaient à des surprises et s'attendaient à la supersymétrie, non au boson de Higgs. Et beaucoup s'attendaient à ce que le satellite Planck mesure des écarts par rapport au modèle standard de la cosmologie, ce qui aurait soutenu telle ou telle théorie cosmologique alternative à la relativité générale. Carlo Rovelli nous le dit avec force, "c'est comme si les deux résultats expérimentaux de 2013 parlaient avec la voix de la nature: cessez de rêver à de nouveaux champs et à des particules bizarres, à des dimensions supplémentaires, à d'autres symétries, à des univers parallèles, à des cordes et à je ne sais quoi encore. Les données du problèmes sont simples: relativité générale, mécanique quantique et modèle standard. Il s'agit seulement de les combiner correctement". C'est ce qui le conforte dans la direction de la gravité quantique à boucles, car ses seuls ingrédients et hypothèses sont la relativité générale, la mécanique quantique et la compatibilité avec le modèle standard. Mais cela ne veut pas dire que les particules supersymétriques n'existent pas à un échelle non encore atteinte et elles pourraient exister même si la théorie des boucles est exacte, ni que la théorie des cordes n'est pas exacte. Ce ne sont que des indices qui montrent qu'il faut, pour obtenir des confirmations plus solides à la théorie, chercher ailleurs, et l'Univers primordial pourrait ouvrir la fenêtre là où les prédictions de la théorie pourraient être confirmées dans le futur?... ou bien contredites.

    Un lien sur les alternatives à la relativité générale (voir aussi liens en fin de ce article): https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/einstein-bouscule-par-de-jeunes-152944  (Einstein bousculé par de jeunes physiciens : la dynamique des configurations Les équations d’Einstein utilisent une description de l’étendue utilisant un tenseur de métrique g réglé par un difféomorphisme en 4D. Il est possible d’utiliser une autre description. C’est ce que propose la dynamique des configurations (des formes). Elle tire son origine d’une formulation alternative de la relativité, le formalisme ADM (Richard Arnowitt, Stanley Deser et Charles W. Misner), puis d’une interprétation du principe de Mach (ni espace ni temps absolu ; tout est relation) par Julian Barbour selon lequel la gravité pourrait être reformulée comme une théorie dynamique des formes géométriques tridimensionnelles Pour résumer la situation, l’alternative des « configurations » permet de décrire le monde physique avec une image de la Nature un peu moins ésotérique que celle déduite des solutions d’Einstein. De plus, la métrique g peut être remplacée par les tétrades de Dirac A-7-3 le formalisme des tétrades (voir par exemple les travaux de Rovelli). )


    4) Une fenêtre sur la gravité quantique. 

     

    https://www.obspm.fr/planck-toujours-plus-pres-du-big-bang.html


    Avec les équations qui décrivent le passage de l'Univers par la phase quantique initiale, il est possible de calculer les effets des phénomènes quantiques primordiaux sur l'Univers observable aujourd'hui. Ce dernier conserve de nombreuses traces des faits initiaux. Comme nous l'avons vu, il est tout entier rempli du rayonnement cosmique de fond (fond diffus cosmologique), un océan de photons emplissant le cosmos, la  lueur résiduelle de la grande fournaise initiale. Ce rayonnement a été par les satellites COBE lancé en 1989, WMAP lancé en 2001 et plus récemment par Planck (voir la figure ci-dessus). Les détails de le structure nous racontent l'histoire de l'Univers et, caché dans les plis des détails, pourrait se trouver la trace du début quantique de l'Univers. "On trouve d’abord une confirmation : le scénario standard du big bang permet toujours d’expliquer les observations de manière spectaculaire. Les chercheurs ont pu calculer les paramètres du modèle avec une précision jamais égalée. Mais l'examen approfondi des données révèle des comportements étonnants qui se manifestent particulièrement aux grandes échelles : les variations du rayonnement fossile sur le ciel revêtent une amplitude de seulement 0,003 % environ ; cependant elles s’avèrent encore inférieures de 10 % aux prédictions. L’écart est faible mais définitivement significatif, alors que les fluctuations aux petites échelles sont tout à fait conformes aux prévisions. Une autre anomalie, peut-être reliée à la première, est que le rayonnement fossile observé dans deux hémisphères de directions opposés s’avère d’intensité légèrement différente. Finalement, de grandes régions froides d’origine inexpliquée, sont détectées sans plus aucun doute dans le rayonnement de fond cosmologique. L’existence de l’asymétrie et des régions froides était suspectée dans les données précédentes de WMAP. La voilà confirmée de façon incontestée. Elle ne saurait provenir ni des avant-plans ni d’un quelconque artefact instrumental. « Les théories de formation et de développement de l’Univers vont devoir en tenir compte. Il faut les repenser, étendre, améliorer, compléter, voire les remettre en cause », commente Jean-Michel Lamarre. Jusqu’ici, le principe cosmologique, voulait que le cosmos se comporte de la même façon en tout lieu et dans toutes les directions. « Il semble bien que Planck ait constaté le contraire, au moins pour une petite fraction mesurable de l’énergie présente. »

    Pour ce qui concerne la gravité quantique à boucles un des secteurs les plus actifs de la recherche étudie actuellement dans quelle mesure la dynamique quantique de l'Univers primordial se reflète dans ces données.Rien n'est certain, mais, dit Carlo Rovelli, avec davantage de calculs et de mesures plus précises, on devrait arriver à un vrai test de la théorie. 

    httpfutura-sciences.com travail d'Aurélien Barrau

    En 2013, Abhay AshketarIvan Agulo et William Nelson on publié un article dans lequel ils calculent que, à certaines conditions, la distribution statistique des fluctuations du fond de rayonnement cosmologique devrait se ressentir de du sursaut initial de l'Univers: les fluctuations à grand angle devraient être plus importantes que celles prévues par la théorie, qui ne tient pas compte des quanta.L'état actuel de la mesure est décrit dans la fig. 1 de l'article (FIG. 1: Ratio of our LQG power spectrum for scalar perturbations to the standard inflationary power spectrum. The (blue) crosses denote the data points) où la ligne rouge est la prévision d'Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson et les points bleus sont les données expérimentales. Elles ne sont pour l'instant pas suffisantes pour dire si la courbe au-dessus de la ligne noire prévue par les trois auteurs, est la bonne ou pas. Les mesures se rapprochent de la possibilité de tester la théorie, mais n'y sont pas encore.Par ailleurs il n'est pas certain que les hypothèses particulières du calcul des trois auteurs soit bonne. Voir aussi le travail d'Aurélien Barrau: Une représentation de la courbe du spectre de puissance angulaire du rayonnement fossile, déduite du modèle cosmologique standard (courbe multipôle moment, l) sur la figure ci-dessus. Carlo Rovelli en parle ainsi: "La situation est donc encore fluide. Mais tous ceux qui, comme moi, ont passé leur vie à essayer de percer les secrets de l'espace quantique, suivent avec attention, inquiétude et espoir l'affinement continuel de nos capacités d'observation, de mesure et de calcul, et guettent le moment où la nature nous dira si nous avions raison ou pas."

    Quelques liens: https://arxiv.org/abs/1209.1609 (Une extension gravitationnelle quantique du scénario inflationniste Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

    https://arxiv.org/abs/1211.1354 (Une extension de la théorie quantique des perturbations cosmologiques à l'ère de Planck Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

    https://arxiv.org/abs/1302.0254 (La dynamique pré-inflationniste de la cosmologie quantique en boucle: faire face à la gravité quantique avec les observations Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

    https://arxiv.org/abs/1204.1288 (Perturbations en cosmologie quantique en boucle Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

    https://www.sciencesmaths-paris.fr/upload/Contenu/MEM2014/guilloux.pdf (Statistiques pour le fond diffus cosmologique Frédéric GUILLOUX)

    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-planck-nouvel-eclairage-gravitation-quantique-espere-aurelien-barrau-45390/ (Planck : un nouvel éclairage sur la gravitation quantique espère Aurélien Barrau)

     

    https://www.sciencesetavenir.fr/espace/video-la-fusion-de-deux-trous-noirs-une-sequence-qui-vous-donnera-le-tournis_34331

    Le champ gravitationnel doit lui aussi porter des traces de la grande chaleur initial du big bang. Cela signifie que l'espace lui-même doit "trembler" comme la surface de la mer et qu'il doit exister un rayonnement de fond gravitationnel. Ce dernier doit plus plus ancien que l'autre, le fond cosmologique car les ondes gravitationnelles (un subtil murmure de l'espace-temps qui hurle) moins perturbées par la matière que les ondes électromagnétiques, ont pu voyager sans encombre alors que l'Univers était trop dense pour laisser passer les ondes électromagnétiques. Les ondes gravitationnelles, prédites par les équations d'Einstein ont été détectées pour la première fois le 14 aôut 2017 sur la fusion (coalescence) de deux trous noirs par le détecteur Virgo (Europe). En 09/2017, pour la première fois, la région de l'espace d'où provenaient les ondes gravitationnelles a pu être cernée par VIRGO et LIGO (USA). Depuis, d'autres fusion de trous noirs ont pu être détectées dont la cinquième en novembre 2017. Cette fusion de trous noirs semble devenir commune, mais il convient de rappeler que l’observation des ondes gravitationnelles, "ces ondulations dans la toile de l’espace-temps engendrées par de massifs événements cataclysmiques dans un passé très lointain, aussi lointain que leur distance, est l’une des découvertes scientifiques les plus importantes de notre siècle." Rappelons que ces événements ont été captes par les détecteurs LIGO et Virgo. Chacune de ces installations reflète les faisceaux laser sur deux tunnels de 4 km et en mesurant la lumière à mesure qu’elle en sort, les scientifiques peuvent détecter les distorsions physiques aussi petites que la fraction d’un proton dont on trouvera les principes et  les caractéristiques dans le site.

    Après l'observation des ondes gravitationnelles sur terre grâce aux interféromètres, la suite de l'aventure aura lieu à partir du ciel avec le satellite LISA Pathfinder, lancé le 3 décembre 2015Sa mission scientifique avait commencé en mars 2016 pour une durée de 16 moiset est donc arrivée à son terme en mi-2018. La mission LISA (Laser Interferometer Space Antenna) va pouvoir maintenant mise en oeuvre. "C'est une future mission spatiale de l'Agence spatiale européenne (ESA) dont l'objectif est de détecter des ondes gravitationnelles de basse fréquence depuis l'espace. Il s'agira du premier observatoire spatial d'ondes gravitationnelles, les observatoires actuels, notamment LIGO et Virgo, étant terrestres. LISA consiste en une constellation de trois satellites en orbite héliocentrique formant un triangle équilatéral de 2,5 millions de kilomètres de côté dont les trois bras sont reliés par 6 faisceaux laser". L'ESA lancera ce détecteur d'ondes gravitationnelles en 2034  Il sera composé de trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres et volant en formation en suivant la Terre sur son orbite, donc en tournant non autour de la Terre, mais autour du soleil, comme s'il s'agissait de rois petites planètes. Grâce à deux faisceaux lasers, les positions relatives des satellites pourront être mesurées à quelques millionièmes de millionièmes de mètre près. Une précision indispensable pour espérer détecter les infimes variations de la trame de l'espace induites par le passage d'une onde gravitationnelle.

    Dans les infimes ridules de l'espace autour de la Terre, les scientifiques devraient parvenir à trouver des traces d'événements advenus il y a environ 14 milliards d'années, à l'origine de notre Univers, et ainsi en obtenir la confirmation des déductions des hommes sur la nature de l'espace et du temps.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fond_cosmologique_d%27ondes_gravitationnelles (Les théories cosmologiques supposent qu'à l'image du fond diffus cosmologique, il existerait un autre rayonnement de fond cosmologique composé d'ondes gravitationnelles. Celui-ci aurait pour origine des fluctuations de densité apparues peu après le Big Bang)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Onde_gravitationnelle_primordiale (Une onde gravitationnelle primordiale est une onde gravitationnelle observée dans le fond diffus cosmologique et présente aux tout premiers instants du Big Bang (10-30 seconde), c'est-à-dire dans l'Univers primordial)

    http://www.lupm.univ-montp2.fr/spip.php?article462  (Ondes gravitationnelles, une révolution en marche ! publié le 4 mai 2016 Par Denis GIALIS - Revue Espace & Astrophysique)

    http://physiquereussite.fr/ondes-gravitationnelleselectromagnetiques-bienvenue-lastronomie-2-0(Ondes gravitationnelles/électromagnétiques - Bienvenue dans l'Astronomie 2.0)https://blogs.futura-sciences.com/luminet/2016/02/10/la-lumiere-gravitationnelle-1/   (Jean-pierre luminet LA « LUMIÈRE » GRAVITATIONNELLE (1/4) : PRINCIPES DE BASE)

     

    Dans le prochain article 'article 4), nous poursuivrons notre découverte des recherches de Carlo Rovelli "Par delà le visible" avec les derniers chapitres: la chaleur des trous noirs, la fin de l'infini (avec la gravitation quantique), réalité et information, le mystère (restera t-il du mystère?)

     

    liens: 

    Sabine Hossenfelder facebook (9 janvier 2018):   https://arxiv.org/abs/1801.02176https://arxiv.org/pdf/1801.02176.pdf (Screams for Explication: Affinement et naturel dans les fondements de la physique)

    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-energie-noire-univers-accelere-plus-vite-prevu-defie-cosmologistes-62378/  (Énergie noire : l’univers accélère plus vite que prévu et défie les cosmologistes)

    https://cosmologie.files.wordpress.com/2014/12/2007_einstein_bigbang.pdf (La plus grande erreur d’Einstein ? Alain Bouquet)

    http://www.astrosurf.com/luxorion/cosmos-creation.htm (l'univers en expansion)

    https://www.sciencesetavenir.fr/espace/expansion-de-l-univers-comment-einstein-a-change-d-avis_33980 (L'expansion de l'univers: comment Einstein a changé d'avis)

    https://monblogdereflexions.blogspot.fr/2017/09/carlo-rovelli-par-dela-le-visible-mon.html#.WhbZCUriaM8   (Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 2: Le temps n'existe pas)

    https://blogs.futura-sciences.com/barrau/2018/01/04/voir-big-bang/ (Je présente ici une idée nouvelle que nous venons de publier dans Physical Review D, ici, pour tenter d’ouvrir une fenêtre sur l’avant Big Bang)

    http://people.3sr-grenoble.fr/users/marminjon/Arminjon2006-2009-MQ-Gravitation.pdf (Mécanique quantique dans un champ de gravitation janvier 2006  décembre 2009 Mayeul Arminjon)

     

    théories alternatives

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/einstein-bouscule-par-de-jeunes-152944  (Einstein bousculé par de jeunes physiciens : la dynamique des configurations Les équations d’Einstein utilisent une description de l’étendue utilisant un tenseur de métrique g réglé par un difféomorphisme en 4D. Il est possible d’utiliser une autre description. C’est ce que propose la dynamique des configurations (des formes). Elle tire son origine d’une formulation alternative de la relativité, le formalisme ADM (Richard Arnowitt, Stanley Deser et Charles W. Misner), puis d’une interprétation du principe de Mach (ni espace ni temps absolu ; tout est relation) par Julian Barbour selon lequel la gravité pourrait être reformulée comme une théorie dynamique des formes géométriques tridimensionnelles Pour résumer la situation, l’alternative des « configurations » permet de décrire le monde physique avec une image de la Nature un peu moins ésotérique que celle déduite des solutions d’Einstein. De plus, la métrique g peut être remplacée par les tétrades de Dirac A-7-3 le formalisme des tétrades (voir par exemple les travaux de Rovelli). )

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-gravite-sans-einstein-entretien-153171 (La gravité sans Einstein : entretien avec Tim Koslowski par Bernard Dugué (son site) jeudi 12 juin 2014)

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01108515/document (Vers une construction microphysique du paradigme cosmologique : prédictions et observations dans un univers quantique Julien Grain )

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00315725/document  (THÈSE de DOCTORAT de l'Université Paris VI  Pierre et Marie Curie Présentée par Jean-Philippe Bruneton, Théories alternatives de la gravitation et applications)

    http://people.3sr-grenoble.fr/users/marminjon/Arminjon-EqsDirac-E-T-Courbe-Janvier2010-Juin2012.pdf  (Equations de Dirac dans un espace-temps courbe et leur mécanique quantique janvier 2010  juin 2012 Mayeul Arminjon)

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-gravite-sans-einstein-entretien-153171   (La gravité sans Einstein : entretien avec Tim Koslowski par Bernard Dugué (son site) 12 juin 2014)

    http://theses.univ-oran1.dz/document/TH3183.pdf (la gravitation quantique dans le cadre des théories BF magister en physique 2010)

     

     

    Autres liens:

    http://guydoyen.fr/2011/06/30/nature-de-l-espace-temps-une-decouverte-pourrait-bouleverser-la-physique-moderne/   Nature de l’Espace-Temps : Une découverte qui pourrait bouleverser la physique moderne  Des théories suggèrent que la nature quantique de l’espace-temps devrait se manifester à l’échelle de Planck (10-35m). Cependant, les observations de Integral qui sont environ 10 000 fois plus précises que les précédentes montrent que la granularité de l’Espace-temps devrait se situer à une échelle de 10-48m ou moins.

    « C’est un résultat très important en physique fondamentale et il exclura certaines théories des cordes et théories de gravitation quantique à boucles » a déclaré le Philippe Laurent)

    http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html (Je propose de prendre comme premier exemple de la survenue de la notion d’émergence celui relatif à la théorie de la gravité quantique à boucles telle qu’elle est présentement développée par Carlo Rovelli. Il écrit : « Il n’y a pas de temps dans la gravité quantique à boucles…)

    http://www.hef.ru.nl/~fvidotto/pop/Recherche458.pdf ( De l’autre côté du Big Bang Appliquée à l’Univers dans son ensemble, la gravité quantique à boucles transforme notre représentation du cosmos et de son histoire. Cette nouvelle cosmologie ouvre la porte sur l’autre côté du Big Bang)

    http://lpsc.in2p3.fr/barrau/aurelien/Astronomie36.pdf (La cosmologiequantique par AURÉLIEN BARRAU et FRANCESCA VIDOTTO)

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document  (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions David Louapre)

     

    https://arxiv.org/pdf/1603.05834.pdf   (Bouncing Cosmologies: Progress and Problems Robert Brandenberger1, ∗ and Patrick Peter2)

    https://arxiv.org/pdf/1711.05301.pdf (Seeing through the cosmological bounce: Footprints of the contracting phase and luminosity distance in bouncing models Aurélien Barrau,1 Killian Martineau,1 and Flora Moulin1)

     

    https://zerhubarbeblog.net/2013/12/23/de-lorigine-des-origines/ (de l'origine des origines voir sheldrake et lee smolin)

    https://www.alterinfo.net/La-creation-de-l-univers-a-partir-du-neant_a10926.html (La création de l'univers à partir du néant)

    http://www.slate.fr/life/68569/du-boson-de-higgs-a-lapocalypse (du boson de higgs à l'apocalypse)

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    Carlo Rovelli par-delà le visible

     

    Mon article 2: Le temps n'existe pas.

     

    https://www.amazon.fr/SCIENCE-VIE-TEMPS-NEXISTE-1024/dp/B00897F9CA

     

     

     

     

      "le temps n'existe pas

     

    Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

     

    *

     

     

     

     


    http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n'existait pas par carlo rovelli)


     

    http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n'existait pas?)

     

    http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

     

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l'échec de la théorie des cordes préface d'alain connes...Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière...)

     

    (facebook; Gravitation quantique Par Abdelatif Djellab)

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

     

    https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l'espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d'Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

     

    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l'espace-temps quantique. L'espace et le temps émergeraient de l'intrication quantique de minuscules bribes d'information : telle est l'audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

    https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)


    http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)


    Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)

     

    http://www.doublecause.net/index.php?page=Origine_quantique_du_temps.htm (L'origine quantique du temps Le passé n'est pas toujours gravé dans la pierre, aussi pourrions nous être capable de le changer)



    I) Introduction.

    Comme je l'ai dit dans Dans mon article 1, je viens d'interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin "La renaissance du temps" au chapitre 14 Je vais d'abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique". Dans cet article 1), j'ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son "rien ne va plus en physique", nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l'ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l'unification. En effet, affirme le site matierevolution.fr"Aujourd’hui, notre physique est dominée par deux grands corpus théoriques : la relativité et la mécanique quantique. Malheureusement, ils semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. »


    Nous avons ainsi vu dans mon article 1) au chapitre 3-3-3) que cette nouvelle théorie pourrait être lgravité quantique à boucles, qui combine la relativité générale et la mécanique quantique avec beaucoup de précaution, car elle n'utilise aucune autre hypothèse. Ces deux théories ont été réécrites pour qu'elles soient plus compatibles, mais les conséquences sont radicales. La relativité générale enseigne que l'espace n'est pas rigide et inerte, mais elle est dynamique, comme le champ électromagnétique. On l'a comparée à "un immense mollusque mobile dans lequel nous sommes immergés, qui se comprime et se tord". La mécanique quantique, elle, enseigne que tout champ est constitué de quanta, c'est  à dire qu'ils ont une structure fine granulaire. Il en découle que l'espace physique étant un champ, le champ gravitationnel, est lui aussi constitué de quanta. Il existe donc des quanta d'espace comme il existe des quanta de lumière ou des quanta d'autres champs. C'est la prédiction centrale de la théorie des boucles. Cette structure atomique granulaire y trouve une formulation et une mathématisation précises qui décrivent la structure quantique de ces grains d'espace et les équations qui déterminent leur évolution, les équations générales de la mécanique quantique de Dirac appliquées au champ gravitationnel d'Einstein. Tout comme la mécanique quantique qui est plus que la seule granularite des grandeurs physiques, il faut examiner deux autres aspects.

         -L'évolution de ces réseaux de spin n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité.

         -Nous ne devons pas penser aux choses  comme elles sont, mais à la manière dont elles interagissent. Donc nous ne devons pas regarder les réseaux de spin comme des entités, une "grille" laquelle le monde (extérieur) est posé, mais comme un effet de l'espace sur les choses. C'est la leçon d'Einstein à propos de l'espace absolu de Newton. Heisenberg nous l'a aussi appris, entre une interaction et une autre, l'électron n'est dans aucun lieu ou est diffus dans un nuage de probabilités dans tous les lieux, de même l'espace n'est pas un réseau de spins spécifique, mais un nuage de probabilités sur tous les réseaux de spin possibles.

    A des échelles suffisamment petites qui vont jusqu'à l'échelle de Planck (mais existe t-elle?), l'espace est un pullulement fluctuant de quanta de gravité  qui agissent sur les choses, entre eux et tous ensemble. Ils se manifestent dans ces interactions comme des grains en relation les uns avec les autres dans ces réseaux de spins. Les liens entre les grains (les noeuds) ne sont nulle part, en aucun lieu. Ce sont eux, qui par leurs interactions, créent les lieux. Donc l'espace est créé par l'interaction de quanta individuels de gravité.

    C'est ce que nous a appris mon article 1)

    Maintenant dans ce nouvel article (article 2) nous allons revenir sur l'évolution de ces réseaux de spin qui n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité. Nous allons découvrir que le temps n'existe pas.


    2) Le temps n'est pas ce que nous croyons. (pages 161 à 164)

    Exergue: "Nec per se quemquam tempus sentire fatemdumst semotum ab rerum motu..."   Lucrècede rerum natura (L I, 462-463).                                                                  

    Lucrèce dans de rerum natura livre I (de la nature des choses:  http://ugo.bratelli.free.fr/Lucrece/LucreceLaNature.pdf)"Personne, il faut l'admettre, n'a le sentiment du temps en soi" dans "le mouvement des choses"

         -Dans l'article 1) sur les réseaux de spins, il n'a jamais été question du temps, la recherche en gravité quantique a tourné très longtemps autour des seules questions spatiales, sans affronter le temps. Or Einstein a montré qu'on ne peut pas séparer le temps et l'espace, mais qu'il faut les penser ensemble comme un tout unique, l'espace-temps. Nous allons donc maintenant ramener le temps dans le sujet, comme cela s'est produit au cours de ces 15 dernières années. L'espace, contenant inerte et amorphe des choses, disparaît de la physique avec la gravité quantique. Les choses devenues des quanta, ne résident plus dans l'espace, mais comme on l'a vu dans mon article 1), elles résident les unes dans le voisinage des autres et l'espace est le tissus de leurs relations (de voisinage). De la même manière, il faut aussi abandonner l'idée de temps comme flux inerte le long duquel se déroule la réalité, flux continu qui s'écoule et au cours duquel se produisent les phénomènes. De la même façon que l'espace n'existe plus (les quanta d'espace ne sont pas dans l'espace), de la même façon, le temps n'existe plus (les quanta de gravité n'évoluent pas dans le temps). C'est le temps qui naît comme conséquence de leur interaction. C'est ce que traduit l'équation de Wheeler-DeWitt qui ne contiennent plus la variable temps. Déjà en relativité générale, le temps apparaissait comme un aspect du champ gravitationnel. Mais en négligeant les quanta, on pouvait encore penser l'espace-temps de façon "conventionnelle", comme le cadre ou la "tapisserie" se déploie l'histoire temporelle du reste de la réalité, même si cette tapisserie est courbe. Mais dès qu'on tient compte de la mécanique quantique, le temps, qui doit avoir les aspects d'indétermination probabiliste quantique, de granularité et de relation, communs à toute la réalité, devient un temps tellement différent de tout ce que nous avons jusque là appelé "temps".

         - Le temps n'est pas ce que nous croyons.

    La relativité générale a commencé à modifier l'idée commune que nous avons du temps depuis plus d'un siècle. Avant qu’Einstein ne présente au monde la relativité restreinte, en 1905, et la relativité générale dix ans plus tard, l’univers était simple : dans une boîte, l’espace, s’écoule le temps -le même pour tous. A l’intérieur on trouve de la matière, sur laquelle agissent des forces - la gravité, par exemple. Ces quatre concepts sont vus comme indépendants. « L’apport d’Einstein, c’est de dire qu’ils doivent être unifiés », résume Thibault Damour, spécialiste de la relativité générale et auteur de Si Einstein m’était contéAujourd'hui, l'inadéquation de nos préjugés est fréquemment vérifiée en laboratoire. Le temps ne passe pas de façon égale dans le monde. Dans certains lieux, il s'écoule plus vite ou plus lentement que dans d'autres. La théorie de la relativité générale a montré que le temps passe plus vite à plus haute altitude: "Depuis longtemps, les scientifiques avaient démontré ce curieux effet entre la Terre et l’espace, mais des physiciens viennent de mesurer cet effet dans le quotidien sur une différence d’altitude de seulement 33 cm, démontrant qu’on vieillit un peu plus vite quand on se trouve deux marches plus haut ! Que ceux qui habitent en montagne se rassurent, la différence est bien trop faible pour qu’on puisse le percevoir directement. Il s’agit seulement d’environ 90 milliardième de seconde de plus au cours d’une vie de 79 ans". Mais l'effet existe, il y a bien une différence réelle. Le temps ne fonctionne pas comme nous le pensons habituellement. "Nous ne pouvons pas penser le temps comme s'il s'agissait d'une grande horloge cosmique qui scande la vie de l'univers". Le temps universel newtonien est remplacé par un temps local: chaque objet dans l'univers a son propre temps et ce qui détermine ce temps, c'est le champ gravitationnel.

    Ainsi, "Einstein aurait pu réellement bouleverser notre conception du temps il y a un siècle, mais ce bouleversement n'est pas entré dans les esprits, seulement dans nos GPS. Il n'a pas changé notre conception du monde, il n'a même pas été réellement pris au sérieux par les physiciens, ce qu'Einstein lui-même faisait remarquer à son ami Besso peu avant sa mort. Il a fallu attendre le début de notre XXIème siècle, avec Antoine Suarez et les résultats des expériences qu'il a fait faire à l'équipe de Nicolas Gisin" [...] En 2001, son équipe a reproduit et étendu la fameuse expérience d’Alain Aspect de 1982 qui avait mis en évidence la non localité, c'est à dire le constat que des phénomènes en mécanique quantique pouvaient être indépendants de l’espace. En effet, aucune communication entre deux objets très distants (ici des particules jumelles) n'était nécessaire pour qu'ils se comportent comme le même objet. Si l'on prend par exemple l'image d'un dé, tout se passait comme si les particules formaient à l'origine un seul dé dont on pouvait déduire la face cachée (pas encore lue) de sa face visible (lue), sauf qu'avec les particules les numéros ne se forment que lors de leur lecture [...] La conclusion tirée de cette expérience est que compte tenu de l'inversion chronologique constatée, l'information ou coordination qui était à l'origine de la corrélation entre les deux photons et qui n'est apparue qu'au moment de la mesure n'a pas pu transiter comme un signal fantôme de l'un vers l'autre. Elle était donc non seulement indépendante de l'espace mais aussi du temps.

    voir http://www.doublecause.net/index.php?page=Antoine_Suarez.htm (antoine suarez, Le physicien qui a enterré le temps).

     

     

     

     

     

    Certes à l'heure actuelle, on se familiarise de plus en plus avec le temps Einsteinien et le temps local, mais ce dernier ne fonctionne même plus quand on prend en considération la nature quantique granulaire du champ gravitationnel. Les faits quantiques ne sont plus ordonnés par un écoulement du temps sur les très petites échelles, de l'ordre de celle de Planck. Cela ne signifie pas que tout est immuable et que rien ne change, mais au contraire, cela signifie que que le changement est partout, mais les processus élémentaires ne peuvent plus être ordonnés en succession d'instants comme dans la vie courante où tout se passe comme si un chef d'orchestre battait une mesure universelle qui rythme les événements. Dans l'infiniment petit, chaque processus élémentaire "danse" indépendamment de ses voisins, en suivant son rythme propre. L'écoulement du temps est interne au monde. Il naît dans le monde à partir des relations entre des événements quantiques qui sont eux-mêmes le monde et et qui déterminent leur temps propre. Nous allons maintenant essayer de comprendre ce que peut signifier l'inexistence du temps.

     

    3) Le pouls et le luminaire.

     Nous sommes habitués, voire conditionnés à utiliser la variables temps que l'on trouve dans presque toutes les équations de la  physique classique . Cette variable est traditionnellement notée t. C'est Galilée le premier qui a compris que les mouvements des objets sur Terre pouvait être décrit par les mathématiques et par des équations pour des fonctions du temps telles que x(t) position d'un objet, A(t) amplitude d'oscillation d'un pendule, T(t) température d'un corps ... "La célèbre expérience de la chute des corps depuis la tour de Pise est bien connue (il est probable qu'en fait, Galilée n'a jamais fait cette expérience depuis la tour de Pise), son objectif consiste à mesurer le temps de chute de corps de différentes masses et de différentes natures. Galilée arriva à la conclusion (aujourd'hui classique), que ce temps de chute est le même pour tous les corps, quelque  soient leur poids, leur taille et leur nature. En d'autres termes, la vitesse de chute libre est la même pour tous les corps. Cela allait clairement à l'encontre de l'intuition, et Galilée l'expliquait par un raisonnement simple par l'absurde : Supposons qu'un corps plus massif tombe plus vite qu'un corps léger, alors, si on attache à l'aide d'une ficelle une grosse pierre et une petite et qu'on les lâche, la grosse pierre devrait être ralentie dans son mouvement de chute par la petite qui à priori tombe moins vite. Donc le couple petite pierre + grosse pierre tombe moins vite que la grosse pierre toute seule. Or, le couple petite pierre + grosse pierre est plus lourd que la grosse pierre toute seule, et donc devrait en fait tomber plus vite, ce qui est en contradiction avec ce que l'on a dit plus haut en appliquant un autre raisonnement fondé sur la même hypothèse. Cela est donc incohérent, et notre hypothèse de départ est fausse". C'est avec ces intuitions et avec l'utilisation des mathématiques que Galilée a fait basculer la physique dans l'ère moderne.

    Les équations de la physique disent comment ces variables x, A, T changent avec le temps. La première loi physique terrestre trouvée par Galilée décrit comment un objet tombe sur Terre, c'est à dire comment sa hauteur x au-dessus du sol varie au cours du temps t. L'équation du mouvement est: x(t) = 1/2at². Pour découvrir et vérifier cette loi, Galilée    avait besoin de deux mesures:la hauteur x de l'objet et le temps t. Il avait donc besoin d'un un instrument de  mesure du temps : une horloge: "A dix-neuf ans, dans l'église de Pise, debout dans son pourpoint de velours, son petit nez criblé de taches de son, levé vers une lampe qui pend de la voûte, Galilée semble distrait: par moments les portes claquent et la lampe se balance au bout de sa chaîne, parfois un peu largement, parfois très faiblement. C'est curieux! il semble à Galilée que les oscillations durent toujours le même temps. Décidément, il n'écoute pas un mot du sermon. Une deux, une deux, il mesure le temps aux battements de son pouls( les montres alors étaient rares....)."  " Mais ce sera  à Christiaan Huygens (1629-1695), savant et mathématicien hollandais, que reviendra le privilège de construire en 1657 la première horloge viable, réglée par un pendule".  Mais on ne peut qu'être perplexe en écoutant cette légende. Comment Galilée pouvait t-il savoir que ses propres battements avaient tous la même durée, d'autant plus qu'il était ému. Ce n'est que quelques années après Galilée que les médecins ont commencé mesurer les battements du pouls de leurs patients en utilisant leur montre, qui n'était pas autre chose qu'un pendule. Alors, nous utilisons des battements pour nous assurer que des battements sont réguliers. N'est-ce pas un cercle vicieux? Qu'est ce que cela signifie? Cela signifie qu'en réalité nous ne mesurons jamais le temps et soi, mais des variables physiques comme les oscillations d'un pendule ou des battements de coeur etc..... Nous comparons seulement les variables par rapport à une autre, nous mesurons A(B), B(C), C(A) et ainsi de suite. Nous mesurons le nombre de battements du coeur pour chaque oscillation du pendule, le nombre de clics du chronomètre par rapport à l'horloge du clocher etc...C'est par utilité qu'on imagine qu'il existe une variable t, qu'on appelle le "vrai temps", même si on ne peut pas le mesurer directement. Les équations pour les variables physiques sont écrites par rapport à ce "t" inobservable. Elles disent combien les choses changent en "t", c'est à dire, par exemple,  combien de temps prend chaque oscillation du pendule ou chaque battement cardiaque. On peut alors calculer de combien les variables changent l'une par rapport à l'autre. Par exemple, combien de battements comporte une oscillation du pendule et confronter cette prévision avec les observations. Si les prévisions sont justes, on peut en déduire que ce schéma conceptuel est bon et en particulier qu'il est utile de d'introduire la variable temps t, même si on ne peut pas la mesurer directement. Cela signifie que l'existence de la variable temps t est une hypothèse et non le résultat d'observations. La légende a retenu que c'est dans la cathédrale de Pise que Galilée a eu son intuition en observant les lentes observations d'un gigantesque luminaire, encore suspendu là aujourd'hui.

    Mais c'est Newton avec son temps newtonnien qui a compris comment utiliser cette hypothèse; il a éclairci et mis au point ce schéma. Il affirme que si nous ne pouvons pas mesurer le"véritable" temps t, mais que si nous supposons qu'il existe, nous pouvons construire un schéma très efficace pour comprendre et décrire la nature. Cela a conduit au monument qu'est la mécanique et la physique newtonienne avec sa Philosophiae naturalis principia mathematica.

    Nous pouvons maintenant revenir à la gravité quantique, à son état actuel et à l'assertion "le temps n'existe pas". Cette assertion signifie en fait que le schéma qui a inauguré la démarche scientifique avec Galilée et qui a abouti à la physique newtonienne ne fonctionne plus quand on s'approche des dimensions de Planck. Nous devons alors renoncer à ce schéma, car l'idée d'un temps t qui s'écoule en soi et par rapport à quoi tout le reste évolue, n'est plus une idée efficace à l'échelle de Planck. Le monde n'y est pas décrit par des équations d'évolution dans le temps t. Que pouvons-nous faire alors? Carlo Rovelli suggère de nous limiter à lister les variables, A, B, C... qui sont effectivement observées et écrire les relations entre ces variables. Ce sont les équations A(B), B(C), C(A)... que nous observons en fait, alors que nous n'observons pas les relations A(t), B(t), C(t)...Pour revenir à l'exemple du pouls et du luminaire (de Galilée), nous n'aurons pas le pouls et le luminaire qui évoluent dans le temps, mais des équations qui nous disent comment chacun évolue l'un par rapport l'autre. Elles ne parlent pas du temps t de chaque phénomène, mais elles disent directement combien il y a de battements de pouls durant une oscillation du luminaire, sans parler de t. Une nouvelle physique sans évoquer temps est nécessaire pour penser le monde d'une nouvelle manière, non d'une chose qui change avec le temps. En effet, les choses changent seulement les unes avec les autres. L'impression qu'il existe un temps qui s'écoule n'est qu'une approximation que nous "sentons" à nos échelles macroscopiques et qui vient du fait que nous observons le monde que d'une manière grossière. 

    Dans le monde que décrit la théorie, il n'y a pas d'espace que qui "contient" le monde, ni le temps qui nous est familier, au cours duquel se produisent les fait. Mais on trouve des processus élémentaires où des quanta d'espace et de matière interagissent sans arrêt. Nous avons l'illusion d'un espace et d"un temps continus qui est due à la vision floue de ce pullulement de processus élémentaires. Une image peut en être celle d'un lac limpide formé par la danse effrénée de myriades de molécules d'eau... 


    Tout cela me fait réfléchir aux idées du temps que des penseurs tels que Henri BergsonAlfred North Whitehead exprimées dans le livre de Rupert Sheldrake "réenchanter la science" aux éditions "j'ai lu", en particulier au chapitre 4 "La matière est-elle inconsciente -page 184", voir le paragraphe "événement et durée" page 201. Whitehead, dont Bertrand Russel fut l'élève, a écrit avec lui "les Principia Mathematica", une des oeuvres majeures de la philosophie des mathématiques, (1910-1913). Whitehead développa ensuite une théorie de la relativité qui faisait des prédictions quasiment identiques à celles d'Einstein. Il fut le premier philosophe à intégrer les implications radicales de la physique quantique. Il a vu que "la théorie quantique (théorie de la matière-onde) détruisait notre perspective essentiellement spatiale des corps matériels, vus comme des objets existant à certains moments dans le temps mais sans temporalité inscrite en eux. Selon la physique quantique, chaque élément premier de la matière est un système organisa de flux vibratoire." (note 29 page 553). Pour Whitehead, une onde n'existe pas à un instant (t) mais s'inscrit dans le temps; chaque vibration relie le passé et l'avenir. le monde physique n'est pas fait d'objets physiques, mais de véritables entités ou événements, c'est à dire de quelque chose qui arrive, qui a un devenir et qui n'a pas le temps hors de lui, mais en lui. Ce n'est pas une chose, mais un processus. Whitehead écrivait: "Un événement, en se réalisant, déploie une forme qui exige une durée impliquant un écart de temps défini, et pas simplement un moment instantané (note 29 page 553 cité dans Griffin). Cela conduit à la conclusion à laquelle Bergson était déjà arrivé: il n'y a pas de matière intemporelle, les objets physiques sont des processus qui ont en eux le temps, une durée interne. La physique quantique montre qu'il faut un temps minimum aux événements, parce que tout est vibratoire et qu'une vibration ne peut être instantanée. Les éléments fondamentaux de la nature, photons et électrons inclus, sont temporels aussi bien que spatiaux. "Il n'est aucune nature dans un instant" (note 30 page 553)

    Chez Whitehead, on trouve ensuite une vision peut-être plus étonnante et originale, la relation corps-esprit envisagée comme un relation s'inscrivant dans le temps. Ordinairement, on la conçoit comme une relation spatiale: l'esprit se situe dans le corps alors que le monde physique se trouve au-dehors. Même du point de vue matérialiste, l'esprit est littéralement "au-dedans", au-dedans du cerveau, isolé dans l'obscurité du crâne. Il a une vie intérieure, alors que le reste du corps et le monde sont "au-dehors". Mais, à l'opposé, pour Whitehead, l'esprit et la matière sont reliés. C'est le temps et non l'espace qui est la clé de leur relation. Ce qui est réel consiste en moments, chaque moment informant le suivant. Il faut ressentir la différence entre le maintenant et les moments passés et futurs. Chaque réalité est un moment d'expérience qui devient un moment du passé quand il prend fin et devient un nouveau sujet d'expérience quand il est remplacé par un nouveau "maintenant". Le moment qui vient d'expirer devient et qui est devenu un moment du passé devient un objet pour le nouveau sujet (maintenant)... C'est ce qui fait dire à Whitehead "Maintenant sujet, ensuite objet(note 31 page 553 cité par  -Christian de Quincey). L'expérience concerne toujours le "maintenant". La matière, elle, est toujours "avant". La causalité physique, comme dans la physique classique est le lien qui va du passé au présent. Le lien qui va du présent vers le passé est la sensation, que Whitehead nomme "la préhension", c'est à dire littéralement la prise ou la saisie.

    Selon Whitehead, tout événement, toute circonstance réelle est donc déterminée par des causes physiques passées (causalité physique) et par un sujet créateur et "rénovateur de lui-même" qui choisit à la fois son propre passé et ses futurs potentiels. Il sélectionne les aspects du passé qu'il intègre dans le présent à son être physique par ses préhensions et il choisit les possibilités qui déterminent son avenir. Ses souvenirs sélectifs le relient à son passé et ses choix déterminent son avenir. Et ceci, toujours selon Whitehead, concerne tous les processus tels que les événements quantiques; ils sont à la fois physiques et mentaux: ils ont une direction temporelle. Cela ne veut pas dire que les atomes ont ont la même conscience que les êtres humains, mais qu'ils ont des expériences, des émotions et des sentiments qui sont de fait plus fondamentaux que la conscience humaine. Tour événement mental est informé et conditionné causalement par les événements matériels et ceux-ci sont eux-mêmes composés d'expériences passées. La "connaissance", pense whitehead, peut advenir uniquement parce que "le passé afflue dans le présent" et lui donne forme et structure en permettant au sujet de choisir parmi les possibilités qui aident à déterminer son futur (note 32 page 553 -cité par de Quincey).

    La philosophie de whitehead est difficile à suivre en particulier dans son livre Procès et Réalité. "Celui-ci fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell et qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience (3'4). Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d'en extraire l'expérience (5). Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l'organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité (6), que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».Ses idées ouvrent des perspectives intéressantes sur la relation temporelle entre matière est esprit même si elles sont très abstraites. L'un de ses vulgarisateurs actuels est Christian de Quincey qui a été évoqué ci-dessus dans les notes. Voici ce qu'il dit de ses idées: "Pensez à la réalité comme faite d'innombrables milliards de milliards de "moments-bulles" où chaque bulle est la fois physique et mentale -une bulle ou quantum d'énergie sensible. [...] Chaque bulle existe pendant un moment puis clac! et le "gaz" qui en résulte est le "truc" objectif qui compose le prochain moment-bulle. [...] Le temps est notre expérience de la succession des bulles momentanées d'être (ou de devenir) qui éclatent en entrant et sortant du moment présent (de maintenant). Nous ressentons cette succession de moments comme le flux du présent glissant dans le passé, sans cesse réalimenté par de nouveaux moments de "maintenant" venus d'une source intarissable que nous identifions le futur. [...] Le futur n'existe pas, sinon comme potentiels ou possibilités dans le moment présent - dans l'expérience qui - est toujours conditionné par la pression objective du passé (le monde physique) La subjectivité, (la conscience, l'attention), est le "ce-que-ça-fait " d'expérimenter ces possibilités et de choisir à partir d'elles de créer le nouveau moment d'expérience suivant (note 33 page 553). En fait la relation entre l'expérience consciente et le temps a fait l'objet d'expériences scientifiques aux résultants intrigants (voir le chapitre 4 du livre de Sheldrake "réenchanter la science"  paragraphe  -expérience consciente et activité cérébrale pages 205 à 208 et pages 208 à 212 -Esprit conscient et inconscient").

    Après cet intermède sur cette vision du temps, examinons le paragraphe suivant de ce chapitre 7 du livre de Carlo Rovelli, "le temps n'existe pas". 

     

    Remarque - Bergson et le temps:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson#La_durée: Bergson oppose durée de la conscience et temps scientifique)

    http://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1912_num_19_75_2025: La notion bergsonnienne du temps. L'espace est défini par quantité et homogénéité, donc mesurabilité. Le temps, au contraire est défini par qualité pure et hétérogénéité, exclusive de toute quantité, homogénéité et mesurabilité. La durée pure n'est qu'une succession de changements qualitatifs qui se fondent et se pénètrent sans contour précis)

    https://philitt.fr/2015/11/13/henri-bergson-la-duree-comme-conception-intuitive-du-temps/: Bergson regarde la durée comme conception intuitive du temps. Alors qu'Aristote exprimait déjà l'idée de mesurabilité du temps dans la Physique lorsqu’il écrivait que le temps était « le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur »À sa suite, les scientifiques appréhendent le temps sous forme de simples équations et ne peuvent donc pas le saisir dans sa complexité et dans ce que Bergson appellera sa durée.)

    http://jeanjaures.over-blog.fr/article-le-temps-selon-bergson-1-61815320.htmll

     

    4) Sushis d'espace-temps.

    fig.1 wukali.com: le temps passe t il? discours thibault damour

    Comment s'appliquent ces idées d'une physique sans temps à la gravité quantique, alors qu'il n'y a ni l'espace contenant le monde, ni le temps au cours duquel le monde évolue? Il faut alors se demander comment se situent les processus physiques normaux dans l'espace et dans le temps. Prenons un processus, par exemple le choc de deux boules de billard, une boule rouge lancée sur une boule bleue. La rouge s'approche, heurte la bleue, et les deux boules s'éloignent dans deux directions opposées. Ce processus advient dans une zone finie de l'espace, par exemple sur une table de 2 m de côté et dure un intervalle de temps de de 3 s. Pour le traiter selon la gravité quantique, il faut inclure l'espace et le temps dans le processus comme indiqué sur la fig. 1 ci-contre et tous les objets matériels qui sont dans cette région (ici la table de billard). Rappelons qu'espace et temps sont un champ gravitationnel (le mollusque d'Einstein), que nous devons donc inclure dans le processus. Tout est intégré dans ce fameux mollusque d'Einstein. Imaginons qu'on en découpe une portion finie, telle un morceau de sushi, portion qui comprenne le choc des des  boules et ce qu'il y a autour. Nous obtenons la boite d'espace-temps telle qu'on peut la représenter par la fig1, c'est à dire un morceau fini de d'espace-temps de quelques mètres cubes de volume durant quelques secondes de temps. Mais, souligne Rovelli, ce processus ne se produit pas dans le temps.  En effet, la boite n'est pas dans l'espace-temps, elle inclut l'espace-temps et le processus ne se déroule pas dans le temps, de même que les grains d'espace ne sont pas dans l'espace. En fait, le processus est "en soi" le déroulement du temps, de même que les quanta de gravité ne sont pas dans l'espace, car ils sont eux-même l'espace.

    Pour comprendre comment fonctionne la gravité quantique, il faut ne pas considérer que la processus physique des deux boules de façon réductionniste, mais le processus dans son intégralité avec la boite et tout ce qu'elle contient, y compris le champs gravitationnel. L'intuition originelle de Heisenberg est que la mécanique quantique ne nous dit pas ce qui se passe au cours d'un processus, mais qu'elle ne peut parler que de la probabilité qui lie les différents états initiaux et finaux de ce processus. Ils sont donnés par tout ce qui se produit au bord de la boite d'espace-temps. Ce bord est par exemple la probabilité que les deux boules sortent de la collision de telle ou telle façon selon qu'elle y sont entrées de telle ou telle façon. C'est ce que les équations de la gravité quantique à boucles donnent, la probabilité associée à tout bord de la boite possible. En gravité quantique, les probabilités peuvent être calculées de la même manière que la somme sur les chemins (l'intégrale de chemins) pour les diagrammes de Feynman, c'est à dire en considérant tous les parcours possibles qui ont le même bord. Comme nous considérons ici la dynamique de l'espace-temps, il s'agit donc de tous les espace-temps possibles de la boite qui ont le même bord. En mécanique quantique, il n'y a pas un espace-temps précis ou un parcours défini des boules entre le bord initial où entrent les deux boules, et le bord final, où elles sortent, mais une sorte de "nuage" quantique, dans lequel existent à la fois tous les espaces-temps possibles et tous les chemins possibles.La probabilité de voir sortir les boules de telle ou telle façon est calculée, comme dans la méthode de Feynman (intégrale de chemin), en faisant la somme de tous les espaces-temps possibles.Voir note 4 page 170: "Les premiers calculs importants sur les collisions gravitationnelles de particules avec des techniques de mousses de spin (voir paragraphe suivant) on été complétés par Emmanuele Alesciqui travaille actuellement en PologneClaudio Perini et Elena Magliaro , contraints d'abandonner la recherche théorique à cause du petit nombre de postes de recherche (liste des chercheurs gravité quantique).

     

    5) Mousses de spins.

    __________________________________________________

    fig 1. http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

    figure 1 à gauche, un graphe formé de noeuds reliés par des liens

     et à droite les grains d'espace que le graphe représente. 

    Dans l'article 1), nous avons vu que l'espace quantique a la structure d'un réseau voir comme exemple la fig. 1 ci-contre (réseaux de spin). Mais quelle structure un espace-temps quantique aura t-il? Comment sera un de ces espaces-temps qui entrent dans le calcul dont nous venons de parler? Ce sera une histoire (consistante au sens de David J Griffith), c'est à dire un chemin (au sens de Feynman) du réseau. C'est le problème de la mesure quantique qui a amené David Griffith a proposer l'interprétation des histoires consistantes de la mécanique quantique pour faire disparaître les paradoxes. Il n'y aurait plus de problème de non-localité, de superposition d'états, de rétro-causalité

    Imaginons que l'on déplace un réseauChaque sommet va décrire une ligne, (comme les deux boules de la fig 1 du chapitre 4), et chaque ligne, en se déplaçant, dessinera une surface de même qu'un segment va créer un rectangle. Mais un nouveau phénomène apparaît, nous dit Carlo Rovelli, un sommet peut s'ouvrir en deux ou plusieurs sommets, de même qu'une particule peut se décomposer en deux ou plusieurs particules. Et comme les particules, deux ou plusieurs sommets peuvent se recombiner en un seul. Dans le schéma ci-dessous, trois sommets (à droite) se combinent en un seul, avant de se séparer à nouveau. A gauche, en couleurs, la "mousse de spin" que ce processus dessine. 

    fig. 2 http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm: mousses d'espace-temps

     

    Le triangle orange représente deux noeuds en cours de fusion à partir d'un point vertex interne sur l'arête commune des faces rouge et bleue.

    C'est une mousse parce qu'elle est faite de surfaces qui se coupent selon des lignes qui se recoupent aux sommets.  C'est exactement la structure de la mousse de savon où les bulles se rencontrent elles-aussi sur des lignes qui s'unissent aux sommets comme on peut le voir sur la fig. 3 ci-dessous.

     

    fig 3. http://www.funsci.com/fun3_fr/coll/coll.htm (phénomènes de surface et colloïdes)

    On l'appelle mousse de spin car les lignes du réseau de spin sont "labellisés" par des spins qui sont, comme on l'a vu des nombres semi-entiers, donc les faces sont aussi "labellisées par des spins. Pour calculer les probabilités d'un processus, il faut, comme on l'a dit dans le chapitre 4, additionner toutes les mousses de spins possibles qui sont dans la boite, c'est à dire qui ont le même bord où le  bord représente le réseau de spins et la matière qui entre et sort du processus. Les équations de la gravité quantique à boucles expriment ces probabilités qui sont finalement des sommes sur les mousses de spins à bord déterminé. De cette manière, on peut, en principe, calculer les probabilités de tous les événements. 


    Rappel sur les théories quantiques des champs qui constituent le modèle standard des particules élémentaires.

    fig. 4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Feynman

     

     A un premier genre appartient l' électrodynamique quantique  (QED) construite par Feynman, une des composantes du modèle standard. Pour y faire des comptes, on calcule des nombres associés aux diagrammes de Feynman (voir fig.4 ci-dessus).

    La figure représente deux particules, ici des électrons, qui interagissent entre eux. Au début, l'électron de gauche se "dégrade" en deux particules (électron et photon), dont l'une (le photon) se divise à son tour en deux particules (un positon et un électron), qui en suite se réunissent à nouveau et vont confluer dans l'électron de droite et ainsi de suite. C'est une histoire de quanta de champ telle que nous l'avons évoquée au début de ce chapitre 5. 

     

    Un deuxième genre de théorie quantique de champ est illustré par la chromodynamique quantique (QCD) qui décrit, par exemple les forces entre les quarks à l'intérieur du proton. E QCD, il est souvent difficile, voire impossible, d'appliquer la technique des diagrammes de Feynman, mais on peut appliquer une autre technique, "la théorie du réseau". Il s'agit de modéliser l'espace physique continu à l'aide d'un réseau, comme représente dans la fig. 5.

    fig. 5 https://fr.wikipedia.org; réseau (géométrie)

    Mais dans le cas de la gravité quantique, ce réseau n'est pas considéré comme une vraie description de l'espace mais comme une approximation utile pour effectuer les calculs (modélisation par un nombre fini d'éléments).  Voir à ce sujet le chapitre 5 sur le lien QCD sans peine ci-dessous.
    http://www.th.u-psud.fr/page_perso/Pene/Ecole_predoctorale/joliot.pdf (QCD SANS PEINE ECOLE INTERNATIONALE JOLIOT CURIE DE PHYSIQUE NUCLEAIRE)
    et le lien https://indico.in2p3.fr/event/322/contributions/26390/attachments/21330/26160/pierreantoine.pdf (méthodes de calcul en QCD sur réseau)
     ]
    Ces deux techniques de calcul, les diagrammes de Feynman et le calcul sur réseau pour la QCD, sont les outils les plus efficaces pour la théorie quantique des champs. Une heureuse surprise se révèle en gravité quantique, les deux techniques s'y confondent car la mousse d'espace-temps (voir la fig. 2 chapitre 5) qui sert à calculer les processus physiques en gravité quantique peut s'interpréter soit comme un diagramme de Feynman, soit comme un calcul sur réseau.
    C'est un graphique de Feynman, une histoire de quanta, mais en gravité quantique, il ne s'agit plus de quanta évoluant dans l'espace, mais des quanta d'espace "en soi". La graphe qu'ils dessinent dans leurs interactions n'est plus une représentation du mouvement des quanta (les particules) dans l'espace, mais une représentation de la trame de l'espace même (le quantum d'espace lui-même). Et cette trame est aussi un réseau comme celui qui est utilisé dans les calculs en QCD. Il ne s'agit plus maintenant d"une approximation mais de la structure réelle granulaire de de l'espace aux plus petites échelles. Il s'avère que les calculs en QED (diagrammes de Feynman) et et QCD (calcul sur réseau), sont des cas particuliers d'une technique générale, qui est la somme sur les mousses de spins de la gravité quantique. Voici maintenant en Page 175 fig. 7.7 du livre de Carlo Rovelli, similaires à l'équation d'Einstein 
    R_{{\mu \nu }}\ -\ {\frac  {1}{2}}\,g_{{\mu \nu }}\,R\ +\ \Lambda \ g_{{\mu \nu }}\ =\kappa T_{{\mu \nu }},l'ensemble complet des équations qui décrivent la théorie:

    1) HGAMMA = L2[SU(2)L/SU(2)N]

    2) [Lai,Lbj] = iδabεkijLak

    3) (PSL(2C)oYyΨν)(I)


    1) Cette équation définit l'espace de Hilbert de la théorie. Voir ex chap 2.2.1 de https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf  

    2) définit l'algèbre des opérateurs de la théorie.

    3) définit l'amplitude de transition à chaque sommet de la mousse de spins, ce qui permet de calculer les probabilités comme dans les diagrammes de Feynman. Voir la fig. 2 de ce chapitre 5 où 3 sommets se recombinent en un seul et où on voit, à gauche et en couleurs, la "mousse de spins" que ce processus dessine. L'amplitude de transition déterminée par cette mousse est un (2-complex), où le triangle de la fig. 6 ci-dessous représente deux noeuds en cours de fusion à partir d'un vertex interne. Après la fusion, on constate que c'est la disparition d'un quantum d'espace qui produit le temps. Nous sommes bien en présence de la plus petite entité de temps, le quantum de temps.

    fig 6 http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

    Ces équations sont la version mathématique de la description du monde que propose la théorie. Mais, dit Rovelli, "nous ne sommes pas sûrs qu'il s"agisse vraiment des bonnes équations... mais c'est, me semble-t-il, ce que pour l'instant nous comprenons le mieux". 

    En résumé, l'espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L'espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d'un réseau de spins, c'est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l'origine de l'espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d'espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

     

    6) De quoi le monde est-t-il fait?

    Nous en sommes arrivés au point où l'espace de fond tel qu'on le connait a disparu, le temps a disparu ainsi que les particules et les champs classiques. 

    Depuis Newton, le monde a évolué:

    Newton:                          Espace  Temps                            Particules

    Faraday-Maxwell:          Espace  Temps                       Champs  Particules

    Einstein 1905:                Espace-temps   Champs                       Particules

    Einstein 1915:                Champs covariants                                Particules

    Mécanique quantique:  Espace-temps                        Champs quantiques          

    Gravité quantique:                            champs quantiques covariants

     

    L'aboutissement de cette évolution est que les particules sont des quanta de champs quantiques, l'espace n'est qu'un champ, lui aussi quantique. On vient de voir que le temps naît à partir de des processus de ce même champ. Autrement dit, le monde est entièrement fait de champs quantiques. Comme nous l'avons vu, ces champs ne se situent pas dans l'espace-temps. Ils vivent "les uns sur les autres", de façon comparable aux états de superposition quantique, des champs sur des champs. L'espace et le temps que nous percevons à grande échelle sont l'image floue et approchée d'un de ces champs quantiques, le champ gravitationnel. Ils vivent en eux-mêmes, sans avoir besoin d'un espace-temps qui leur serve de substrat. Ils sont appelés champs quantiques covariants et sont capables d'engendrer l'espace-temps. Ainsi, le monde, les particules, l'énergie, l'espace et le temps ne sont que la manifestation de cette entité, le champ quantique covariant. Pour Carlo Rovelli, c'est sans doute la meilleure description que nous ayons aujourd'hui de la substance primordiale qui forme le tout, conçue par le premiers savant et philosophe Anaximandre, l'apeiron ("L'apeiron (en grec ancien ἄπειρον / apeiron) est un concept philosophique présenté la première fois par Anaximandre au vie siècle av. J.-C. ( voir La Parole d'Anaximandre ) pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l'école milésienne. Thalès voyait en l'eau le principe originel, la substance de toute chose. Pour Anaximandre, c'est l'apeiron, qui signifie illimité, indéfini et indéterminé, qui est le principe et l'élément de tout ce qui existe. L’apeiron est inaccessible à la sensibilité, mais il doit exister. Il est nécessaire pour expliquer l’existence de tout ce que nous percevons. Il ne peut posséder de qualité déterminée et n'est désigné que négativement"). Werner Heisenberg a pu déclarer dans Physique et Philosophie": "Toutes les particules élémentaires pourraient se réduire à une substance universelle que nous pouvons appeler énergie ou matière; mais aucune de ces diverses particules ne pourrait être préférée aux autres comme étant plus fondamentale. Ce dernier point de vue correspond naturellement à la doctrine d'Anaximandre, et je suis convaincu qu'en physique moderne, c'est ce point de vue qui est le bon."

    Nous en sommes maintenant au point où on peut aller au-delà de l'apparente contradiction entre l'espace continu et courbe de la relativité générale et les quanta discrets de la mécanique quantique qui vivent dans un espace plat et uniforme. Entre le  continuum de l'espace temps  et les quanta d'espace discrets il y a une relation qu'on peut comparer à celle qui existe entre les ondes électromagnétiques et les photons. On peut dire que les ondes sont une vision approximative à grande échelle des photons et les photons sont la façon les ondes interagissent. De même, l'espace et le temps continus sont une vision approximative à grande échelle de la dynamique des quanta de gravité qui sont eux-mêmes la façon dont l'espace et le temps interagissent. Les mathématiques décrivent le champ gravitationnel quantique de même que les autres champs quantiques. 

    Mais le prix à payer, c'est qu'il faut conceptuellement renoncer à notre vision habituelle de l'espace et du temps comme structures générales dans lesquelles penser et intégrer le monde et ne voir l'espace et le temps que comme des approximations qui n'apparaissent qu'à grande échelle. Kant, avec sa théorie de la connaissance, pensait avec raison que le sujet de la connaissance et son objet sont inséparables, mais il regardait à tort le temps et l'espace comme des formes a priori de la connaissance c'est à dire des parties d'une grammaire indispensable pour comprendre le monde.

    En fait, si on regarde en profondeur, la relativité générale et la mécanique quantique ne sont pas tant dans la tension qu'on décrit généralement, elles se parlent plutôt et se donnent la main. Les relations spatiales qui tissent l'espace courbe d'Einstein (continuum à notre échelle), sont les interactions qui tissent les relations entre les systèmes élémentaires de la mécanique quantique. Elles deviennent compatibles comme les deux faces "d'une même médaille" quand on pense l'espace et le temps comme deux aspects d'un champ quantique, qui peuvent exister sans avoir besoin du support d'un espace externe.  

    Le principal avantage de cette physique, comme nous le verrons dans dans la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, c'est que les infinis qui embarrassaient la théorie quantique des champs disparaissent lorsqu'on ne fait plus l'hypothèse que l'espace est continu. Les singularités qui rendaient absurdes les équations d'Einstein quand le champ gravitationnel devenait trop grand (la courbure tend alors vers l'infini) disparaissent également. Elles venaient du fait qu'on négligeait la quantification du champ. 

     

    En conclusion de cet article. 

    Dans l'article suivant, consacré à la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, nous verrons quelques conséquences physiques de cette théorie. On peut sans doute difficilement s'imaginer et penser ces entités discrètes qui ne sont ni dans l'espace, ni dans le temps et qui pourtant tissent l'espace et le temps par leurs relations. Mais n'en n'était-il pas de même quand Anaximandre déclarait:que sous nos pieds il n'y avait sans doute que le même ciel que celui que nous voyons au-dessus de nos têtes (Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent )? Ou  d'Aristarque de Samos qui a découvert, en mesurant la distance de la lune et du soleil, que ces objets sont très éloignés et qu'il ne s'agit pas de petites boules, mais d'astres gigantesques? Ou enfin de Hubble quand il a compris que les petits nuages au milieu des étoiles sont en fait d'immenses mers d'étoiles immensément lointaines?  

    Avec Carlo Rovelli on peut conclure ce chapitre "le tempe n'existe pas": "Le monde n'a cessé de s''élargir autour de nous pendant des siècles. Nous voyons plus loin, nous le comprenons mieux et demeurons stupéfaits devant sa diversité, toujours plus vaste que ce que nous pouvons imaginer, et devant le caractère limité des images que nous en avons. En même temps,  la description que nous parvenons à en donner devient plus restreinte, mais aussi plus simple. Nous sommes des petites taupes aveugles sous la terre, qui savent peu, voire rien du monde, mais nous continuons à apprendre".

    "Tout le récit qu'ils nous ont fait de cette nuit [...] est plus convaincant que de fantastiques visions;  - il a le caractère d'une grande consistance, - tout étrange et tout merveilleux qu'il est. " William ShakespeareLe songe d'une nuit d'été.

    Mon prochain article s'intitulera: Au-delà de l'espace et du temps.

     

    Liens chapitre 5:

    http://www.crdp-strasbourg.fr/je_lis_libre/livres/Shakespeare_LeSongeDUneNuitDEte.pdf (William Shakespeare "le songe d'une nuit d'été")

    https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1958-v14-n1-ltp0952/1019959ar.pdf (Mythe et Philosophie chez Anaximandre1 « Anaximandre affirme que le principe et l’élément des êtres est Yapeiron. Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027 (Pourquoi il n’y a pas de trajectoire du mouvement des particules en physique quantique ?)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38 (Matière et lumière dans le vide: Les particules n’accèdent à l’existence dans le monde ordinaire que grâce à un processus de création-annihilation dans ce plein qu’est le vide)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article447 (Où en est l’unification quantique/relativité)

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/cosmologie-quantique-boucles-ou-145248  (par Bernard Dugué (son site) Cosmologie quantique, boucles ou cordes, la fin du monde moderne est-elle en vue)

    http://www.forum-conquete-spatiale.fr/t17651-equation-de-schrodinger-et-test-de-quantification-du-champ-gravitationnel
    Equation de Schrödinger et test de quantification du champ gravitationnel Sam 16 Avr 2016 

    Deux papiers trouvés sur arXiv.org au grès de mes pérégrinations, décrivant une proposition d'expérience avec un dispositif optique et mécanique pour trancher si les champs gravitationnels peuvent être quantifiés ou pas (il s'agirait d'un micro-disque supraconducteur en osmium). Langue de Shakespeare et solide bagage mathématique exigés...

    Optomechanical test of the Schrödinger-Newton equation (PDF)

    Effects of Newtonian gravitational self-interaction in harmonically trapped quantum systems (PDF)

    Un article explicatif sans maths, mais avec quelques graphiques de niveaux d'énergies d'un système quantique perturbé par une interaction gravitationnelle faible :

    A newly proposed table-top experiment might be able to demonstrate that gravity is quantized

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (mousses de spins en gravité quantique)

    https://sciencetonnante.wordpress.com/2016/09/02/la-gravite-quantique-a-boucles/ (la gravité quantique à boucles)
    http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (la gravité quantique à boucles)
    http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm (la théorie de la gravitation quantique à boucles)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Chromodynamique_quantique_sur_r%C3%A9seau (chromodynamique quantique sur réseau)

    https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf (Boucles et Mousses de Spin en Gravité Quantique)

     http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/02electrofaible/II.htm (introduction à l'électrodynamique quantique) http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/05jauge/jauge4.htm (la chromodynamique quantique)
    http://gps.ijl.univ-lorraine.fr/webpro/chatelain.c/GroupeM/Colloque-Mars09/PDF/GCohenTannoudji.pdf (Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard Gilles Cohen-Tannoudji - l'intégrale de chemins) 

    https://www.belial.fr/o/blog/l-enigme-de-l-univers (Sur l'île artificielle d'Anarchia, située en plein Océan pacifique, se déroule un colloque durant lequel doit être présentée la Théorie du Tout, censée décrire et expliquer l'Univers à l'aide d'outils mathématiques. Un journaliste scientifique, envoyé pour couvrir l'événement, va se retrouver mêlé à une intrigue d'une grande complexité, riche en considérations philosophiques et métaphysiques, qui débouche, comme toujours chez Greg Egan, sur une vision mécaniste, une sorte de « behaviorisme quantique » aux implications vertigineuses) Greg Egan

    http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (de la gravitation quantique à boucles par carlo rovelli) 

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions David Louapré)

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)

    https://arxiv.org/pdf/hep-th/0601129.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)

    http://inspirehep.net/record/871199/files/Valentin_Bonzom-thesis-Quantum_Geometry_in_Spin_Foams-Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité généraleFrom_the_topological_BF_theory_towards_general_relativity.pdf (Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité générale  thèse de Valentin Bonzomà


    Les champs:

    http://www.astrosurf.com/luxorion/quantique-champ.htm (le concept de champ)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_quantique_des_champs#Champs_quantiques (champs quantiques: La façon dont la théorie des champs fut introduite par Dirac à partir des particules élémentaires est connue pour des raisons historiques sous l'appellation de seconde quantification)

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/seconde-revolution-quantique-les-141982  (Seconde révolution quantique : Les particules et les champs n’existent pas ! La « déchirure ontologique » dans la matière et la revanche de Platon par Bernard Dugué)

    http://lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com/2014/12/les-champs-quantiques-informationnels-substrats-de-l-univers.html (Les champs quantiques informationnels, substrat de l'univers)

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139918943449942.pdf (Théorie quantique des champs)

    https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_relat-gene/impression.html (Le continuum espace-temps de l'univers)

    http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html (Pourquoi les physiciens recourent t-ils à la notion d'émergence? premier exemple de la survenue de la notion d’émergence celui relatif à la théorie de la gravité quantique à boucles telle qu’elle est présentement développée par Carlo Rovelli. Il écrit : « Il n’y a pas de temps dans la gravité quantique à boucles… Qu’est-ce donc enfin que le temps, et son « écoulement ?» « Le temps doit émerger (sic), comme l’espace, du champ gravitationnel quantique[1]. » Selon l’auteur, les raisons pour lesquelles l’espace et le temps ne résultent que d’un processus émergent, c’est qu’ils ne sont pas réels car selon lui le monde est fait de champs quantiques invariants)



    Liens chapitre 3 et 4:

    https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2017-3-page-503.htm (réenchanter la science, résumé synthétique)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_et_r%C3%A9alit%C3%A9 (Procès et réalité : Essai de cosmologie: oeuvre de Whitehead, 1929. Elle fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience 3'4. Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d'en extraire l'expérience5. Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l'organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité6, que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».

    http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Whitehead_Proces.htm (le procès)

    https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2012-1-page-81.htm (Alfred North Whitehead précurseur des théories de l’auto-création par Alain Beaulieu)

    https://noesis.revues.org/1628  (Whitehead et les pères fondateurs de la mécanique quantique

    Sébastien Poinat)

    https://www.academia.edu/10340393/Espace_et_relativit%C3%A9_restreinte_selon_A._N._Whitehead (Jean-Pascal Alcantara ESPACE ET RELATIVITÉ RESTREINTE DANS LA PHILOSOPHIENATURELLE  D'AN WHITEHEAD)

     

    https://www.academia.edu/7514278/G%C3%B6del_et_Whitehead_monadologie_et_th%C3%A9orie_de_la_relativit%C3%A9 (Gödel et Whitehead: monadologie et théorie de la relativité)

    http://www.eoht.info/page/Christian+de+Quincey (En philosophie , Christian de Quincey (1955-) est un philosophe américain connu son livre de 2002, Radical Nature, dans lequel il affirme que la conscience , l' esprit et l' âme descendent tout le long de l' échelle  évolutive jusqu'aux atomes et molécules et au-delà. et ce faisant, il tente de dissiper le point de vue matérialiste du «désintérêt de la matière», cette matière inerte et « morte », ce qui entraîne un dialogue entre les écoles de pensée matérialiste et dualiste. 

    https://trans4mind.com/counterpoint/index-new-age/quincey.shtml (Conscience: Vérité ou Sagesse

    Par Christian de Quincey)

    https://www.facebook.com/ChristiandeQuincey.ConsciousnessforLife/

    https://lesbrindherbes.org/2015/03/07/voir-le-monde-autrement-les-champs-morphogenetiques-de-r-sheldrake/ (Voir le monde autrement : Les« champs morphogénétiques »  de R. Sheldrake)

    https://noesis.revues.org/1637 (Devenirs et individuations. L’hommage de Whitehead à Bergson

    Didier Debaise)

    https://www.cairn.info/revue-philosophique-2006-1-page-7.htm (La vie perceptive selon Whitehead parMaurice Élie. Le procès étant celui des « sentirs », et les sentirs étant des préhensions « positives » [5][5] « Les “préhensions négatives” [...] “excluent du sentir”...., une forme de perception est déjà présente dans ce jeu de saisiesmutuelles des entités atomiques les unes par les autres ; la perception est une espèce dont la préhension est le genre [6][6] Dans un passage de Procès et réalité, Whitehead finit.... Percevoir, c’est prendre et recevoir avant de comprendre)

    https://www.memoireonline.com/09/11/4817/m_Lheritage-leibnizien-dans-la-cosmologie-dAN-Whitehead11.html (Leibniz considère que le monde est composé de monades et Whitehead d'entités actuelles auxquelles s'ajoutent les objets éternels. Les relations événements à événements se font par ce que Whitehead nomme «les préhensions ». Les entités actuelles sont douées de « préhensions » c'est-à-dire de saisies, de captures, de sentirs, de feelings.

    « J'emploierai donc le mot « préhension » dans le sens d'appréhension non cognitive)

    http://www.inif.ucr.ac.cr/recursos/docs/Revista%20de%20Filosof%C3%ADa%20UCR/ACTAS%20CONGRESO%20DE%20FILOSOFIA/(5)%20whitehead/I.%20whiteheads%20theory%20of%20prehension.pdf (WHITEHEAD'S THEORY OF PREHENSION CHARLES HARTSHORNE)

    http://ppquimby.com/alan/prehen.htm (La Préhension de Whitehead par Alan Anderson)

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01273419/document (Deleuze et Whitehead : une étude comparative de leur métaphysique, empirisme transcendantal et empirisme spéculatif Moon Kyo Lee)

    http://nicolasbaier.com/pages/Prehension_2.html («La vraie question philosophique est : comment un fait concret peut-il manifester des entités abstraites de lui-même, auxquelles cependant il participe par sa propre nature ?» Alfred North Whitehead, Procès et réalité)

    http://www.philopsis.fr/IMG/pdf/whitehead_proces_et_realite_fait_et_forme.pdf (Le monde Whitehead, Procès et réalité, « Fait et forme » Bertrand Saint-Sernin)

    https://methodos.revues.org/527 (Isabelle Stengers, Penser avec Whitehead)

    https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2002-4-page-511.htm (Whitehead et la subjectivité parXavier Verley)

    http://www.christiandequincey.com/ (the wisdom academy)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Interpr%C3%A9tation_transactionnelle_de_la_m%C3%A9canique_quantique (L'interprétation transactionnelle de la mécanique quantique TIQM) est une interprétation qui décrit les interactions quantiques sous la forme d'une onde stationnaire formée par la combinaison d'une onde précédant la particule (en avance dans le temps) et d'une onde suivant la particule (en retard dans le temps), elle décrit tout évènement quantique comme étant une « poignée de main » entre l’onde avancée et l’onde retardée. proposée pour la première fois par John G. Cramer en 1986. Il indique que cette façon de voir les choses est plus intuitive, évite le problème philosophique du rôle de l'observateur dans l'interprétation de Copenhague, et résout divers paradoxes quantiques1 L'existence d'ondes avancées et retardées en tant que solutions admissibles aux équations de Maxwell fut déjà proposée par Richard Feynman et John Archibald Wheeler en 1945 voire la théorie de l'absorbeur de Wheeler et Feynman)

     

    Liens sur le temps:

    http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b12c5.php (ETIENNE KLEIN  Le temps de la physique [1])

    https://www.drgoulu.com/2008/12/24/la-nature-du-temps-2/#.Wb5t08irSCg (Dr goulu: la nature du temps)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilatation_du_temps

    http://fondationdenisguichard.com/spip.php?article98 (Anoine Suarez : libre arbitre, conscience intermittente et physique quantique "Dans le monde quantique, le concept de temps n’a pas de sens. Les lois de conservation qui règlent le monde matériel (conservation de l’énergie) exigent qu’il y ait une coordination non locale qui vienne de l’extérieur de l’espace temps" : à partir de ce constat issu de résultats expérimentaux, Antoine Suarez développe des hypothèses sur l’interaction de la conscience avec ces phénomènes).

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00004283/document (Galilée et la mathématisation du mouvement Michel Paty

    https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (théorie de la relativité de galilée)

    http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-relativite-restreinte-naissance-espace-temps-509/page/3// (galilée et la relativité galiléenne)

    http://www.aim.ufr-physique.univ-paris7.fr/CHARNOZ/homepage/GRAVITATION/grav4.html  (Galilée (1564-1642)

    https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (la théorie de la relativité de... galilée)

    http://www.philocours.com/cours/cours-galilee-experimentation.htm (galilée et l'expérimentation scientifique. Héritier de platon?)

    http://www.astrosurf.com/quasar95/exposes/huygens.pdf (CHRISTIAAN HUYGENS (1629-1695) Mathématicien, physicien et astronome)

    http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287 (le temps selon newton et einstein)

    https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique

    Alexis de Saint-Ours)

    http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (et si le temps n'existait pas?)

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-relativite-d-einstein-n-est-pas-162829 (la relativité d’Einstein n’est pas la bonne théorie pour décrire le cosmos et la gravité

    par Bernard Dugué (son site)) 

    http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/03/le-temps-n-existe-pas.html (Le temps continue à s’écouler dans l’avenir, mais s’il n’existait pas réellement? Tout dans l’univers à ce moment précis et le temps n’existe pas, du moins selon la théorie quantique. L’idée que le temps s’écoule est en fait assez absurde)«On constate que le temps disparaît de l’équation Wheeler-DeWitt »

    http://www.elishean.fr/le-temps-nexiste-pas/ (le temps n'existe pas au niveau macroscopique)

    http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287  (le temps selon newton et einstein)


    Galillée, newton, kant et la reconnaissance du temps par http://lesmaterialistes.com/ (il y a 21 parties)

    http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-1e-affirmation-laique-science  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l'espace et du temps – 1e partie : l'affirmation laïque de la science)

    http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-galilee  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l'espace et du temps – 2de partie : Galilée)

     

     Liens: Télécharger l'entretien de Simone Speziale sur la gravité quantique à boucles: http://podcast.quadriviumradio.com/physique/simone-speziale/

     

    C. Rovelli, S'affranchir du temps, Pour la Science - N°397 - novembre 2010.

     

    L. Smolin, Des atomes d'espace et de temps, Pour la Science N°316 - février 2004.

     

     


    votre commentaire
  • Nyx Déesse de la Nuit (site https://www.mythologie.ca/)

     

    C'est un beau Mythe. Dieu ou désse, quelle importance! Je veux le partager avec mes lecteurs.

     

     

     

     1) Nyx Déesse de la Nuit

     

    Nyx (Gr. 


    Νυξ; Lat. Nox) est la déesse de la Nuit. Pour Hésiode, elle a été conçue à partir de Chaos en même temps qu'Erèbe.
    Dans la mythologie orphique Nyx était la coquille de l'oeuf cosmique.
    Sa demeure se trouvait au delà du pays d'Atlas, à l'extrême Ouest, mais elle demeurait aussi dans les enfers.

    Avec Erèbe, elle engendra:
    • Ether, la partie la plus brillante de la haute atmosphère ;
    • Héméra, le Jour.
    • Epiphron, la Prudence selon Hygin.
    • Eléos, la pitié et la compassion qui avait un autel à Athènes où les enfants d'Héraclès avaient cherché refuge alors qu'ils étaient poursuivis par Eurysthée. Adraste était venu y prier après la bataille de Sept contre Thèbes pour que les guerriers morts soient enterrés.
    • Charon, le nocher des enfers.

    ❖ Les enfants de Nyx

    Elle engendra à son tour sans présence de l'élément mâle des abstractions et allégories toutefois Hyginus et Cicéron (De natura rerum 3,17) indique Erèbe comme le père.

    Nuit et le cortège d'étoiles

    Edward Robert HUGHES



    Nyx enfanta l'odieux Moros (Sort), Kèr la noire et Thanatos (Mort); Elle enfanta Hypnos (Sommeil) et, avec lui, toute la race des Songes, les mille Oneiroi, et cependant cette ténébreuse déesse ne s'était unie à aucun autre dieu. Ensuite elle engendra Momos (Sarcasme), Oizys plein de douleurs (Détresse), les Hespérides, qui par delà l'illustre Océan, gardent les pommes d'or et les arbres chargés de ces beaux fruits, les Moires et les Kères inhumaines, Clotho, Lachésis et Atroposqui dispensent le bien et le mal aux mortels naissants, poursuivent les crimes des hommes et des dieux et ne déposent leur terrible colère qu'après avoir exercé sur le coupable une terrible vengeance. La funeste Nyx conçut encore Némésis(Vengeance), ce fléau des mortels, puis Apaté (Tromperie), Philotès (Amour sexuel), la triste Géras (Vieillesse), Eris (Discorde) au cœur opiniâtre.
    On la dit aussi mère de Styx mais en général les parents sont Océan et Téthys
    Zeus avait voulu chasser Hypnos de l'Olympe et le jeter à la mer son fils car il l'avait endormi pendant qu'Héra faire périr Héraclès. Sa mère était intervenue avec succès en faveur de son fils.
    Dans l'art, Nyx est représentée comme une déesse ailée ou conduisant un char au milieu des étoiles, la tête couronnée d'une auréole de brume.

    ❖ Filiation

    Chaos

    NYX

    Epoux*

    Enfants

    Erèbe*

    Aether

    Héméra

    Charon

    Epiphron, Eléos

    -

    ALLEGORIES

    HESPERIDES,

    MOIRES

    ❖ Sources antiques

    ❖ Bibliographie

    Bibliothèque virtuelle

    • Quelques livres de librairie pour approfondir le sujet
    • Dictionnaires et encyclopédies Larousse.
    • Encyclopédie Universalis.
    • Encyclopædia Britannica.
    • Encyclopédie de la mythologie d'Arthur COTTERELL; Edition Parragon, 2004.
    • Encyclopédie illustrée de la mythologie d'A. COTTERELL et R. STORM. Editions de l'Orxois, 2000.
    • Dictionnaire des mythologies en 2 volumes d'Yves BONNEFOY, Flammarion, Paris, 1999.
    • L'encyclopédie de la mythologie : Dieux, héros et croyances du monde entier de Neil PHILIP, Editions Rouge et Or, 2010
    • Mythes et légendes du monde entier; Editions de Lodi, 2006.
    • Mythes et mythologie de Félix GUIRAND et Joël SCHMIDT, Larousse, 1996.

     

     

     

    2) Les archétypes d’Ereshkigal PUBLIÉ LE 20 NOVEMBRE 2014

    Après plusieurs recherche à propos d’Ereshkigal, déesse qui eu une grande décision pour ma vie, devenir ma patronne ! J’ai pu remarquer qu’elle avait pour certains un seul archétype. Je dois bien avouer que j’ai du mal à être d’accord avec cela, je pense qu’on peut facilement trouvé plusieurs archétype chez une même déesse. Le but de mon article et donc d’exposer les différents archétypes et de trouvé un lien avec Ereshkigal. Je suis d’ailleurs en plein dedans avec ma formation à l’Ordre de Déa.
    Il y a un total de 10 archétypes: L’enfant, La mère, L’amante, La guerrière, La dame blanche, La dame noire, La guérisseuse, La sorcière, La prophétesse, La chamane
    Certains Archétypes seront donc exposé ici. Je passe l’enfant et la mère pour Ereshkigal, je ne vois pas cette aspect pour cette déités, bien que la mère aurait pu y rentrer.

    L’Amante
    J’ai commencé cette archétype avec beaucoup de confiance, c’est une facette qui m’attire et me parle tout a fait en tant que femme nous avons tous une part d’amante en nous. Je sais que ça peut paraître dur à croire mais c’est l’archétype qui permet de prendre confiance en soi et d’aimer son corps ! Au départ je ne pensais pas travailler avec Ereshkigal, j’avais encore des doutes sur le fait qu’elle m’accompagne ou non. Et puis au fur et à mesure j’ai ressentis le besoin d’utiliser cette archétype pour me rapprocher d’elle. Je ne donnerais pas l’exercice en détail car ça reste confidentielle avec l’Ordre de Déa.
    Lors de mon exercice j’ai ressentis une telle puissance et le fait de savoir que ma patronne était à mes côté m’a donné une joie et une grande satisfaction. C’est une déesse très puissante, craint pour des raisons que je peux tout a fait comprendre mais elle est loin d’être aussi sanglante qu’on veut bien nous le faire croire. J’ai pu facilement me rendre compte que les déesses dites lumineuse était bien plus cruelle que les sombres.
    Finalement Ereshkigal est une vrai amante, de part sa relation avec Nergal. Le fait qu’ils aient partager 7 jours et 7 nuits d’amour prouve à quel point cette déesse est fait pour l’archétype de l’amante. Elle a également usée de ses charmes pour le séduire. Je pense que si vous voulez facilement entrée en contact avec elle, vous pouvez utiliser cette facette de sa personnalité.
    La guerrière
    J’étais très motivé par cette archétype quand j’ai commencé à lire la leçon. Et puis au fil du temps une dépression post automnale m’a prise au dépourvu, aucune motivation, goût à rien bref j’étais au fond du trou ! Un soir en rentrant chez moi une petite voix m’a murmurer « il est temps », temps de quoi ? Je n’ai pas très bien compris sur le moment. La soirée ce passer tranquillement et alors que mon homme était devant la télé je me suis dis qu’il était temps que je fasse cette exercice sur la guerrière.
    Après mon yoga je me suis allongé par terre, un casque audio sur les oreilles avec une musique d’ambiance. La chienne et le chat allongé à mes côtés comme pour m’accompagner. Je me suis détendu, j’ai fermé les yeux et me voici partie dans ma méditation. Je me suis retrouvé dans un lieu que je connaissais très bien ! Mon institut ! Depuis le mois de juin, j’ai repris un institut de beauté, stress et doute son mon lot quotidiens, alors que de plus normal que de ce retrouver là-bas ?!
    J’étais donc dans ce lieu familier, un épais nuage noir était aussi présent. On avait l’impression qu’il avait le feu dans les locaux mais en réalité pas du tout. J’ai pu interpréter cette chose comme étant mon état de dépression, la noirceur qui m’empêcher d’avancé et de me vidée l’esprit. Au départ, je n’ai pas trop su ce qu’il fallait que je fasse, alors j’ai voulu sortir pour aérer tout ça, mais cette chose noir m’a retenu et m’a « attaché » contre un des murs. J’étais liée à mon institut par les pieds, les poignets et le cou.
    C’est à ce moment qu’elle est apparut, l’instant ou j’ai commencé à paniquer. Elle n’a pas eu besoin de ce présenter à moi je l’ai reconnu directement, elle c’est avancé vers moi et m’a parlé calmement m’expliquant ce que je devais faire pour me dégager de cette emprise. Tout simplement visualisé une lumière blanche partant du bas de mes pieds et remonter jusqu’à ma tête pour me libérer. J’ai écouté et c’est ce que j’ai fais, après quelques minutes j’étais enfin libre.
    Mais cette chose noir n’en avait pas fini avec moi, il c’est alors matérialisé en un homme sombre, une sorte d’homme goudron et à commencer à modeler une arme. Pour moi, j’étais foutu mais pour Ereshkigal, il n’en était rien. Elle m’a alors donné une épée, magnifique et forte et m’a dit de combattre et de ne pas m’arrêté tant qu’il ne serait pas mort.
    J’ai sentis la force de la guerrière et je me suis battu pendant de longue minutes sans m’arrêté jusqu’à détruite cet être horrible. Puis tout est redevenu clair, le soleil et revenu et la vie à reprit son long fleuve tranquille. Ma déesse à récupérer l’épée et m’a salué avant de repartir dans son royaume. Moi j’ai repris conscience de mon corps et du lieu où je me trouvais. Après cette expérience, je me suis sentis heureuse et épaulé, j’étais regonflé à bloc !(La Dame Noire)


    votre commentaire
  •  

    Carlo Rovelli par-delà le visible

     

    Mon article 2: Le temps n'existe pas.

     

    https://www.amazon.fr/SCIENCE-VIE-TEMPS-NEXISTE-1024/dp/B00897F9CA

     

     

     

     

      "le temps n'existe pas

     

    Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

     

    *

     

     

     

     


    http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n'existait pas par carlo rovelli)


     

    http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n'existait pas?)

     

    http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

     

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l'échec de la théorie des cordes préface d'alain connes...Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière...)

     

    (facebook; Gravitation quantique Par Abdelatif Djellab)

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

     

    https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l'espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d'Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

     

    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l'espace-temps quantique. L'espace et le temps émergeraient de l'intrication quantique de minuscules bribes d'information : telle est l'audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

    https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)


    http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)


    Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)

     

    http://www.doublecause.net/index.php?page=Origine_quantique_du_temps.htm (L'origine quantique du temps Le passé n'est pas toujours gravé dans la pierre, aussi pourrions nous être capable de le changer)



    I) Introduction.

    Comme je l'ai dit dans Dans mon article 1, je viens d'interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin "La renaissance du temps" au chapitre 14 Je vais d'abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique". Dans cet article 1), j'ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son "rien ne va plus en physique", nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l'ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l'unification. En effet, affirme le site matierevolution.fr"Aujourd’hui, notre physique est dominée par deux grands corpus théoriques : la relativité et la mécanique quantique. Malheureusement, ils semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. »


    Nous avons ainsi vu dans mon article 1) au chapitre 3-3-3) que cette nouvelle théorie pourrait être lgravité quantique à boucles, qui combine la relativité générale et la mécanique quantique avec beaucoup de précaution, car elle n'utilise aucune autre hypothèse. Ces deux théories ont été réécrites pour qu'elles soient plus compatibles, mais les conséquences sont radicales. La relativité générale enseigne que l'espace n'est pas rigide et inerte, mais elle est dynamique, comme le champ électromagnétique. On l'a comparée à "un immense mollusque mobile dans lequel nous sommes immergés, qui se comprime et se tord". La mécanique quantique, elle, enseigne que tout champ est constitué de quanta, c'est  à dire qu'ils ont une structure fine granulaire. Il en découle que l'espace physique étant un champ, le champ gravitationnel, est lui aussi constitué de quanta. Il existe donc des quanta d'espace comme il existe des quanta de lumière ou des quanta d'autres champs. C'est la prédiction centrale de la théorie des boucles. Cette structure atomique granulaire y trouve une formulation et une mathématisation précises qui décrivent la structure quantique de ces grains d'espace et les équations qui déterminent leur évolution, les équations générales de la mécanique quantique de Dirac appliquées au champ gravitationnel d'Einstein. Tout comme la mécanique quantique qui est plus que la seule granularite des grandeurs physiques, il faut examiner deux autres aspects.

         -L'évolution de ces réseaux de spin n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité.

         -Nous ne devons pas penser aux choses  comme elles sont, mais à la manière dont elles interagissent. Donc nous ne devons pas regarder les réseaux de spin comme des entités, une "grille" laquelle le monde (extérieur) est posé, mais comme un effet de l'espace sur les choses. C'est la leçon d'Einstein à propos de l'espace absolu de Newton. Heisenberg nous l'a aussi appris, entre une interaction et une autre, l'électron n'est dans aucun lieu ou est diffus dans un nuage de probabilités dans tous les lieux, de même l'espace n'est pas un réseau de spins spécifique, mais un nuage de probabilités sur tous les réseaux de spin possibles.

    A des échelles suffisamment petites qui vont jusqu'à l'échelle de Planck (mais existe t-elle?), l'espace est un pullulement fluctuant de quanta de gravité  qui agissent sur les choses, entre eux et tous ensemble. Ils se manifestent dans ces interactions comme des grains en relation les uns avec les autres dans ces réseaux de spins. Les liens entre les grains (les noeuds) ne sont nulle part, en aucun lieu. Ce sont eux, qui par leurs interactions, créent les lieux. Donc l'espace est créé par l'interaction de quanta individuels de gravité.

    C'est ce que nous a appris mon article 1)

    Maintenant dans ce nouvel article (article 2) nous allons revenir sur l'évolution de ces réseaux de spin qui n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité. Nous allons découvrir que le temps n'existe pas.


    2) Le temps n'est pas ce que nous croyons. (pages 161 à 164)

    Exergue: "Nec per se quemquam tempus sentire fatemdumst semotum ab rerum motu..."   Lucrècede rerum natura (L I, 462-463).                                                                  

    Lucrèce dans de rerum natura livre I (de la nature des choses:  http://ugo.bratelli.free.fr/Lucrece/LucreceLaNature.pdf)"Personne, il faut l'admettre, n'a le sentiment du temps en soi" dans "le mouvement des choses"

         -Dans l'article 1) sur les réseaux de spins, il n'a jamais été question du temps, la recherche en gravité quantique a tourné très longtemps autour des seules questions spatiales, sans affronter le temps. Or Einstein a montré qu'on ne peut pas séparer le temps et l'espace, mais qu'il faut les penser ensemble comme un tout unique, l'espace-temps. Nous allons donc maintenant ramener le temps dans le sujet, comme cela s'est produit au cours de ces 15 dernières années. L'espace, contenant inerte et amorphe des choses, disparaît de la physique avec la gravité quantique. Les choses devenues des quanta, ne résident plus dans l'espace, mais comme on l'a vu dans mon article 1), elles résident les unes dans le voisinage des autres et l'espace est le tissus de leurs relations (de voisinage). De la même manière, il faut aussi abandonner l'idée de temps comme flux inerte le long duquel se déroule la réalité, flux continu qui s'écoule et au cours duquel se produisent les phénomènes. De la même façon que l'espace n'existe plus (les quanta d'espace ne sont pas dans l'espace), de la même façon, le temps n'existe plus (les quanta de gravité n'évoluent pas dans le temps). C'est le temps qui naît comme conséquence de leur interaction. C'est ce que traduit l'équation de Wheeler-DeWitt qui ne contiennent plus la variable temps. Déjà en relativité générale, le temps apparaissait comme un aspect du champ gravitationnel. Mais en négligeant les quanta, on pouvait encore penser l'espace-temps de façon "conventionnelle", comme le cadre ou la "tapisserie" se déploie l'histoire temporelle du reste de la réalité, même si cette tapisserie est courbe. Mais dès qu'on tient compte de la mécanique quantique, le temps, qui doit avoir les aspects d'indétermination probabiliste quantique, de granularité et de relation, communs à toute la réalité, devient un temps tellement différent de tout ce que nous avons jusque là appelé "temps".

         - Le temps n'est pas ce que nous croyons.

    La relativité générale a commencé à modifier l'idée commune que nous avons du temps depuis plus d'un siècle. Avant qu’Einstein ne présente au monde la relativité restreinte, en 1905, et la relativité générale dix ans plus tard, l’univers était simple : dans une boîte, l’espace, s’écoule le temps -le même pour tous. A l’intérieur on trouve de la matière, sur laquelle agissent des forces - la gravité, par exemple. Ces quatre concepts sont vus comme indépendants. « L’apport d’Einstein, c’est de dire qu’ils doivent être unifiés », résume Thibault Damour, spécialiste de la relativité générale et auteur de Si Einstein m’était contéAujourd'hui, l'inadéquation de nos préjugés est fréquemment vérifiée en laboratoire. Le temps ne passe pas de façon égale dans le monde. Dans certains lieux, il s'écoule plus vite ou plus lentement que dans d'autres. La théorie de la relativité générale a montré que le temps passe plus vite à plus haute altitude: "Depuis longtemps, les scientifiques avaient démontré ce curieux effet entre la Terre et l’espace, mais des physiciens viennent de mesurer cet effet dans le quotidien sur une différence d’altitude de seulement 33 cm, démontrant qu’on vieillit un peu plus vite quand on se trouve deux marches plus haut ! Que ceux qui habitent en montagne se rassurent, la différence est bien trop faible pour qu’on puisse le percevoir directement. Il s’agit seulement d’environ 90 milliardième de seconde de plus au cours d’une vie de 79 ans". Mais l'effet existe, il y a bien une différence réelle. Le temps ne fonctionne pas comme nous le pensons habituellement. "Nous ne pouvons pas penser le temps comme s'il s'agissait d'une grande horloge cosmique qui scande la vie de l'univers". Le temps universel newtonien est remplacé par un temps local: chaque objet dans l'univers a son propre temps et ce qui détermine ce temps, c'est le champ gravitationnel.

    Ainsi, "Einstein aurait pu réellement bouleverser notre conception du temps il y a un siècle, mais ce bouleversement n'est pas entré dans les esprits, seulement dans nos GPS. Il n'a pas changé notre conception du monde, il n'a même pas été réellement pris au sérieux par les physiciens, ce qu'Einstein lui-même faisait remarquer à son ami Besso peu avant sa mort. Il a fallu attendre le début de notre XXIème siècle, avec Antoine Suarez et les résultats des expériences qu'il a fait faire à l'équipe de Nicolas Gisin" [...] En 2001, son équipe a reproduit et étendu la fameuse expérience d’Alain Aspect de 1982 qui avait mis en évidence la non localité, c'est à dire le constat que des phénomènes en mécanique quantique pouvaient être indépendants de l’espace. En effet, aucune communication entre deux objets très distants (ici des particules jumelles) n'était nécessaire pour qu'ils se comportent comme le même objet. Si l'on prend par exemple l'image d'un dé, tout se passait comme si les particules formaient à l'origine un seul dé dont on pouvait déduire la face cachée (pas encore lue) de sa face visible (lue), sauf qu'avec les particules les numéros ne se forment que lors de leur lecture [...] La conclusion tirée de cette expérience est que compte tenu de l'inversion chronologique constatée, l'information ou coordination qui était à l'origine de la corrélation entre les deux photons et qui n'est apparue qu'au moment de la mesure n'a pas pu transiter comme un signal fantôme de l'un vers l'autre. Elle était donc non seulement indépendante de l'espace mais aussi du temps.

    voir http://www.doublecause.net/index.php?page=Antoine_Suarez.htm (antoine suarez, Le physicien qui a enterré le temps).

     

     

     

     

     

    Certes à l'heure actuelle, on se familiarise de plus en plus avec le temps Einsteinien et le temps local, mais ce dernier ne fonctionne même plus quand on prend en considération la nature quantique granulaire du champ gravitationnel. Les faits quantiques ne sont plus ordonnés par un écoulement du temps sur les très petites échelles, de l'ordre de celle de Planck. Cela ne signifie pas que tout est immuable et que rien ne change, mais au contraire, cela signifie que que le changement est partout, mais les processus élémentaires ne peuvent plus être ordonnés en succession d'instants comme dans la vie courante où tout se passe comme si un chef d'orchestre battait une mesure universelle qui rythme les événements. Dans l'infiniment petit, chaque processus élémentaire "danse" indépendamment de ses voisins, en suivant son rythme propre. L'écoulement du temps est interne au monde. Il naît dans le monde à partir des relations entre des événements quantiques qui sont eux-mêmes le monde et et qui déterminent leur temps propre. Nous allons maintenant essayer de comprendre ce que peut signifier l'inexistence du temps.

     

    3) Le pouls et le luminaire.

     Nous sommes habitués, voire conditionnés à utiliser la variables temps que l'on trouve dans presque toutes les équations de la  physique classique . Cette variable est traditionnellement notée t. C'est Galilée le premier qui a compris que les mouvements des objets sur Terre pouvait être décrit par les mathématiques et par des équations pour des fonctions du temps telles que x(t) position d'un objet, A(t) amplitude d'oscillation d'un pendule, T(t) température d'un corps ... "La célèbre expérience de la chute des corps depuis la tour de Pise est bien connue (il est probable qu'en fait, Galilée n'a jamais fait cette expérience depuis la tour de Pise), son objectif consiste à mesurer le temps de chute de corps de différentes masses et de différentes natures. Galilée arriva à la conclusion (aujourd'hui classique), que ce temps de chute est le même pour tous les corps, quelque  soient leur poids, leur taille et leur nature. En d'autres termes, la vitesse de chute libre est la même pour tous les corps. Cela allait clairement à l'encontre de l'intuition, et Galilée l'expliquait par un raisonnement simple par l'absurde : Supposons qu'un corps plus massif tombe plus vite qu'un corps léger, alors, si on attache à l'aide d'une ficelle une grosse pierre et une petite et qu'on les lâche, la grosse pierre devrait être ralentie dans son mouvement de chute par la petite qui à priori tombe moins vite. Donc le couple petite pierre + grosse pierre tombe moins vite que la grosse pierre toute seule. Or, le couple petite pierre + grosse pierre est plus lourd que la grosse pierre toute seule, et donc devrait en fait tomber plus vite, ce qui est en contradiction avec ce que l'on a dit plus haut en appliquant un autre raisonnement fondé sur la même hypothèse. Cela est donc incohérent, et notre hypothèse de départ est fausse". C'est avec ces intuitions et avec l'utilisation des mathématiques que Galilée a fait basculer la physique dans l'ère moderne.

    Les équations de la physique disent comment ces variables x, A, T changent avec le temps. La première loi physique terrestre trouvée par Galilée décrit comment un objet tombe sur Terre, c'est à dire comment sa hauteur x au-dessus du sol varie au cours du temps t. L'équation du mouvement est: x(t) = 1/2at². Pour découvrir et vérifier cette loi, Galilée    avait besoin de deux mesures:la hauteur x de l'objet et le temps t. Il avait donc besoin d'un un instrument de  mesure du temps : une horloge: "A dix-neuf ans, dans l'église de Pise, debout dans son pourpoint de velours, son petit nez criblé de taches de son, levé vers une lampe qui pend de la voûte, Galilée semble distrait: par moments les portes claquent et la lampe se balance au bout de sa chaîne, parfois un peu largement, parfois très faiblement. C'est curieux! il semble à Galilée que les oscillations durent toujours le même temps. Décidément, il n'écoute pas un mot du sermon. Une deux, une deux, il mesure le temps aux battements de son pouls( les montres alors étaient rares....)."  " Mais ce sera  à Christiaan Huygens (1629-1695), savant et mathématicien hollandais, que reviendra le privilège de construire en 1657 la première horloge viable, réglée par un pendule".  Mais on ne peut qu'être perplexe en écoutant cette légende. Comment Galilée pouvait t-il savoir que ses propres battements avaient tous la même durée, d'autant plus qu'il était ému. Ce n'est que quelques années après Galilée que les médecins ont commencé mesurer les battements du pouls de leurs patients en utilisant leur montre, qui n'était pas autre chose qu'un pendule. Alors, nous utilisons des battements pour nous assurer que des battements sont réguliers. N'est-ce pas un cercle vicieux? Qu'est ce que cela signifie? Cela signifie qu'en réalité nous ne mesurons jamais le temps et soi, mais des variables physiques comme les oscillations d'un pendule ou des battements de coeur etc..... Nous comparons seulement les variables par rapport à une autre, nous mesurons A(B), B(C), C(A) et ainsi de suite. Nous mesurons le nombre de battements du coeur pour chaque oscillation du pendule, le nombre de clics du chronomètre par rapport à l'horloge du clocher etc...C'est par utilité qu'on imagine qu'il existe une variable t, qu'on appelle le "vrai temps", même si on ne peut pas le mesurer directement. Les équations pour les variables physiques sont écrites par rapport à ce "t" inobservable. Elles disent combien les choses changent en "t", c'est à dire, par exemple,  combien de temps prend chaque oscillation du pendule ou chaque battement cardiaque. On peut alors calculer de combien les variables changent l'une par rapport à l'autre. Par exemple, combien de battements comporte une oscillation du pendule et confronter cette prévision avec les observations. Si les prévisions sont justes, on peut en déduire que ce schéma conceptuel est bon et en particulier qu'il est utile de d'introduire la variable temps t, même si on ne peut pas la mesurer directement. Cela signifie que l'existence de la variable temps t est une hypothèse et non le résultat d'observations. La légende a retenu que c'est dans la cathédrale de Pise que Galilée a eu son intuition en observant les lentes observations d'un gigantesque luminaire, encore suspendu là aujourd'hui.

    Mais c'est Newton avec son temps newtonnien qui a compris comment utiliser cette hypothèse; il a éclairci et mis au point ce schéma. Il affirme que si nous ne pouvons pas mesurer le"véritable" temps t, mais que si nous supposons qu'il existe, nous pouvons construire un schéma très efficace pour comprendre et décrire la nature. Cela a conduit au monument qu'est la mécanique et la physique newtonienne avec sa Philosophiae naturalis principia mathematica.

    Nous pouvons maintenant revenir à la gravité quantique, à son état actuel et à l'assertion "le temps n'existe pas". Cette assertion signifie en fait que le schéma qui a inauguré la démarche scientifique avec Galilée et qui a abouti à la physique newtonienne ne fonctionne plus quand on s'approche des dimensions de Planck. Nous devons alors renoncer à ce schéma, car l'idée d'un temps t qui s'écoule en soi et par rapport à quoi tout le reste évolue, n'est plus une idée efficace à l'échelle de Planck. Le monde n'y est pas décrit par des équations d'évolution dans le temps t. Que pouvons-nous faire alors? Carlo Rovelli suggère de nous limiter à lister les variables, A, B, C... qui sont effectivement observées et écrire les relations entre ces variables. Ce sont les équations A(B), B(C), C(A)... que nous observons en fait, alors que nous n'observons pas les relations A(t), B(t), C(t)...Pour revenir à l'exemple du pouls et du luminaire (de Galilée), nous n'aurons pas le pouls et le luminaire qui évoluent dans le temps, mais des équations qui nous disent comment chacun évolue l'un par rapport l'autre. Elles ne parlent pas du temps t de chaque phénomène, mais elles disent directement combien il y a de battements de pouls durant une oscillation du luminaire, sans parler de t. Une nouvelle physique sans évoquer temps est nécessaire pour penser le monde d'une nouvelle manière, non d'une chose qui change avec le temps. En effet, les choses changent seulement les unes avec les autres. L'impression qu'il existe un temps qui s'écoule n'est qu'une approximation que nous "sentons" à nos échelles macroscopiques et qui vient du fait que nous observons le monde que d'une manière grossière. 

    Dans le monde que décrit la théorie, il n'y a pas d'espace que qui "contient" le monde, ni le temps qui nous est familier, au cours duquel se produisent les fait. Mais on trouve des processus élémentaires où des quanta d'espace et de matière interagissent sans arrêt. Nous avons l'illusion d'un espace et d"un temps continus qui est due à la vision floue de ce pullulement de processus élémentaires. Une image peut en être celle d'un lac limpide formé par la danse effrénée de myriades de molécules d'eau... 


    Tout cela me fait réfléchir aux idées du temps que des penseurs tels que Henri BergsonAlfred North Whitehead exprimées dans le livre de Rupert Sheldrake "réenchanter la science" aux éditions "j'ai lu", en particulier au chapitre 4 "La matière est-elle inconsciente -page 184", voir le paragraphe "événement et durée" page 201. Whitehead, dont Bertrand Russel fut l'élève, a écrit avec lui "les Principia Mathematica", une des oeuvres majeures de la philosophie des mathématiques, (1910-1913). Whitehead développa ensuite une théorie de la relativité qui faisait des prédictions quasiment identiques à celles d'Einstein. Il fut le premier philosophe à intégrer les implications radicales de la physique quantique. Il a vu que "la théorie quantique (théorie de la matière-onde) détruisait notre perspective essentiellement spatiale des corps matériels, vus comme des objets existant à certains moments dans le temps mais sans temporalité inscrite en eux. Selon la physique quantique, chaque élément premier de la matière est un système organisa de flux vibratoire." (note 29 page 553). Pour Whitehead, une onde n'existe pas à un instant (t) mais s'inscrit dans le temps; chaque vibration relie le passé et l'avenir. le monde physique n'est pas fait d'objets physiques, mais de véritables entités ou événements, c'est à dire de quelque chose qui arrive, qui a un devenir et qui n'a pas le temps hors de lui, mais en lui. Ce n'est pas une chose, mais un processus. Whitehead écrivait: "Un événement, en se réalisant, déploie une forme qui exige une durée impliquant un écart de temps défini, et pas simplement un moment instantané (note 29 page 553 cité dans Griffin). Cela conduit à la conclusion à laquelle Bergson était déjà arrivé: il n'y a pas de matière intemporelle, les objets physiques sont des processus qui ont en eux le temps, une durée interne. La physique quantique montre qu'il faut un temps minimum aux événements, parce que tout est vibratoire et qu'une vibration ne peut être instantanée. Les éléments fondamentaux de la nature, photons et électrons inclus, sont temporels aussi bien que spatiaux. "Il n'est aucune nature dans un instant" (note 30 page 553)

    Chez Whitehead, on trouve ensuite une vision peut-être plus étonnante et originale, la relation corps-esprit envisagée comme un relation s'inscrivant dans le temps. Ordinairement, on la conçoit comme une relation spatiale: l'esprit se situe dans le corps alors que le monde physique se trouve au-dehors. Même du point de vue matérialiste, l'esprit est littéralement "au-dedans", au-dedans du cerveau, isolé dans l'obscurité du crâne. Il a une vie intérieure, alors que le reste du corps et le monde sont "au-dehors". Mais, à l'opposé, pour Whitehead, l'esprit et la matière sont reliés. C'est le temps et non l'espace qui est la clé de leur relation. Ce qui est réel consiste en moments, chaque moment informant le suivant. Il faut ressentir la différence entre le maintenant et les moments passés et futurs. Chaque réalité est un moment d'expérience qui devient un moment du passé quand il prend fin et devient un nouveau sujet d'expérience quand il est remplacé par un nouveau "maintenant". Le moment qui vient d'expirer devient et qui est devenu un moment du passé devient un objet pour le nouveau sujet (maintenant)... C'est ce qui fait dire à Whitehead "Maintenant sujet, ensuite objet(note 31 page 553 cité par  -Christian de Quincey). L'expérience concerne toujours le "maintenant". La matière, elle, est toujours "avant". La causalité physique, comme dans la physique classique est le lien qui va du passé au présent. Le lien qui va du présent vers le passé est la sensation, que Whitehead nomme "la préhension", c'est à dire littéralement la prise ou la saisie.

    Selon Whitehead, tout événement, toute circonstance réelle est donc déterminée par des causes physiques passées (causalité physique) et par un sujet créateur et "rénovateur de lui-même" qui choisit à la fois son propre passé et ses futurs potentiels. Il sélectionne les aspects du passé qu'il intègre dans le présent à son être physique par ses préhensions et il choisit les possibilités qui déterminent son avenir. Ses souvenirs sélectifs le relient à son passé et ses choix déterminent son avenir. Et ceci, toujours selon Whitehead, concerne tous les processus tels que les événements quantiques; ils sont à la fois physiques et mentaux: ils ont une direction temporelle. Cela ne veut pas dire que les atomes ont ont la même conscience que les êtres humains, mais qu'ils ont des expériences, des émotions et des sentiments qui sont de fait plus fondamentaux que la conscience humaine. Tour événement mental est informé et conditionné causalement par les événements matériels et ceux-ci sont eux-mêmes composés d'expériences passées. La "connaissance", pense whitehead, peut advenir uniquement parce que "le passé afflue dans le présent" et lui donne forme et structure en permettant au sujet de choisir parmi les possibilités qui aident à déterminer son futur (note 32 page 553 -cité par de Quincey).

    La philosophie de whitehead est difficile à suivre en particulier dans son livre Procès et Réalité. "Celui-ci fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell et qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience (3'4). Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d'en extraire l'expérience (5). Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l'organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité (6), que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».Ses idées ouvrent des perspectives intéressantes sur la relation temporelle entre matière est esprit même si elles sont très abstraites. L'un de ses vulgarisateurs actuels est Christian de Quincey qui a été évoqué ci-dessus dans les notes. Voici ce qu'il dit de ses idées: "Pensez à la réalité comme faite d'innombrables milliards de milliards de "moments-bulles" où chaque bulle est la fois physique et mentale -une bulle ou quantum d'énergie sensible. [...] Chaque bulle existe pendant un moment puis clac! et le "gaz" qui en résulte est le "truc" objectif qui compose le prochain moment-bulle. [...] Le temps est notre expérience de la succession des bulles momentanées d'être (ou de devenir) qui éclatent en entrant et sortant du moment présent (de maintenant). Nous ressentons cette succession de moments comme le flux du présent glissant dans le passé, sans cesse réalimenté par de nouveaux moments de "maintenant" venus d'une source intarissable que nous identifions le futur. [...] Le futur n'existe pas, sinon comme potentiels ou possibilités dans le moment présent - dans l'expérience qui - est toujours conditionné par la pression objective du passé (le monde physique) La subjectivité, (la conscience, l'attention), est le "ce-que-ça-fait " d'expérimenter ces possibilités et de choisir à partir d'elles de créer le nouveau moment d'expérience suivant (note 33 page 553). En fait la relation entre l'expérience consciente et le temps a fait l'objet d'expériences scientifiques aux résultants intrigants (voir le chapitre 4 du livre de Sheldrake "réenchanter la science"  paragraphe  -expérience consciente et activité cérébrale pages 205 à 208 et pages 208 à 212 -Esprit conscient et inconscient").

    Après cet intermède sur cette vision du temps, examinons le paragraphe suivant de ce chapitre 7 du livre de Carlo Rovelli, "le temps n'existe pas". 

     

    Remarque - Bergson et le temps:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson#La_durée: Bergson oppose durée de la conscience et temps scientifique)

    http://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1912_num_19_75_2025: La notion bergsonnienne du temps. L'espace est défini par quantité et homogénéité, donc mesurabilité. Le temps, au contraire est défini par qualité pure et hétérogénéité, exclusive de toute quantité, homogénéité et mesurabilité. La durée pure n'est qu'une succession de changements qualitatifs qui se fondent et se pénètrent sans contour précis)

    https://philitt.fr/2015/11/13/henri-bergson-la-duree-comme-conception-intuitive-du-temps/: Bergson regarde la durée comme conception intuitive du temps. Alors qu'Aristote exprimait déjà l'idée de mesurabilité du temps dans la Physique lorsqu’il écrivait que le temps était « le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur »À sa suite, les scientifiques appréhendent le temps sous forme de simples équations et ne peuvent donc pas le saisir dans sa complexité et dans ce que Bergson appellera sa durée.)

    http://jeanjaures.over-blog.fr/article-le-temps-selon-bergson-1-61815320.htmll

     

    4) Sushis d'espace-temps.

    fig.1 wukali.com: le temps passe t il? discours thibault damour

    Comment s'appliquent ces idées d'une physique sans temps à la gravité quantique, alors qu'il n'y a ni l'espace contenant le monde, ni le temps au cours duquel le monde évolue? Il faut alors se demander comment se situent les processus physiques normaux dans l'espace et dans le temps. Prenons un processus, par exemple le choc de deux boules de billard, une boule rouge lancée sur une boule bleue. La rouge s'approche, heurte la bleue, et les deux boules s'éloignent dans deux directions opposées. Ce processus advient dans une zone finie de l'espace, par exemple sur une table de 2 m de côté et dure un intervalle de temps de de 3 s. Pour le traiter selon la gravité quantique, il faut inclure l'espace et le temps dans le processus comme indiqué sur la fig. 1 ci-contre et tous les objets matériels qui sont dans cette région (ici la table de billard). Rappelons qu'espace et temps sont un champ gravitationnel (le mollusque d'Einstein), que nous devons donc inclure dans le processus. Tout est intégré dans ce fameux mollusque d'Einstein. Imaginons qu'on en découpe une portion finie, telle un morceau de sushi, portion qui comprenne le choc des des  boules et ce qu'il y a autour. Nous obtenons la boite d'espace-temps telle qu'on peut la représenter par la fig1, c'est à dire un morceau fini de d'espace-temps de quelques mètres cubes de volume durant quelques secondes de temps. Mais, souligne Rovelli, ce processus ne se produit pas dans le temps.  En effet, la boite n'est pas dans l'espace-temps, elle inclut l'espace-temps et le processus ne se déroule pas dans le temps, de même que les grains d'espace ne sont pas dans l'espace. En fait, le processus est "en soi" le déroulement du temps, de même que les quanta de gravité ne sont pas dans l'espace, car ils sont eux-même l'espace.

    Pour comprendre comment fonctionne la gravité quantique, il faut ne pas considérer que la processus physique des deux boules de façon réductionniste, mais le processus dans son intégralité avec la boite et tout ce qu'elle contient, y compris le champs gravitationnel. L'intuition originelle de Heisenberg est que la mécanique quantique ne nous dit pas ce qui se passe au cours d'un processus, mais qu'elle ne peut parler que de la probabilité qui lie les différents états initiaux et finaux de ce processus. Ils sont donnés par tout ce qui se produit au bord de la boite d'espace-temps. Ce bord est par exemple la probabilité que les deux boules sortent de la collision de telle ou telle façon selon qu'elle y sont entrées de telle ou telle façon. C'est ce que les équations de la gravité quantique à boucles donnent, la probabilité associée à tout bord de la boite possible. En gravité quantique, les probabilités peuvent être calculées de la même manière que la somme sur les chemins (l'intégrale de chemins) pour les diagrammes de Feynman, c'est à dire en considérant tous les parcours possibles qui ont le même bord. Comme nous considérons ici la dynamique de l'espace-temps, il s'agit donc de tous les espace-temps possibles de la boite qui ont le même bord. En mécanique quantique, il n'y a pas un espace-temps précis ou un parcours défini des boules entre le bord initial où entrent les deux boules, et le bord final, où elles sortent, mais une sorte de "nuage" quantique, dans lequel existent à la fois tous les espaces-temps possibles et tous les chemins possibles.La probabilité de voir sortir les boules de telle ou telle façon est calculée, comme dans la méthode de Feynman (intégrale de chemin), en faisant la somme de tous les espaces-temps possibles.Voir note 4 page 170: "Les premiers calculs importants sur les collisions gravitationnelles de particules avec des techniques de mousses de spin (voir paragraphe suivant) on été complétés par Emmanuele Alesciqui travaille actuellement en PologneClaudio Perini et Elena Magliaro , contraints d'abandonner la recherche théorique à cause du petit nombre de postes de recherche (liste des chercheurs gravité quantique).

     

    5) Mousses de spins.

    __________________________________________________

    fig 1. http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

    figure 1 à gauche, un graphe formé de noeuds reliés par des liens

     et à droite les grains d'espace que le graphe représente. 

    Dans l'article 1), nous avons vu que l'espace quantique a la structure d'un réseau voir comme exemple la fig. 1 ci-contre (réseaux de spin). Mais quelle structure un espace-temps quantique aura t-il? Comment sera un de ces espaces-temps qui entrent dans le calcul dont nous venons de parler? Ce sera une histoire (consistante au sens de David J Griffith), c'est à dire un chemin (au sens de Feynman) du réseau. C'est le problème de la mesure quantique qui a amené David Griffith a proposer l'interprétation des histoires consistantes de la mécanique quantique pour faire disparaître les paradoxes. Il n'y aurait plus de problème de non-localité, de superposition d'états, de rétro-causalité

    Imaginons que l'on déplace un réseauChaque sommet va décrire une ligne, (comme les deux boules de la fig 1 du chapitre 4), et chaque ligne, en se déplaçant, dessinera une surface de même qu'un segment va créer un rectangle. Mais un nouveau phénomène apparaît, nous dit Carlo Rovelli, un sommet peut s'ouvrir en deux ou plusieurs sommets, de même qu'une particule peut se décomposer en deux ou plusieurs particules. Et comme les particules, deux ou plusieurs sommets peuvent se recombiner en un seul. Dans le schéma ci-dessous, trois sommets (à droite) se combinent en un seul, avant de se séparer à nouveau. A gauche, en couleurs, la "mousse de spin" que ce processus dessine. 

    fig. 2 http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm: mousses d'espace-temps

     

    Le triangle orange représente deux noeuds en cours de fusion à partir d'un point vertex interne sur l'arête commune des faces rouge et bleue.

    C'est une mousse parce qu'elle est faite de surfaces qui se coupent selon des lignes qui se recoupent aux sommets.  C'est exactement la structure de la mousse de savon où les bulles se rencontrent elles-aussi sur des lignes qui s'unissent aux sommets comme on peut le voir sur la fig. 3 ci-dessous.

     

    fig 3. http://www.funsci.com/fun3_fr/coll/coll.htm (phénomènes de surface et colloïdes)

    On l'appelle mousse de spin car les lignes du réseau de spin sont "labellisés" par des spins qui sont, comme on l'a vu des nombres semi-entiers, donc les faces sont aussi "labellisées par des spins. Pour calculer les probabilités d'un processus, il faut, comme on l'a dit dans le chapitre 4, additionner toutes les mousses de spins possibles qui sont dans la boite, c'est à dire qui ont le même bord où le  bord représente le réseau de spins et la matière qui entre et sort du processus. Les équations de la gravité quantique à boucles expriment ces probabilités qui sont finalement des sommes sur les mousses de spins à bord déterminé. De cette manière, on peut, en principe, calculer les probabilités de tous les événements. 


    Rappel sur les théories quantiques des champs qui constituent le modèle standard des particules élémentaires.

    fig. 4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Feynman

     

     A un premier genre appartient l' électrodynamique quantique  (QED) construite par Feynman, une des composantes du modèle standard. Pour y faire des comptes, on calcule des nombres associés aux diagrammes de Feynman (voir fig.4 ci-dessus).

    La figure représente deux particules, ici des électrons, qui interagissent entre eux. Au début, l'électron de gauche se "dégrade" en deux particules (électron et photon), dont l'une (le photon) se divise à son tour en deux particules (un positon et un électron), qui en suite se réunissent à nouveau et vont confluer dans l'électron de droite et ainsi de suite. C'est une histoire de quanta de champ telle que nous l'avons évoquée au début de ce chapitre 5. 

     

    Un deuxième genre de théorie quantique de champ est illustré par la chromodynamique quantique (QCD) qui décrit, par exemple les forces entre les quarks à l'intérieur du proton. E QCD, il est souvent difficile, voire impossible, d'appliquer la technique des diagrammes de Feynman, mais on peut appliquer une autre technique, "la théorie du réseau". Il s'agit de modéliser l'espace physique continu à l'aide d'un réseau, comme représente dans la fig. 5.

    fig. 5 https://fr.wikipedia.org; réseau (géométrie)

    Mais dans le cas de la gravité quantique, ce réseau n'est pas considéré comme une vraie description de l'espace mais comme une approximation utile pour effectuer les calculs (modélisation par un nombre fini d'éléments).  Voir à ce sujet le chapitre 5 sur le lien QCD sans peine ci-dessous.
    http://www.th.u-psud.fr/page_perso/Pene/Ecole_predoctorale/joliot.pdf (QCD SANS PEINE ECOLE INTERNATIONALE JOLIOT CURIE DE PHYSIQUE NUCLEAIRE)
    et le lien https://indico.in2p3.fr/event/322/contributions/26390/attachments/21330/26160/pierreantoine.pdf (méthodes de calcul en QCD sur réseau)
     ]
    Ces deux techniques de calcul, les diagrammes de Feynman et le calcul sur réseau pour la QCD, sont les outils les plus efficaces pour la théorie quantique des champs. Une heureuse surprise se révèle en gravité quantique, les deux techniques s'y confondent car la mousse d'espace-temps (voir la fig. 2 chapitre 5) qui sert à calculer les processus physiques en gravité quantique peut s'interpréter soit comme un diagramme de Feynman, soit comme un calcul sur réseau.
    C'est un graphique de Feynman, une histoire de quanta, mais en gravité quantique, il ne s'agit plus de quanta évoluant dans l'espace, mais des quanta d'espace "en soi". La graphe qu'ils dessinent dans leurs interactions n'est plus une représentation du mouvement des quanta (les particules) dans l'espace, mais une représentation de la trame de l'espace même (le quantum d'espace lui-même). Et cette trame est aussi un réseau comme celui qui est utilisé dans les calculs en QCD. Il ne s'agit plus maintenant d"une approximation mais de la structure réelle granulaire de de l'espace aux plus petites échelles. Il s'avère que les calculs en QED (diagrammes de Feynman) et et QCD (calcul sur réseau), sont des cas particuliers d'une technique générale, qui est la somme sur les mousses de spins de la gravité quantique. Voici maintenant en Page 175 fig. 7.7 du livre de Carlo Rovelli, similaires à l'équation d'Einstein 
    R_{{\mu \nu }}\ -\ {\frac  {1}{2}}\,g_{{\mu \nu }}\,R\ +\ \Lambda \ g_{{\mu \nu }}\ =\kappa T_{{\mu \nu }},l'ensemble complet des équations qui décrivent la théorie:

    1) HGAMMA = L2[SU(2)L/SU(2)N]

    2) [Lai,Lbj] = iδabεkijLak

    3) (PSL(2C)oYyΨν)(I)


    1) Cette équation définit l'espace de Hilbert de la théorie. Voir ex chap 2.2.1 de https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf  

    2) définit l'algèbre des opérateurs de la théorie.

    3) définit l'amplitude de transition à chaque sommet de la mousse de spins, ce qui permet de calculer les probabilités comme dans les diagrammes de Feynman. Voir la fig. 2 de ce chapitre 5 où 3 sommets se recombinent en un seul et où on voit, à gauche et en couleurs, la "mousse de spins" que ce processus dessine. L'amplitude de transition déterminée par cette mousse est un (2-complex), où le triangle de la fig. 6 ci-dessous représente deux noeuds en cours de fusion à partir d'un vertex interne. Après la fusion, on constate que c'est la disparition d'un quantum d'espace qui produit le temps. Nous sommes bien en présence de la plus petite entité de temps, le quantum de temps.

    fig 6 http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

    Ces équations sont la version mathématique de la description du monde que propose la théorie. Mais, dit Rovelli, "nous ne sommes pas sûrs qu'il s"agisse vraiment des bonnes équations... mais c'est, me semble-t-il, ce que pour l'instant nous comprenons le mieux". 

    En résumé, l'espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L'espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d'un réseau de spins, c'est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l'origine de l'espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d'espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

     

    6) De quoi le monde est-t-il fait?

    Nous en sommes arrivés au point où l'espace de fond tel qu'on le connait a disparu, le temps a disparu ainsi que les particules et les champs classiques. 

    Depuis Newton, le monde a évolué:

    Newton:                          Espace  Temps                            Particules

    Faraday-Maxwell:          Espace  Temps                       Champs  Particules

    Einstein 1905:                Espace-temps   Champs                       Particules

    Einstein 1915:                Champs covariants                                Particules

    Mécanique quantique:  Espace-temps                        Champs quantiques          

    Gravité quantique:                            champs quantiques covariants

     

    L'aboutissement de cette évolution est que les particules sont des quanta de champs quantiques, l'espace n'est qu'un champ, lui aussi quantique. On vient de voir que le temps naît à partir de des processus de ce même champ. Autrement dit, le monde est entièrement fait de champs quantiques. Comme nous l'avons vu, ces champs ne se situent pas dans l'espace-temps. Ils vivent "les uns sur les autres", de façon comparable aux états de superposition quantique, des champs sur des champs. L'espace et le temps que nous percevons à grande échelle sont l'image floue et approchée d'un de ces champs quantiques, le champ gravitationnel. Ils vivent en eux-mêmes, sans avoir besoin d'un espace-temps qui leur serve de substrat. Ils sont appelés champs quantiques covariants et sont capables d'engendrer l'espace-temps. Ainsi, le monde, les particules, l'énergie, l'espace et le temps ne sont que la manifestation de cette entité, le champ quantique covariant. Pour Carlo Rovelli, c'est sans doute la meilleure description que nous ayons aujourd'hui de la substance primordiale qui forme le tout, conçue par le premiers savant et philosophe Anaximandre, l'apeiron ("L'apeiron (en grec ancien ἄπειρον / apeiron) est un concept philosophique présenté la première fois par Anaximandre au vie siècle av. J.-C. ( voir La Parole d'Anaximandre ) pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l'école milésienne. Thalès voyait en l'eau le principe originel, la substance de toute chose. Pour Anaximandre, c'est l'apeiron, qui signifie illimité, indéfini et indéterminé, qui est le principe et l'élément de tout ce qui existe. L’apeiron est inaccessible à la sensibilité, mais il doit exister. Il est nécessaire pour expliquer l’existence de tout ce que nous percevons. Il ne peut posséder de qualité déterminée et n'est désigné que négativement"). Werner Heisenberg a pu déclarer dans Physique et Philosophie": "Toutes les particules élémentaires pourraient se réduire à une substance universelle que nous pouvons appeler énergie ou matière; mais aucune de ces diverses particules ne pourrait être préférée aux autres comme étant plus fondamentale. Ce dernier point de vue correspond naturellement à la doctrine d'Anaximandre, et je suis convaincu qu'en physique moderne, c'est ce point de vue qui est le bon."

    Nous en sommes maintenant au point où on peut aller au-delà de l'apparente contradiction entre l'espace continu et courbe de la relativité générale et les quanta discrets de la mécanique quantique qui vivent dans un espace plat et uniforme. Entre le  continuum de l'espace temps  et les quanta d'espace discrets il y a une relation qu'on peut comparer à celle qui existe entre les ondes électromagnétiques et les photons. On peut dire que les ondes sont une vision approximative à grande échelle des photons et les photons sont la façon les ondes interagissent. De même, l'espace et le temps continus sont une vision approximative à grande échelle de la dynamique des quanta de gravité qui sont eux-mêmes la façon dont l'espace et le temps interagissent. Les mathématiques décrivent le champ gravitationnel quantique de même que les autres champs quantiques. 

    Mais le prix à payer, c'est qu'il faut conceptuellement renoncer à notre vision habituelle de l'espace et du temps comme structures générales dans lesquelles penser et intégrer le monde et ne voir l'espace et le temps que comme des approximations qui n'apparaissent qu'à grande échelle. Kant, avec sa théorie de la connaissance, pensait avec raison que le sujet de la connaissance et son objet sont inséparables, mais il regardait à tort le temps et l'espace comme des formes a priori de la connaissance c'est à dire des parties d'une grammaire indispensable pour comprendre le monde.

    En fait, si on regarde en profondeur, la relativité générale et la mécanique quantique ne sont pas tant dans la tension qu'on décrit généralement, elles se parlent plutôt et se donnent la main. Les relations spatiales qui tissent l'espace courbe d'Einstein (continuum à notre échelle), sont les interactions qui tissent les relations entre les systèmes élémentaires de la mécanique quantique. Elles deviennent compatibles comme les deux faces "d'une même médaille" quand on pense l'espace et le temps comme deux aspects d'un champ quantique, qui peuvent exister sans avoir besoin du support d'un espace externe.  

    Le principal avantage de cette physique, comme nous le verrons dans dans la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, c'est que les infinis qui embarrassaient la théorie quantique des champs disparaissent lorsqu'on ne fait plus l'hypothèse que l'espace est continu. Les singularités qui rendaient absurdes les équations d'Einstein quand le champ gravitationnel devenait trop grand (la courbure tend alors vers l'infini) disparaissent également. Elles venaient du fait qu'on négligeait la quantification du champ. 

     

    En conclusion de cet article. 

    Dans l'article suivant, consacré à la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, nous verrons quelques conséquences physiques de cette théorie. On peut sans doute difficilement s'imaginer et penser ces entités discrètes qui ne sont ni dans l'espace, ni dans le temps et qui pourtant tissent l'espace et le temps par leurs relations. Mais n'en n'était-il pas de même quand Anaximandre déclarait:que sous nos pieds il n'y avait sans doute que le même ciel que celui que nous voyons au-dessus de nos têtes (Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent )? Ou  d'Aristarque de Samos qui a découvert, en mesurant la distance de la lune et du soleil, que ces objets sont très éloignés et qu'il ne s'agit pas de petites boules, mais d'astres gigantesques? Ou enfin de Hubble quand il a compris que les petits nuages au milieu des étoiles sont en fait d'immenses mers d'étoiles immensément lointaines?  

    Avec Carlo Rovelli on peut conclure ce chapitre "le tempe n'existe pas": "Le monde n'a cessé de s''élargir autour de nous pendant des siècles. Nous voyons plus loin, nous le comprenons mieux et demeurons stupéfaits devant sa diversité, toujours plus vaste que ce que nous pouvons imaginer, et devant le caractère limité des images que nous en avons. En même temps,  la description que nous parvenons à en donner devient plus restreinte, mais aussi plus simple. Nous sommes des petites taupes aveugles sous la terre, qui savent peu, voire rien du monde, mais nous continuons à apprendre".

    "Tout le récit qu'ils nous ont fait de cette nuit [...] est plus convaincant que de fantastiques visions;  - il a le caractère d'une grande consistance, - tout étrange et tout merveilleux qu'il est. " William ShakespeareLe songe d'une nuit d'été.

    Mon prochain article s'intitulera: Au-delà de l'espace et du temps.

     

    Liens chapitre 5:

    http://www.crdp-strasbourg.fr/je_lis_libre/livres/Shakespeare_LeSongeDUneNuitDEte.pdf (William Shakespeare "le songe d'une nuit d'été")

    https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1958-v14-n1-ltp0952/1019959ar.pdf (Mythe et Philosophie chez Anaximandre1 « Anaximandre affirme que le principe et l’élément des êtres est Yapeiron. Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027 (Pourquoi il n’y a pas de trajectoire du mouvement des particules en physique quantique ?)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38 (Matière et lumière dans le vide: Les particules n’accèdent à l’existence dans le monde ordinaire que grâce à un processus de création-annihilation dans ce plein qu’est le vide)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article447 (Où en est l’unification quantique/relativité)

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/cosmologie-quantique-boucles-ou-145248  (par Bernard Dugué (son site) Cosmologie quantique, boucles ou cordes, la fin du monde moderne est-elle en vue)

    http://www.forum-conquete-spatiale.fr/t17651-equation-de-schrodinger-et-test-de-quantification-du-champ-gravitationnel
    Equation de Schrödinger et test de quantification du champ gravitationnel Sam 16 Avr 2016 

    Deux papiers trouvés sur arXiv.org au grès de mes pérégrinations, décrivant une proposition d'expérience avec un dispositif optique et mécanique pour trancher si les champs gravitationnels peuvent être quantifiés ou pas (il s'agirait d'un micro-disque supraconducteur en osmium). Langue de Shakespeare et solide bagage mathématique exigés...

    Optomechanical test of the Schrödinger-Newton equation (PDF)

    Effects of Newtonian gravitational self-interaction in harmonically trapped quantum systems (PDF)

    Un article explicatif sans maths, mais avec quelques graphiques de niveaux d'énergies d'un système quantique perturbé par une interaction gravitationnelle faible :

    A newly proposed table-top experiment might be able to demonstrate that gravity is quantized

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (mousses de spins en gravité quantique)

    https://sciencetonnante.wordpress.com/2016/09/02/la-gravite-quantique-a-boucles/ (la gravité quantique à boucles)
    http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (la gravité quantique à boucles)
    http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm (la théorie de la gravitation quantique à boucles)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Chromodynamique_quantique_sur_r%C3%A9seau (chromodynamique quantique sur réseau)

    https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf (Boucles et Mousses de Spin en Gravité Quantique)

     http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/02electrofaible/II.htm (introduction à l'électrodynamique quantique) http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/05jauge/jauge4.htm (la chromodynamique quantique)
    http://gps.ijl.univ-lorraine.fr/webpro/chatelain.c/GroupeM/Colloque-Mars09/PDF/GCohenTannoudji.pdf (Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard Gilles Cohen-Tannoudji - l'intégrale de chemins) 

    https://www.belial.fr/o/blog/l-enigme-de-l-univers (Sur l'île artificielle d'Anarchia, située en plein Océan pacifique, se déroule un colloque durant lequel doit être présentée la Théorie du Tout, censée décrire et expliquer l'Univers à l'aide d'outils mathématiques. Un journaliste scientifique, envoyé pour couvrir l'événement, va se retrouver mêlé à une intrigue d'une grande complexité, riche en considérations philosophiques et métaphysiques, qui débouche, comme toujours chez Greg Egan, sur une vision mécaniste, une sorte de « behaviorisme quantique » aux implications vertigineuses) Greg Egan

    http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (de la gravitation quantique à boucles par carlo rovelli) 

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions David Louapré)

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)

    https://arxiv.org/pdf/hep-th/0601129.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)

    http://inspirehep.net/record/871199/files/Valentin_Bonzom-thesis-Quantum_Geometry_in_Spin_Foams-Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité généraleFrom_the_topological_BF_theory_towards_general_relativity.pdf (Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité générale  thèse de Valentin Bonzomà


    Les champs:

    http://www.astrosurf.com/luxorion/quantique-champ.htm (le concept de champ)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_quantique_des_champs#Champs_quantiques (champs quantiques: La façon dont la théorie des champs fut introduite par Dirac à partir des particules élémentaires est connue pour des raisons historiques sous l'appellation de seconde quantification)

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/seconde-revolution-quantique-les-141982  (Seconde révolution quantique : Les particules et les champs n’existent pas ! La « déchirure ontologique » dans la matière et la revanche de Platon par Bernard Dugué)

    http://lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com/2014/12/les-champs-quantiques-informationnels-substrats-de-l-univers.html (Les champs quantiques informationnels, substrat de l'univers)

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139918943449942.pdf (Théorie quantique des champs)

    https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_relat-gene/impression.html (Le continuum espace-temps de l'univers)

    http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html (Pourquoi les physiciens recourent t-ils à la notion d'émergence? premier exemple de la survenue de la notion d’émergence celui relatif à la théorie de la gravité quantique à boucles telle qu’elle est présentement développée par Carlo Rovelli. Il écrit : « Il n’y a pas de temps dans la gravité quantique à boucles… Qu’est-ce donc enfin que le temps, et son « écoulement ?» « Le temps doit émerger (sic), comme l’espace, du champ gravitationnel quantique[1]. » Selon l’auteur, les raisons pour lesquelles l’espace et le temps ne résultent que d’un processus émergent, c’est qu’ils ne sont pas réels car selon lui le monde est fait de champs quantiques invariants)



    Liens chapitre 3 et 4:

    https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2017-3-page-503.htm (réenchanter la science, résumé synthétique)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_et_r%C3%A9alit%C3%A9 (Procès et réalité : Essai de cosmologie: oeuvre de Whitehead, 1929. Elle fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience 3'4. Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d'en extraire l'expérience5. Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l'organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité6, que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».

    http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Whitehead_Proces.htm (le procès)

    https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2012-1-page-81.htm (Alfred North Whitehead précurseur des théories de l’auto-création par Alain Beaulieu)

    https://noesis.revues.org/1628  (Whitehead et les pères fondateurs de la mécanique quantique

    Sébastien Poinat)

    https://www.academia.edu/10340393/Espace_et_relativit%C3%A9_restreinte_selon_A._N._Whitehead (Jean-Pascal Alcantara ESPACE ET RELATIVITÉ RESTREINTE DANS LA PHILOSOPHIENATURELLE  D'AN WHITEHEAD)

     

    https://www.academia.edu/7514278/G%C3%B6del_et_Whitehead_monadologie_et_th%C3%A9orie_de_la_relativit%C3%A9 (Gödel et Whitehead: monadologie et théorie de la relativité)

    http://www.eoht.info/page/Christian+de+Quincey (En philosophie , Christian de Quincey (1955-) est un philosophe américain connu son livre de 2002, Radical Nature, dans lequel il affirme que la conscience , l' esprit et l' âme descendent tout le long de l' échelle  évolutive jusqu'aux atomes et molécules et au-delà. et ce faisant, il tente de dissiper le point de vue matérialiste du «désintérêt de la matière», cette matière inerte et « morte », ce qui entraîne un dialogue entre les écoles de pensée matérialiste et dualiste. 

    https://trans4mind.com/counterpoint/index-new-age/quincey.shtml (Conscience: Vérité ou Sagesse

    Par Christian de Quincey)

    https://www.facebook.com/ChristiandeQuincey.ConsciousnessforLife/

    https://lesbrindherbes.org/2015/03/07/voir-le-monde-autrement-les-champs-morphogenetiques-de-r-sheldrake/ (Voir le monde autrement : Les« champs morphogénétiques »  de R. Sheldrake)

    https://noesis.revues.org/1637 (Devenirs et individuations. L’hommage de Whitehead à Bergson

    Didier Debaise)

    https://www.cairn.info/revue-philosophique-2006-1-page-7.htm (La vie perceptive selon Whitehead parMaurice Élie. Le procès étant celui des « sentirs », et les sentirs étant des préhensions « positives » [5][5] « Les “préhensions négatives” [...] “excluent du sentir”...., une forme de perception est déjà présente dans ce jeu de saisiesmutuelles des entités atomiques les unes par les autres ; la perception est une espèce dont la préhension est le genre [6][6] Dans un passage de Procès et réalité, Whitehead finit.... Percevoir, c’est prendre et recevoir avant de comprendre)

    https://www.memoireonline.com/09/11/4817/m_Lheritage-leibnizien-dans-la-cosmologie-dAN-Whitehead11.html (Leibniz considère que le monde est composé de monades et Whitehead d'entités actuelles auxquelles s'ajoutent les objets éternels. Les relations événements à événements se font par ce que Whitehead nomme «les préhensions ». Les entités actuelles sont douées de « préhensions » c'est-à-dire de saisies, de captures, de sentirs, de feelings.

    « J'emploierai donc le mot « préhension » dans le sens d'appréhension non cognitive)

    http://www.inif.ucr.ac.cr/recursos/docs/Revista%20de%20Filosof%C3%ADa%20UCR/ACTAS%20CONGRESO%20DE%20FILOSOFIA/(5)%20whitehead/I.%20whiteheads%20theory%20of%20prehension.pdf (WHITEHEAD'S THEORY OF PREHENSION CHARLES HARTSHORNE)

    http://ppquimby.com/alan/prehen.htm (La Préhension de Whitehead par Alan Anderson)

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01273419/document (Deleuze et Whitehead : une étude comparative de leur métaphysique, empirisme transcendantal et empirisme spéculatif Moon Kyo Lee)

    http://nicolasbaier.com/pages/Prehension_2.html («La vraie question philosophique est : comment un fait concret peut-il manifester des entités abstraites de lui-même, auxquelles cependant il participe par sa propre nature ?» Alfred North Whitehead, Procès et réalité)

    http://www.philopsis.fr/IMG/pdf/whitehead_proces_et_realite_fait_et_forme.pdf (Le monde Whitehead, Procès et réalité, « Fait et forme » Bertrand Saint-Sernin)

    https://methodos.revues.org/527 (Isabelle Stengers, Penser avec Whitehead)

    https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2002-4-page-511.htm (Whitehead et la subjectivité parXavier Verley)

    http://www.christiandequincey.com/ (the wisdom academy)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Interpr%C3%A9tation_transactionnelle_de_la_m%C3%A9canique_quantique (L'interprétation transactionnelle de la mécanique quantique TIQM) est une interprétation qui décrit les interactions quantiques sous la forme d'une onde stationnaire formée par la combinaison d'une onde précédant la particule (en avance dans le temps) et d'une onde suivant la particule (en retard dans le temps), elle décrit tout évènement quantique comme étant une « poignée de main » entre l’onde avancée et l’onde retardée. proposée pour la première fois par John G. Cramer en 1986. Il indique que cette façon de voir les choses est plus intuitive, évite le problème philosophique du rôle de l'observateur dans l'interprétation de Copenhague, et résout divers paradoxes quantiques1 L'existence d'ondes avancées et retardées en tant que solutions admissibles aux équations de Maxwell fut déjà proposée par Richard Feynman et John Archibald Wheeler en 1945 voire la théorie de l'absorbeur de Wheeler et Feynman)

     

    Liens sur le temps:

    http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b12c5.php (ETIENNE KLEIN  Le temps de la physique [1])

    https://www.drgoulu.com/2008/12/24/la-nature-du-temps-2/#.Wb5t08irSCg (Dr goulu: la nature du temps)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilatation_du_temps

    http://fondationdenisguichard.com/spip.php?article98 (Anoine Suarez : libre arbitre, conscience intermittente et physique quantique "Dans le monde quantique, le concept de temps n’a pas de sens. Les lois de conservation qui règlent le monde matériel (conservation de l’énergie) exigent qu’il y ait une coordination non locale qui vienne de l’extérieur de l’espace temps" : à partir de ce constat issu de résultats expérimentaux, Antoine Suarez développe des hypothèses sur l’interaction de la conscience avec ces phénomènes).

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00004283/document (Galilée et la mathématisation du mouvement Michel Paty

    https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (théorie de la relativité de galilée)

    http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-relativite-restreinte-naissance-espace-temps-509/page/3// (galilée et la relativité galiléenne)

    http://www.aim.ufr-physique.univ-paris7.fr/CHARNOZ/homepage/GRAVITATION/grav4.html  (Galilée (1564-1642)

    https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (la théorie de la relativité de... galilée)

    http://www.philocours.com/cours/cours-galilee-experimentation.htm (galilée et l'expérimentation scientifique. Héritier de platon?)

    http://www.astrosurf.com/quasar95/exposes/huygens.pdf (CHRISTIAAN HUYGENS (1629-1695) Mathématicien, physicien et astronome)

    http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287 (le temps selon newton et einstein)

    https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique

    Alexis de Saint-Ours)

    http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (et si le temps n'existait pas?)

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-relativite-d-einstein-n-est-pas-162829 (la relativité d’Einstein n’est pas la bonne théorie pour décrire le cosmos et la gravité

    par Bernard Dugué (son site)) 

    http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/03/le-temps-n-existe-pas.html (Le temps continue à s’écouler dans l’avenir, mais s’il n’existait pas réellement? Tout dans l’univers à ce moment précis et le temps n’existe pas, du moins selon la théorie quantique. L’idée que le temps s’écoule est en fait assez absurde)«On constate que le temps disparaît de l’équation Wheeler-DeWitt »

    http://www.elishean.fr/le-temps-nexiste-pas/ (le temps n'existe pas au niveau macroscopique)

    http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287  (le temps selon newton et einstein)


    Galillée, newton, kant et la reconnaissance du temps par http://lesmaterialistes.com/ (il y a 21 parties)

    http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-1e-affirmation-laique-science  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l'espace et du temps – 1e partie : l'affirmation laïque de la science)

    http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-galilee  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l'espace et du temps – 2de partie : Galilée)

     

     Liens: Télécharger l'entretien de Simone Speziale sur la gravité quantique à boucles: http://podcast.quadriviumradio.com/physique/simone-speziale/

     

    C. Rovelli, S'affranchir du temps, Pour la Science - N°397 - novembre 2010.

     

    L. Smolin, Des atomes d'espace et de temps, Pour la Science N°316 - février 2004.

     

     

    Gravité quantique à boucles: des atomes d'espace aux trous noirs par Simone SPEZIALE

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Carlo Rovelli par-delà le visible

    Mon article 1: Espace quantique et temps relationnel.

     

    Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

     

    *


    http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n'existait pas par carlo rovelli)


     

    http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

     

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l'échec de la théorie des cordes préface d'alain connes...Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière...)

     

    (facebook; Gravitation quantique Par Abdelatif Djellab)

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

     

    https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l'espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d'Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

     

    1) Introduction

    Je viens d'interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin "La renaissance du temps" au chapitre 14 que j'ai présenté dans "mon article 7". J'avais conclu: "Après ce chapitre 14, nous pouvons maintenant aborder le chapitre 15 du livre de Lee Smolin "la renaissance du temps, pour en finir avec la crise de la physique": l'émergence de l'espace. Pour Dr Goulu, "Ce long chapitre (la renaissance du temps par la relativité), est le plat de résistance du livre. C’est là que ça passe où ça casse, et j’ai mis plus de deux semaines à le digérer avec peine. Il commence très fort: L’aspect le plus mystérieux du monde est juste sous nos yeux. Rien n’est plus banal que l’espace, et pourtant lorsque nous l’examinons de près, rien n’est plus mystérieux. Je crois que le temps est réel et essentiel à une description fondamentale de la nature. Mais je crois probable que l’espace va s’avérer n’être qu’une illusion (…) Selon Smolin, l’existence d’un temps réel est indispensable pour réconcilier les deux pans de la physique, mais l’espace ne l’est pas. Parmi les théories ayant exploré l’idée que l’espace émerge d’une structure de graphe plus fondamentale, la première est la “triangulation dynamique causale

    Mais je reviendrai plus tard sur l'émergence de l'espace, car je vais d'abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique" (Je rédigerai ultérieurement ma lecture des premiers chapitres du livre de Rovelli concernant la partie I ( chapitre 1la limite de divisibilité - c'est à dire les grains, et la nature des choses), chapitre 2: les classiques avant Einstein et Planck, avec Newton et Faraday) et la partie II - le début de la révolution (chapitre 3Albert ou la relativité), (chapitre 4: les quantas).

     

    Je saute directement à la troisième partie: Espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son "rien ne va plus en physique", nous allons aborder les mystères de la gravitation quantique dont l'ambition est de les dépasser par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l'unification. En effet, affirme le site matierevolution.fr"Aujourd’hui, notre physique est dominée par deux grands corpus théoriques : la relativité et la mécanique quantique. Malheureusement, ils semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. »

     

    A voir d'abord: Carlo Rovelli sur france culture:   https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-physique-peut-elle-tout-expliquer: Comment unifier mécanique quantique et relativité générale, les deux réussites majeures de la physique du XXème siècle?

    ou: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00872968/document

    ou la relativité générale par Etienne Klein: http://etienneklein.fr/?s=relativite%20generale

     

     

    2)  Présentons d'abord quelques liens qui résument bien le livre de carlo rovelli ou qui concernent la question du temps

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/par-dela-le-visible-la-realite-du-163046: une vision de "par-delà le visible" par Automates Intelligents (JP Baquiast)

    https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/020215/par-dela-le-visible-ouvrage-de-carlo-rovelli

    http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673: une vision de "par-delà" le visible avec actuaphilosophia.com

    https://philosophiascientiae.revues.org/692 la disparition du temps en gravitation quantique

    https://www.drgoulu.com/2015/01/28/la-renaissance-du-temps/#.WX7vR9SLQ_4 (lee smolin: la renaissance du temps 1/2 chapitres 1 à 10)

    https://www.drgoulu.com/2015/12/31/la-renaissance-du-temps-22/#.WX7pLtSLQ_(lee smolin: (la renaissance du temps 2/2 chapitres 11 à 19)

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-renaissance-du-temps-pour-en-151868 (lee smolin: la renaissance du temps pour en finir avec la crise de la physique)

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-relativite-d-einstein-n-est-pas-162829 (Bernard dugué: La relativité d’Einstein n’est pas la bonne théorie pour décrire le cosmos et la gravité)

    http://guillemant.net/index.php?cate=articles&part=physique_temps&page=Ce_quen_disent_les_physiciens.htm (philippe guillement: le temps, ce qu'en disent les physiciens?)

    http://etienneklein.fr/wp-content/uploads/2016/03/1986.Etiage.pdf (La relativité générale à l'étiage JEAN EISENSTAEDT)

     

         2-1) Dans la partie II de son livre, Carlo Rovelli nous a fait partager l'image actuelle du monde suggérée par la physique fondamentale, sa force, ses faiblesses, ses limites. Dans un espace-temps courbe, né du big bang il y a plus de 14 milliards d'années, il est en expansion, sans doute accélérée comme le montrent les mesures actuelles. Cet espace est un objet réel, un champ physique dont la dynamique est décrite par les équations d'Einstein:R_{{\mu \nu }}\ -\ {\frac  {1}{2}}\,g_{{\mu \nu }}\,R\ +\ \Lambda \ g_{{\mu \nu }}\ =\kappa T_{{\mu \nu }}L'espace se courbe sous l'action de la matière-énergie et matière, temps et espace ne font qu’un et cet espace peut s'effondrer dans un trou noir quand la densité devient trop importante. 

    La matière, elle, est répartie en 100 milliard de galaxies connues contenant chacune environ 100 milliards d'étoiles. Elle est constituée de champs quantiques, qui se manifestent sous forme de particules. Ces champs quantiques se manifestent sous forme de particules ou bien d'ondes, comme les ondes électromagnétiques. Le site lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com pense même que ces champs quantiques informationnels sont le substrat de l'univers: "la matière au niveau quantique existe dans 2 états à la fois et en même temps : particule et onde sont intriquées, elle existe donc dans 2 lieux et 2 états différents en même temps en communiquant instantanément par des trous de ver à des vitesses supraluminiques. Cette intrication définit l'état quantique". Quant à leur réalité, la question n'est pas réglée comme l'affirme pourlascience.fr (particules et champs sont-ils réels?): "les notions classiques de particule ou de champ ne correspondent pas à ce que décrit la théorie. Si les images mentales évoquées par les mots « particule » et « champ » ne correspondent pas à ce que décrit la théorie quantique des champs, les physiciens et les philosophes doivent trouver par quoi les remplacer [...] Une idée particulièrement radicale consiste à affirmer que tout se réduirait à des entités intangibles et à rien d'autre, sans aucune référence à des objets". 

    Quoiqu'il en soit, ces champs quantiques qui décrivent les atomes, la lumière et tout le contenu de l'univers sont des objets bien bizarres: chacune des particules dont ils sont composés n'apparaît que quand elle interagit avec autre chose, se localisant en un point, tandis que quand elle est "seule", elle s'ouvre en un nuage de "probabilités". Le monde est un grouillement de faits quantiques élémentaires plongés dans la mer d'un espace dynamique houleux. 

    Avec ces images et conceptions du monde, il est possible de construire presque tout ce que nous voyons, mais il manque l'élément central que nous allons découvrir dans les chapitres suivants. Nous passons alors de ce que nous savons sur le monde de façon très crédible à ce que nous ne savons pas encore, mais que Carlo Rovelli va nous faire entrevoir. 

     

     

    3) Troisième partie du livre de Carlo Rovelli: Espace quantique et temps relationnel.

     

         3-1) L'espace-temps est quantique, les premiers pas (chapitre v: page 135 à 146).

     

    Liens:  http://www.liberation.fr/sciences/2015/02/12/physique-quantique-et-relativite-l-infini-en-boucles_1201390: physique quantique et relativité, l'infini en boucles 

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gravit%C3%A9_quantique (gravité quantique)

    https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique)

    https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00872968/document (Relier la mécanique quantique et la relativité générale ? Réflexions et propositions Bernard Guy)

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article447 (Où en est l’unification quantique/relativité?)

    Abhay Ashtekar du Center for Gravitational Physics & Geometry, université d'État de Pennsylvanie (USA)

    Lee Smolin de l'Institut Perimeter pour la physique théorique de Waterloo (Canada) ;

    Thomas Thiemann5 de l'Institut Max-Planck (Institut Albert Einstein, Potsdam, Allemagne), détaché à l'Institut Perimeter pour la physique théorique de Waterloo (Canada) ;

    Carlo Rovelli du Centre de Physique théorique de Marseille (France) ;

     

    Martin BojowaldL'univers en rebond Avant le big-bang

    Abhay Ashtekar  John Baez  Julian Barbour  Martin Bojowald  Louis Crane (https://arxiv.org/abs/gr-qc/0602120: (fondements mathématiques de la RG quantique)    Rodolfo Gambini     Brian Greene    Stephen Hawking    Peter Higgs   Christopher Isham     Ted Jacobson (https://arxiv.org/abs/gr-qc/9504004: thermodynamique de l'espace-temps, l'équation d'état d'einstein)     Michio Kaku      Renate Loll         Robert B. Mann                     Fotini Markopoulou-Kalamara (https://arxiv.org/abs/0909.1861)            Roger Penrose      Jorge Pullin      Carlo Rovelli      Tony C. Scott        Lee Smolin         Andrew Strominger        Thomas Thiemann (conférences sur la gravité quantique à boucles)

     

     

     

              3-1-1) La relativité générale et la mécanique quantique, ces "deux gemmes que nous a laissées le XXè siècle" (ainsi le dit Rovelli), ont été prodigues de dons, soit pour comprendre le monde , soit pour faire progresser la technologie. La relativité a enfanté la cosmologie, l'astrophysique, l'étude des trous noirs et des ondes gravitationnelles. La mécanique quantique est à la base des physiques atomique et nucléaire, de la connaissance des particules élémentaires, de la matière condensée etc... 

    Malheureusement ces deux corpus théoriques semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. Voici ce qu(en dit Carlo Rovelli dans "Et si le temps n'existait pas?": "La grande révolution scientifique du XXe siècle se compose de deux épisodes majeurs. D'un côté, il y a la mécanique quantique, de l'autre il y a la relativité générale d'Einstein. La mécanique quantique, qui décrit très bien les choses microscopiques, a bouleversé profondément ce que nous savons de la matière. La relativité générale, qui explique très bien la force de gravité, a transformé radicalement ce que nous savons du Temps et de l'Espace. Les deux théories sont très bien vérifiées, et sont à la base d'une grande partie de la technologie contemporaine. Or, ces deux théories mènent à deux manières très différentes de décrire le monde, qui apparaissent incompatibles. Chacune des deux semble écrite comme si l'autre n'existait pas. Ce qu'un professeur de relativité générale explique à longueur de journées en classe est un non-sens pour son collègue qui enseigne la mécanique quantique aux mêmes étudiants dans l'amphi d'à côté, et vice-versa. La mécanique quantique utilise les anciennes notions de temps et d'espace, qui sont contredites par la théorie de la relativité générale. Et la relativité générale utilise les anciennes notions de matière et d'énergie, qui sont contredites par la mécanique quantique." Le paradoxe est que ces deux théories fonctionnent parfaitement bien, chacune dans leur domaine. Mais quel est le rapport entre la physique quantique, la physique classique et la relativité? On l'a déjà vu, par exemple avec le chat de Schrödinger, les effets purement quantiques ne fonctionnent qu’à l’échelle de la physique quantique, c’est-à-dire à l’échelle de l’infiniment petit. Cela ne signifie pourtant pas que la physique quantique est dénuée de liens avec les autres disciplines. Elle explique beaucoup de phénomènes que la physique classique n’explique pas, et un grand nombre d’expériences confirment tout ce qu’on attend d’elle. Jusque là, tout va bien. Il reste cependant des choses qui ne sont pas expliquées par la physique quantique : la force de gravité par exemple. La célèbre relativité générale d’Eintein : elle explique la mécanique de l’univers à grande échelle, et présente la gravitation comme une déformation de l’espace-temps. Elle a été créée pour expliquer les effets de la gravitation que n’expliquait pas la physique classique. En résumé:

         -La physique quantique explique les choses avec ses outils à elle, c’est à dire avec les particules élémentaires que l’on connaît.

         -La force de gravité n’est pas expliquée par les outils quantiques, ça pose problème…

         -La théorie de la relativité de Einstein explique quant à elle très bien la gravité.

         -Mais on aimerait bien relier les deux théories. Pour l’instant, ça paraît impossible.

    Dans de très nombreuses situations, on peut négliger les prédictions spécifiques de la mécanique quantique, les corps ordinaires ou cosmiques étant bien trop grands pour être sensibles à la minuscule granulation quantique. Nous pouvons alors négliger et oublier les quanta quand nous décrivons leurs mouvements. De plus, les corps microscopiques comme un atome sont bien trop petits pour courber l'espace de façon significative. Mais il existe des situations où entrent en jeu la granularité quantique et la courbure de l'espace-temps, et là on ne dispose plus de théorie physique efficace. C'est le cas de ce qui est arrivé à l'univers au moment du big bang ou à l'intérieur d'un trou noir. De façon générale, on ne sait pas comment sont faits l'espace et le temps à très petite échelle. Ce sont des domaines où la mécanique quantique ne parvient à traiter de la courbure de l'espace-temps (La physique quantique considère explicitement l'espace et le temps comme entités préexistantes. De plus, dans cette théorie, l'espace-temps est plat, c'est-à dire euclidien ou pseudo-euclidien, et statique), ni la relativité générale à tenir compte des quanta. C'est là le problème de la gravité quantique. Einstein avait compris que l'espace et le temps sont les manifestations d'un champ physique, le champ gravitationnel, alors que Bohr, Heisenberg et Dirac avaient compris que tout champ physique est quantique, granulaire et probabiliste et qu'il se manifeste dans les interactions. Il s'ensuit que l'espace et le temps en tant que champ doivent être aussi des objets quantiques avec les mêmes étranges propriétés. 

    Qu'est ce qu'un espace quantique et un temps quantique? Un groupe de physiciens théoriques cités en tête de ce chapitre cherche laborieusement à résoudre ces questions. L'objectif est de trouver une théorie, c'est à dire un ensemble d'équations et surtout une vision du monde cohérente où cette schizophrénie entre relativité et quanta serait résolue. On se rappelle que ce n'est pas la première fois que la physique se trouve face à des théories apparemment contradictoires et a réussi l'effort de synthèse qui a permis de grands pas dans la compréhension du monde. Souvenons de Newton, qui a découvert la gravitation universelle en combinant la physique galiléenne (la chute des corps) avec la physique des planètes de Képler ou de Maxwell et Faraday qui ont dévoilé l'électromagnétisme et trouvé leurs équations en rapprochant tout ce qu'on savait sur l'électricité et le magnétisme. Et enfin Einstein résout l'apparent conflit entre la gravitation de Newton et la relativité restreinte par la relativité générale. 

    La vraie question est: peut-on élaborer une structure conceptuelle qui soit compatible à ce qui a été découvert sur le monde grâce aux deux théories. Pour comprendre l'espace et le temps quantique il faut revoir notre façon de concevoir les choses et repenser la grammaire de notre compréhension du monde, et ceci de fond en comble. Pour Carlo Rovelli, Il faut refaire comme  Anaximandre  lorsqu'il avait compris que la terre flotte dans l'espace et qu'il n'existe ni haut ni bas dans le cosmos, ou comme Copernic qui avait compris que nous nous déplaçons très vite dans le ciel ou comme Einstein qui avait compris que l'espace-temps ressemble à un mollusque et que le temps passe différemment en des lieux différents: Il faut chercher une vision du monde cohérente avec avec tout ce que nous avons appris, ce qui implique que nos idées sur la réalité devront alors changer. 

     

              3-1-2) Matveï Bronstein (Page 138) 

    Matvei Bronstein (Matveï Petrovitch Bronstein, né le 2 décembre 1906 à Vinnytsia, mort le 18 février 1938 à Léningrad, est un physicien théorique soviétique qui fut pionnier dans le domaine de la gravité quantique, auteur de travaux en astrophysique et en électrodynamique quantique, sur les semi-conducteurs et la cosmologie)

    Un des premiers à se rendre compte de cette nécessité pour comprendre la gravité quantique a été Matvei Bronstein, un tout jeune russe, figure romantique et légendaire qui est mort tragiquement sous Staline et qui était un ami de Lev Landau, sans doute le plus grand physicien théorique de l'URSS. Arrêté pendant les Grandes Purges, en août 1937, il est condamné par le Collège militaire de la Cour suprême de l'URSS et exécuté d'une balle dans la nuque le 18 février 1938. Le 9 mai 1957, il est réhabilité à titre posthume.

    Selon le site blogs.scientificamerican.comLandau, a entrepris de rechercher les fondements de la théorie quantique de l'électrodynamique."Ce qui gênait Landau était la question de savoir comment le célèbre principe d'incertitude de Heisenberg, combiné avec la relativité, s'appliquait aux champs électromagnétiques. Landau a affirmé qu'une telle incertitude relativiste rendait impossible de mesurer le champ à un moment donné. Et si vous ne pouvez pas mesurer le champ, même en principe, le concept d'un domaine a-t-il vraiment un sens? Si ce n'était pas le cas, l'approche de Pauli et Heisenberg s'effondra". Landau se trompait, ayant cru comprendre que le champ EM  était mal défini à cause des quantas. "C'est Bohr qui est venu pour sauver Pauli et l'électrodynamique quantique dans un article qu'il a écrit avec Leon Rosenfeld en 1933. Notoirement obscur, l'article a identifié le point faible de l'expérience de pensée de Landau, à savoir l'hypothèse de particules ponctuelles. Bohr et Rosenfeld ont expliqué pourquoi on devrait mesurer un champ moyen dans une région étendue de l'espace, pas en un seul point. Cependant, Landau, avec sa passion pour la clarté, n'était pas persuadé." C'est à ce moment-là que Matvei Bronstein, est entré en scène et a montré qu'il comprenait l'idée de Bohr mieux que Bohr. Il percevait que l'intuition de Landau manquait certes de rigueur, mais qu'elle contenait quelque chose d'important. Il a entrepris de reprendre le même raisonnement que Bohr (le champ EM quantique est bien défini en tout point de l'espace) mais en l'appliquant au champ gravitationnel gouverné par les équations d'Einstein, Landau se révélait avoir raison. Le Champ gravitationnel n'est plus bien défini si on tient compte des quanta. [Pourquoi la gravité quantique est-elle si difficile? Et pourquoi Staline a-t-il exécuté l'homme qui a été pionnier le sujet?].  Dans la recherche complète de Bronstein sur la gravité quantique, publiée en 1936, la partie la plus fascinante était la différence essentielle entre l'électrodynamique quantique et la théorie quantique de la gravité. Il a montré que la limite quantique de la mesure serait évidente pour les particules ayant une certaine masse caractéristique, maintenant connue sous le nom de la masse de Planck. Puisque la gravité dans la relativité générale est décrite par la géométrie, Bronstein a conclu que la difficulté de quantifier la gravité a mis en question toute la nature de l'espace et du temps: "L'élimination des incohérences logiques ... nécessite une reconstruction radicale de la théorie et en particulier , Le rejet d'une géométrie riemannienne traitant, comme nous l'avons vu, de quantités qui ne sont pas observables en principe, et peut-être aussi le rejet de nos concepts ordinaires de l'espace et du temps, en les remplaçant par des concepts beaucoup plus profonds et moins vifs. 

    [Mais comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?: Le point de vue de quelques chercheursSheldon Glashow, dans « Le charme de la Physique », Lee Smolin, dans « Rien ne va plus en physique ! », Robert B. Laughlin, dans « Un univers différent », Gilles Cohen-Tannoudji, dans « Le boson et le chapeau mexicain », Edgar Gunzig dans « Histoire de l’histoire des origines » (article de l’ouvrage collectif « L’homme devant l’incertain » dirigé par Ilya Prigogine), Alain Aspect, et Une hypothèse sur l’origine quantique virtuelle de la gravitation entre particules de masse inerte]

    Selon Carlo Rovelli il y a une façon simple de comprendre ce qui se passe Supposons qu'on veuille observer une région de l'espace extrêmement petite. Nous devons pour cela y placer un objet afin de marquer le point qu'on désire considérer, par exemple, plaçons y une particule. Mais Heisenberg nous dit qu'on ne peut localiser une particule de façon très précise dans le temps et que plus on cherche à localiser une particule quant à sa position, plus grande sera sa vitesse et sa tendance à s'échapper, donc plus grande sera son énergie  Mais l'énergie implique que l'espace se courbe. Mais si l'espace-temps se courbe trop, il se transforme en un trou noir. Lorsqu'elle tombe dans son propre trou noir, on ne la voit plus et on ne peut plus l'utiliser pour fixer une région de l'espace. 

    Ce résultat est général. (voir en page 140 du livre). La mécanique quantique et la relativité générale, prises ensemble, implique qu'il existe une limite à la divisibilité de l'espace. Au-dessous d'une certaine échelle, plus rien n'est accessible, on atteint les limites ultimes de la physique actuelle, on pourrait même dire qu'il n'y a plus rien d'existant. Pour arriver à cette échelle, il suffit de calculer   la taille minimale d'une particule avant qu'elle ne tombe dans son trou noir. On arrive ainsi à la limite physique de l'observabilitéPour pouvoir observer une entité physique à une échelle de longueur \ell  avec un faisceau lumineux, il faut une lumière dont la longueur d'onde est de l'ordre de \ell . Chaque photon d'un tel faisceau a une énergie de l'ordre de {\displaystyle Mc^{2}=\hbar c/\ell }, énergie qui déforme l'espace-temps dans son voisinage. Le Rayon de Schwarzschild d'un tel photon sera alors {\displaystyle r_{0}=2\ell _{\mathrm {P} }/\ell }, où {\displaystyle \ell _{\mathrm {P} }} est la longueur de Planck. Si donc on cherche à explorer des échelles de longueur plus petites que {\displaystyle \ell _{\mathrm {P} }}, le photon sera un trou noir de rayon supérieur à cette longueur, et donc toute observation en-dessous d'une telle échelle est en réalité impossible1On explicite cette longueur à partir des unités de PlanckLa longueur de Planck est définie par :{\displaystyle \ell _{P}={\sqrt {\frac {\hbar G}{c^{3}}}}},

    Dans cette égalité, on retrouve donc les trois constantes de la nature: la constante de Newton ({\displaystyle G=6{,}674\,08(31)\times 10^{-11}\;{\rm {m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}}}}), la vitesse de la lumière c = 299 792 458 m/s qui donne l'ouverture du présent étendu et la constante de Planck h = 6,63 . 10 -34 joules.seconde, qui fixe l'échelle de la granularité quantique.

    La présence de ces trois constantes nous rappelle que nous regardons quelque chose qui a à voir avec la gravité (G), la relativité (c) et la mécanique quantique (h). Lee Smolin pense qu'on aurait dû appeler cette longueur longueur de Bronstein plutôt que longueur de Planck comme le rappelle le site http://chaours.rv.pagesperso-orange.fr/physique/Quant/string.htm 

    (Gravité quantique : théorie des cordes et gravitation quantique à boucles)

    C'est à cette échelle que se manifeste la gravité quantique, l'espace et le temps changent de nature. Ils deviennent un espace et un temps quantique. Tout le problème est d'en comprendre la signification. En effet, pour imaginer la longueur de Planck, faisons grandir avec Lee Smolin, une coquille de noix pour lui donner la taille de l'univers,  nous ne verrions pas encore la longueur de Planck. La longueur ainsi obtenue serait un million de fois plus petite que la coquille de noix initiale. C'est ce que Matveï Bronstein avait compris dans les années 1930, quand il rédige deux articles qui montrent que le relativité générale et la mécanique quantique sont incompatibles avec notre vision de l'espace-temps comme continuum infiniment divisible. [Gravitationsfelder,http://www.cpt.univ-mrs.fr/~rovelli/Bronstein.pdf (QUANTUM THEORY OF WEAK GRAVITATIONAL FIELDS1 By M. Bronstein.)]

    A voir Matvei Bronstein et gravité quantique: 70ème anniversaire du problème non résolu dans le site: http://people.bu.edu/gorelik/cGh_Bronstein_UFN-200510_Engl.htm 

     

    Mais Matveï Bronstein et Lev Landau, qui sont des communistes sincères deviennent perplexes quand Staline s'installe au pouvoir. Puis ils deviennent critiques et enfin hostiles. Landau s'en sort, pas facilement certes, mais il s'en sort. Mais Matveï est condamné à mort et exécuté le 18 février 1938! Il a 30 ans!

     

    https://blogs.scientificamerican.com/guest-blog/why-is-quantum-gravity-so-hard-and-why-did-stalin-execute-the-man-who-pioneered-the-subject/ (Pourquoi la gravité quantique est-elle si difficile? Et pourquoi Staline a-t-il exécuté l'homme qui a été un pionnier sur le sujet? ...Lev Landau, a entrepris de rechercher les fondements de la théorie quantique de l'électrodynamique.Ce qui gênait Landau était la question de savoir comment le célèbre principe d'incertitude de Heisenberg, combiné avec la relativité, s'appliquait aux champs électromagnétiques. Landau a affirmé qu'une telle incertitude relativiste rendait impossible la mesurer du champ à un moment donné. Et si vous ne pouvez pas mesurer le champ, même en principe, le concept d'un domaine a-t-il vraiment un sens? Si ce n'était pas le cas, l'approche de Pauli et Heisenberg s'effondra....C'est à ce moment-là qu'un ami proche de Landau, Matvei Bronstein, est entré dans la scène et a compris l'idée de Bohr mieux que Bohr)

              3-1-3) Jonh Wheeler.

    Après Bronstein il y a eu Dirac, qui a consacré la dernière partie de sa vie à ce problème en introduisant des idées et des techniques sur lesquelles se fonde en grande partie les travaux actuels en gravité quantique (GRAVITATION QUANTIQUE : OÙ EN EST-ON ? par Aurélien Barrau), techniques grâce auxquelles on sait décrire un monde sans temps. Feynman a cherché à adapter à la relativité générale les techniques qu'il avait développés (les diagrammes de Feynman), mais n'y a pas réussi. Electrons et photons sont des quanta "dans l'espace" alors que dans la gravité quantique, c'est l'espace lui-même qui est quantifié. D'autres, comme Gérard't Hooft et Martinus Weltman, prix Nobel en 1999 pour avoir montré la consistance des théories utilisées pour décrire les forces nucléaires (« pour l'élucidation de la structure quantique des interactions électrofaibles en physique1 »), cherchaient en fait à montrer la consistance de la gravité quantique, mais ils n'y sont pas parvenus. Ensuite de nombreux scientifiques ont participé à une longue construction collective, parmi lesquels on peut citer Chris J. Isham.et ses articles

    Mais la personne qui a contribué plus que nul autre à accélérer la recherche sur la gravité quantique a été Jonh Wheeler, élève et collaborateur de Niels Bohr à Copenhague, collaborateur d'Einstein quand celui-ci s'est installé aux Etats-Unis. Il a eu comme étudiant Richard Feynman et a été au coeur de la physique du 20ème siècle. C'est lui qui a aussi inventé et rendu populaire le terme de trou noir pour désigner un objet céleste si compact que l'intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. Wheeler est lié aux recherches sur la façon de penser l'espace-temps quantique; il a bien assimilé la leçon de Bronstein pour qui les propriétés quantiques du champ gravitationnel impliquent une modification de l'espace à petite échelle. En cherchant des images pour penser cet espace-temps quantique, il l'a imaginé comme un nuage de géométries superposées. Pensons à une mer vue d'avion à très haute altitude, nous voyons une étendue plane bleue et uniforme. Si nous descendons, nous commençons à voir de grandes vagues soulevées par un vent qui souffle sur la surface de la mer. Descendons encore et nous voyons les vagues se briser à la surface qui devient striée d'écume. On peut l'écouter de sa bouche sur:  https://www.webofstories.com/play/john.wheeler/77;jsessionid=BD6E4ACDEC15C102A3FB72E36397DDBC

    Wheeler a essayé de décrire cet espace agité, onde de probabilité de géométries différentes. C'est en 1966, qu'un jeune collègue, Bryce DeWitt, lui a fourni la clé. L'épisode est rappelé par DeWitt dans  .http://www.aip.org/history/ohilist/23199.html; à la demande de Wheeler au cours d'un voyage, DeWitt le rejoint à une correspondance à Raleigh Durham et lui montre l'équation d'une "fonction d'onde dans l'espace". C'est une équation dans laquelle DeWitt a remplacé des dérivées par les opérateurs de dérivation dans l'équation de Hamilton-Jacobi  de la relativité générale [voir dans ce site comme exemple au chap. 3.2.1:  q˙ = {q, Htot[N¯]} = {q, p} ∂Htot ∂p , p˙ = {p, Htot[N¯]} = −{q, p} ∂Htot ∂q et voir https://arxiv.org/abs/gr-qc/0101003: une introduction à la cosmologie quantique; cele donne en pdf.   https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0101003.pdf  où on trouve l'hamiltonien en 2.2 l'action formule 2.17].

    C'est ce que Shrödinger avait fait avec l'opérateur hamiltonien dans son premier travail pour obtenir son équation i\hbar {\frac  {d|\psi \rangle }{dt}}={\hat  {H}}|\psi \rangle  L'équation de Wheeler-DeWittest une sorte "d'équation des orbitales" de la relativité générale. Elle devrait déterminer la probabilité d'observer un espace courbe ou un autre.   Voir des explications et compléments dans le site:http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-avant-big-bang-12380/

    http://www.astrosurf.com/luxorion/cosmos-quantique3.htm (la cosmologie quantique et l'équation de Wheeler-DeWitt) 

    L'équation de Wheeler-DeWitt": Dans la gravité canonique, l'espace-temps est mis en folie dans des sous-variétés spatiales. Les trois métriques (c.-à-d. Métrique sur l'hypersurface) sont\ gamma _ {ij} et donné par

    g _ {\ mu \ nu} \, \ mathrm {d} x ^ {\ mu} \, \ mathrm {d} x ^ {\ nu} = (- \, N ^ 2 + \ beta_k \ beta ^ k) \ , \ mathrm {d} t ^ 2 + 2 \ beta_k \, \ mathrm {d} x ^ k \, \ mathrm {d} t + \ gamma_ {ij} \, \ mathrm {d} x ^ i \, \ mathrm {d} x ^ j. Dans cette équation, les indices romains prenent les valeurs 1, 2, 3 et les indices grecs prennent les valeurs 1, 2, 3, 4. La trois-métrique \ gamma _ {ij} donne le champ, et nous désignons ses moments conjugués par \ pi ^ {kl}. L'hamiltonien est une contrainte (caractéristique de la plupart des systèmes relativistes)

    \ mathcal {H} = \ frac {1} {2 \ sqrt {\ gamma}} G_ {ijkl} \ pi ^ {ij} \ pi ^ {kl} - \ sqrt {\ gamma} \, {} ^ {( 3)} \! R = 0où \ gamma = \ det (\ gamma_ {ij}) et G_ {ijkl} = (\ gamma_ {ik} \ gamma_ {jl} + \ gamma_ {il} \ gamma_ {jk} - \ gamma_ {ij} \ gamma_ {kl}) est la métrique de Wheeler-DeWitt.

    La quantification «met des chapeaux» sur les variables; c'est-à-dire que les fonctions des nombres dans le cas classique deviennent des opérateurs qui modifient la fonction d'état dans le cas quantique. Ainsi, nous obtenons l'opérateur

    \ widehat {\ mathcal {H}} = \ frac {1} {2 \ sqrt {\ gamma}} \ broadhat {G} _ {ijkl} \ widehat {\ pi} ^ {ij} \ widehat {\ pi} ^ {kl} - \ sqrt {\ gamma} \, {} ^ {(3)} \! \ widehat {R}. En travaillant dans "l'espace des position x", ces opérateurs sont

     \ hat {\ gamma} _ {ij} (t, x ^ k) \ à \ gamma_ {ij} (t, x ^ k) \ hat {\ pi} ^ {ij} (t, x ^ k) \ to -i \ frac {\ delta} {\ delta \ gamma_ {ij} (t, x ^ k)}.  On peut appliquer l'opérateur à une fonctionnelle d'onde générale de la métrique \ widehat {\ mathcal {H}} \ Psi [\ gamma] = 0  où:

     \ Psi [\ gamma] = a + \ int \ psi (x) \ gamma (x) dx ^ 3 + \ int \ int \ psi (x, y) \ gamma (x) \ gamma (y) dx ^ 3 dy ^ 3 + ... Ce qui donnerait un ensemble de contraintes parmi les coefficients \ psi (x, y, ...). Ce qui signifie que les amplitudes pour N gravitons à certaines positions sont liées aux amplitudes pour un nombre différent de gravitons à différentes positions. Ou on pourrait utiliser le traitement du formalisme sur deux champs \ omega (g) comme un champ indépendant, de sorte que la fonction d'onde est \ Psi [\ gamma, \ omega]   Dérivée de l'intégrale du chemin L'équation de Wheeler-DeWitt peut être dérivée d'une intégrale de trajet en utilisant l' action gravitationnelle dans le paradigme de gravité quantique euclidienne : [3]Z = \ int {{}} {math}  

          Contrainte hamiltonienne. En parlant simplement, l'équation de Wheeler-DeWitt dit  où est la contrainte hamiltonienne dans la relativité générale quantifiée etreprésente la         fonction d'onde de l'univers .

           Contrainte Momentum \ vec {\ mathcal {P}} (x) \ left |  \ psi \ right \ rangle = 0 En fait, le principe de la covariance générale dans la        relativité générale implique que l'évolution globale en soi n'existe pas; le tempstest juste une étiquette    que nous attribuons à l'un des axes de coordonnées. Ainsi, ce que nous considérons comme l'évolution  du temps de tout système physique n'est qu'une transformation de jauge , similaire à celle  de QED induite par U (1) transformation de jauge locale \ psi \ rightarrow e ^ {i \ theta (\ vec {r})} \ psi où \ theta (\ vec {r})joue le rôle de l'heure  locale.

     

    Cette équation sert d'appui pour pour tenter d'élaborer la théorie de la gravitation quantique, mais elle est pleine de problèmes sérieux. D'abord elle est mal définie au point de vue mathématique. Mais, plus embêtant, si on veut l'utiliser pour effectuer des calculs, on obtient vite des résultats infinis et dépourvus de sens. Mais surtout, dit Lee Smolin, on ne sait pas comment l'interpréter et on n'en comprend pas la signification exacte. Cette équation ne contient plus la variable qui indique le temps. Comment alors l'utiliser pour calculer quelque chose dans le temps et que signifie une théorie physique sans la variable temps? 

     

    https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique

    Alexis de Saint-Ours)

    https://www.espritsciencemetaphysiques.com/il-ny-a-pas-de-temps-il-ny-en-a-jamais-eu-et-il-ny-en-aura-jamais.html (Il n’y a pas de temps. Il n’y en a jamais eu et il n’y en aura jamais. « On constate que le temps disparaît de l’équation de Wheeler-DeWitt », déclare Carlo Rovelli... « C’est un problème qui a intrigué beaucoup de théoriciens. Il se peut que la meilleure façon de penser à la réalité quantique soit d’abandonner la notion de temps, que la description fondamentale de l’univers doit être intemporelle. »

    Peut-être que lorsque nous comprendrons mieux la conscience nous pourrons mieux comprendre le temps. La conscience est l’informe, le champ invisible d’énergie de la dimension infinie, le substrat de toute existence, indépendamment du temps, de l’espace et du lieu, auquel elle est indépendante mais dans lequel elle est aussi présente et progressivement intégrée. Elle englobe toute existence au-delà de toute limite, dimension, ou temps, et enregistre tous les événements, peu importe qu’ils soient infimes, comme une pensée fugace. La relation entre le temps et la conscience de la perspective humaine est limitée, alors qu’en fait elle est illimitée)

     

         3-2) Les premier pas des boucles.

    Le blog de Motl à propos de Ashtekar: https://motls.blogspot.fr/2015/11/abhay-ashtekar-and-uniqueness-of-string.html (...En 1986 et 1987, Ashtekar a proposé que les problèmes de GR quantifiés disparaissent si vous réécrivez le champ métrique d'une manière inhabituelle en utilisant le champ de jauge et la gravité quantique en boucle est né. Ses deux articles originaux ont 1000 citations chacune, ce qui est correct, mais on peut trouver beaucoup de papiers révolutionnaires dans la théorie des cordes qui l'emportent en toute sécurité. Il est quelque peu fou de présenter LQG en tant que concurrent de toute la théorie des cordes - en ce qui concerne l'impact, il peut être au plus comparé à certains articles hors-top-dix définissant des "sous-champs" de la théorie des cordes...)

    https://motls.blogspot.fr/2005/07/strings-as-microsoft.html?m=1 (Le monde supersymétrique d'un point de vue conservateur)

    https://motls.blogspot.fr/2014/06/sabine-began-to-understand.html?m=1 (Même Sabine Hossenfeldera commencé à comprendre pourquoi chaque théorie avec les spectres discrets des zones élimine inévitablement un cadre préféré et casse la symétrie de Lorentz...)

     

    C'est vers la fin des années 1980 que quelques solutions de l'équation de Wheeler-DeWitt apparaissent. Abhay Ashtekar a contribué à réécrire l'équation de wheeler-DeWitt sous une forme plus simple (voir ci-dessous, les variables d'Ashketar) et Lee Smolin avec Ted Jacobson comptait parmi les premiers à avoir entrevu ces étranges solutions de l'équation. Ces solutions ont une particularité, elles dépendent de lignes fermées dans l'espace (Solutions de forme fermée de l'équation de Wheeler-DeWitt dans un modèle cosmologique de champ scalaire par symétrie de Lie

    Voir aussi: https://arxiv.org/abs/1408.0710 (par Eyo Ita , Chopin Soo, Des solutions exactes de l'équation Wheeler-DeWitt et de la construction Yamabe el l'invariant de yamabehttps://arxiv.org/pdf/1408.0710.pdf

    Or, une ligne fermée est une boucle. On parvenait ainsi à écrire une solution de l'équation de Wheeler-DeWitt pour chaque ligne fermée sur elle-même. La "théorie des boucles" était née. Elle allait devenir "la gravité quantique à boucles".

     

    Les variables d'Ashketar:

    http://www.scholarpedia.org/article/Ashtekar_variables (Dans l'esprit de Scholarpedia , cet article invité s'adresse aux étudiants et aux jeunes chercheurs. Il fournit la motivation et le matériel de fond, un résumé des principales idées physiques, des structures mathématiques et des résultats et un aperçu des applications des variables de connexion pour la relativité générale. Ces variables sous-tendent à la fois les approches canoniques / hamiltonien et spinfoam / chemin intégral dans la gravité quantique en boucle )

    https://en.wikipedia.org/wiki/Ashtekar_variables (Les variables Ashtekar fournissent ce qu'on appelle la représentation de la relation de la relativité générale canonique, ce qui a conduit à la représentation en boucle de la relativité générale quantique [3] et, à son tour , à la gravité quantique en boucle et à la théorie de l'holonomie quantique. [4])

    http://fma.if.usp.br/~amsilva/cq910902.pdf (Ashtekar formulation of general relativity and loop-space non-perturbative quantum gravity: a report Carlo Rovelli)

    https://hal-univ-diderot.archives-ouvertes.fr/hal-01023613/document (Loop Quantum Cosmology with Complex Ashtekar Variables Jibril Ben Achour, Julien Grain, Karim Noui)

     

         3-3 Quanta d'espace.

              3-3-1) Généralités et présentation.

    figure 1 http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg.htm

    Quelle est la signification de ces solutions trouvées par Lee Smolin et Jacobson pour l'équation de Wheeler-DeWitt? Ce sont les lignes de Faraday du champ gravitationnel: 

    Pour Richard P. Feynman : « L’un des aspects les plus curieux de la théorie de la gravitation, c’est qu’elle admet à la fois une interprétation en termes de champ et une interprétation géométrique… La géométrisation implique une immédiateté des forces alors qu’un champ se caractérise par des ondes gravitationnelles qui se transmettent à la vitesse de la lumière. En tout cas, particulariser la gravitation en l’assimilant à une déformation de l’espace est un obstacle à l’unification des forces électro-magnétiques et de la gravitation, comme le note Einstein lui-même. Ce qui particularise la gravité et permet d’assimiler le champ gravitationnel à une courbure de l’espace, c’est l’absence de pôles négatif et positif dans la gravitation contrairement aux forces électromagnétiques (de spin 1/2 ou 1) »

    Louis de Broglie, dans « Le dualisme des ondes et des corpuscules dans l’œuvre d’Albert Einstein » :

    « La théorie de la Relativité, tant sous sa forme générale que sous sa forme primitive dite « restreinte », cherche à représenter tout l’ensemble de la réalité physique à l’aide de « champs », c’est-à-dire de grandeurs satisfaisant à certaines équations aux dérivées partielles et variant continûment dans tout l’espace au cours du temps, donc fonctions continues en tout point de l’espace-temps. »

     

    Gilles Cohen-Tannoudji écrit : « Les équations de la relativité générale s’expriment dans un espace-temps dont la métrique, variant de pont en point, peut être représentée par un champ … le champ gravitationnel produit par la matière ! Il est tout à fait remarquable que cette dialectique de la symétrie et de la dynamique fonctionne aussi pour toutes les autres interactions fondamentales, dans le cadre de la théorie quantique des champs. »

    Mais la différence, c'est que lorsqu'on s'approche de la longueur de Planck, nous sommes ici en théorie quantique où tout est discret et quantifié et plus dans un continuum espace-temps. 

    La deuxième nouveauté, c'est qu'il n'est pas question de champs immergés dans l'espace, mais de la structure même de l'espace. Ces lignes de Faraday du champ gravitationnel sont les fils dont l'espace est tissé. La figure 1 ci-dessus est une tentative pour en donner une idée intuitive de la structure discrète de cet espace.

     

    Mais de jeunes physiciens tels l'argentin Jorge Pullin et le polonais Jurek Lewandowski (voir Ruediger Vaas: au-delà de l'espace et du temps) ont vite compris que la clé pour comprendre la physique de ces solutions réside dans les points où ces lignes se touchent: les noeuds. Les segments entre un noeud et un autre sont appelés des liens et un ensemble de liens forme un graphe, c'est à dire un ensemble de noeuds reliés par les liens.

    _________________________________________________________________________

    http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

     figure 1 à gauche, un graphe formé de noeuds reliés par des liens et à droite les grains d'espace que le graphe représente. 

     

    _________________________________________________________________________

     

    Un calcul montre que l'espace physique n'a pas de volume, à moins qu'il n'y ait des noeuds. et c'est dans les noeuds du graphe et non dans les liens que se "situe" le volume de l'espace. Les liens, eux, relient les volumes. Mais il faudra encore plusieurs années pour que tout cela s'éclaircisse. Il a fallu transformer la mathématique approximative (c'est Carlo Rovelli qui le dit) en une structure mathématique cohérente et bien définie pour pouvoir effectuer des calculs.  

              3-3-2) Spectre de volume et d'aire.

    Cela a permis d'obtenir des résultats précis. Le sens physique de ces graphes a été précisé par le calcul des spectres de volume et d'aire. Prenons une région d'espace, par exemple la pièce dans laquelle je suis en train d'écrire en ce moment. Quelle est la grandeur de cet espace? Sa dimension est donnée par le volume de cet espace. C'est une quantité géométrique qui dépend de la géométrie de cet espace. Comme nous l'avons vu, c'est le champ gravitationnel. Le volume est donc une variable (v) du champ gravitationnel. C'est la quantité de champ gravitationnel compris en les murs de ma pièce. Mais le champ gravitationnel est une quantité physique et, comme toute quantité physique, il est soumis aux règles de la mécanique quantique. Et en particulier, le volume ne peut pas prendre des valeurs arbitraires, il est quantifié. La liste des valeurs possibles s'appelle le "spectre". Donc, il doit exister un spectre du volume.

    C'est Dirac qui a donné la recette pour calculer le spectre de n'importe quelle variable (la liste des valeurs possibles que cette variable peut prendre). Voir quelques notions sur le formalisme de Dirac dans 

    http://sites.unice.fr/site/kastberg/My_Sites/MQL2/Cours_files/LNotes7.pdf.

    Pour le spectre de volume et d'aire de la gravité quantique, le calcul a demandé du temps et a coûté beaucoup d'efforts raconte Carlo Rovelli. Il a été achevé au milieu des années 1990. La réponse, on s'en doute, est que le spectre du volume est discret. Le volume d'espace, donc le champ gravitationnel ne peut donc être formé que de paquets "discrets", un peu comme l'énergie du champ électromagnétique, formé de paquets discrets, les photons.

    Les noeuds du graphe représentent les paquets discrets de volume et tout comme les photons, paquets d'énergie, ils ne peuvent avoir que certaines dimensions particulières, qu'on peut calculer. Chaque noeud n du graphe a un volume vn, c'est un quantum élémentaire dont est fait l'espace. Cela donne la structure qui est illustrée par la figure 1 ci-dessus du chapitre 4-1. Dans ce dernier chapitre, nous avons vu que les liens sont les quanta individuels des lignes de Faraday du champ gravitationnel. Si on imagine 2 noeuds comme 2 petites régions de l'espace, ces 2 régions seront séparées par une petite surface dont la dimension est donnée par son aire. C'est la seconde quantité, après le volume, qui caractérise les réseaux quantiques d'espace. Donc les états quantiques de la gravité sont indiqués par un vecteur |jl, vn> dans la notation de Dirac.

    Comme le volume, l'aire est une variable physique, qui a donc un spectre qu'on peut calculer à l'aide des recettes de Dirac. Les valeurs possibles de l'aire sont données par la formule 1 encadré 2 dans l'article De la gravitation quantique de Carlo Rovelli, c'est à dire A=8.pi.(Lp carré).[racine j(j+1)] où j est un semi-entier comme 0, 1/2, 2, 3/2, 5/2 ...

    Dans cette formule, A est l'aire que peut avoir une surface qui sépare deux grains d'espace.

    Lest la longueur de Planck, L est l'aire d'un petit carré ayant cette longueur. 8.pi.Lp² est donc une constante.

    Par contre, la partie sous la racine dépend de j le nombre quantique de spin, de valeur semi-entière. Il existe donc une valeur minimale des quanta d'espace, de l'ordre de  Lp²= h/2pi*G/(c puissance 3) soit 10 puissance -66 centimètres carrés. Mais le point clé est j ne peut avoir que des valeurs multiples de 1/2. Pour chacune d'elles, la racine a une certaine valeur rapportée approximativement dans le tableau ci-dessous:

    Spin et valeur correspondante de l'aire en unités d'aire minimale:

     _______________________________ _________________________________________

                           j                     racine j(j+1)                                                                                                       1/2                            0,8                                                                              

                        1                            1,4                                                                                  

                      3/2                           1,9                                                                                                               2                             2,4                                                                                  

                      5/2                           2,9                                                                                   

                      3                              3,4                                                                                            

     ________...______________..._______________________________________________  

    En multipliant les nombres de la deuxième colonne (droite) par l'aire 8*pi*L, on obtient les valeurs possibles pour l'aire de la surface qui sépare les 2 régions formées par les 2 noeuds en question. .Cela rappelle les valeurs qui apparaissent dans l'étude des atomes et de leurs orbitales [Chaque orbitale atomique est définie par un triplet (nm) unique de nombres quantiques qui représentent respectivement l'énergie de l'électron, son moment angulaire et la projection de ce moment angulaire sur un axe donné. Chacune de ces orbitales peut être occupée par au plus deux électrons différant l'un de l'autre par leur spin s]

    Le point clé est qu'il n'existe pas d'autres aires que celles-là. Par conséquent, l'aire n'est pas continue, mais granulaire et il n'existe pas une aire arbitrairement petite. Si à notre échelle l'espace paraît continu, c'est parce qu'on ne voit pas les mailles, qui sont trop petites. Par exemple dans l'aire d'une page de livre d'environ 200 cm², le nombre de liens du réseau (de boucles) se compte par un nombre constitué d'environ 70 chiffres. 

              3-3-3) Résumé.

    La gravité quantique à boucles combine la relativité générale et la mécanique quantique avec beaucoup de précaution, car elle n'utilise aucune autre hypothèse. Ces deux théories ont été réécrites pour qu'elles soient plus compatibles, mais les conséquences sont radicales. La relativité générale enseigne que l'espace n'est pas rigide et inerte, mais elle est dynamique, comme le champ électromagnétique. On l'a comparée à "un immense mollusque mobile dans lequel nous sommes immergés, qui se comprime et se tord". La mécanique quantique, elle, enseigne que tout champ est constitué de quanta, c'est  à dire qu'ils ont une structure fine granulaire. Il en découle que l'espace physique étant un champ, le champ gravitationnel, est lui aussi constitué de quanta. Il existe donc des quanta d'espace comme il existe des quanta de lumière ou des quanta d'autres champs. C'est la prédiction centrale de la théorie des boucles. Cette structure atomique granulaire y trouve une formulation et une mathématisation précises qui décrivent la structure quantique de ces grains d'espace et les équations qui déterminent leur évolution, les équations générales de la mécanique quantique de Dirac appliquées au champ gravitationnel d'Einstein. Nous allons maintenant décrire ces atomes d'espace .

              3-3-4 Les atomes d'espace.

    Faisons un retour vers Achille poursuivant la tortue et les paradoxes de Zénon qui affirme qu'Achille ne rattrapera jamais la tortue (Zénon nous montre qu’espace et temps, qu’ils soient divisibles à l’infini (continus) ou composés d’indivisibles, d’atomes, ne peuvent pas nous permettre de penser logiquement le mouvement, phénomène que tout un chacun peut constater. Ce n’est donc, pour lui, qu’une illusion). Les infinis ont toujours hanté les mathématiques comme en témoigne le paradoxe de l'hôtel de Hilbert dont le mathématicien allemand David Hilbert (1862 – 1943) se servait souvent au cours de ses conférences pour illustrer les propriétés contre-intuitives des ensembles infinis. Georg Cantor, autre mathématicien allemand (1845 – 1918) fut quant à lui le premier à aborder la notion « d’infinités d’infinis », tout en ouvrant ses travaux, purement mathématiques, aux débats philosophiques.

    Les Grecs avaient malgré tout compris la notion de convergence. Tel Archimède, montrant que l'on pouvait enfermer un cercle entre deux polygones réguliers, l'un intérieur (inscrit), l'autre extérieur (circonscrit), et que, en multipliant le nombre de leurs côtés - à l'infini -, les deux polygones finissaient par se confondre avec le cercle. Le cercle constitue donc un aboutissement concret, tangible, de l'infini. Maintenant en mathématiques, le traitement des séries convergentes ne pose .plus de problème. On montre comment un nombre infini d'intervalles de plus en plus petits peuvent constituer un intervalle total fini par des critères de convergence.

    Mais est-ce bien ce qui se passe dans la nature? Existe t-il des intervalles entre Achille et la tortue arbitrairement courts. On vient de voir que le calcul des spectres quantiques des quantités géométriques répond négativement à cette question, il existe une limite inférieure à la divisibilité de l'espace. nous avons vu au chapitre 3-1-2 que c'est ce qu'avait pensé Matveï Bronstein dans les années 1930 en se fondant sur des arguments approximatifs. C'est ce que confirme le calcul des spectres d'aire et de volume fondé seulement sur l'application des équations de Dirac aux variables de la relativité générale.en inscrivant l'idée dans une formulation mathématique. L'espace est granulaire et Achille ne peut effectuer un nombre infini de sauts pour rattraper la tortue, car il n'existe pas de sauts infiniment petits. Il s'en rapprochera de plus en plus et à la fin, il ne pourra que le rattraper en un seul bond. C'est en fait ce que proposaient Leucippe et Démocrite (environ 460-370 avant J.-C.). En fait ils parlaient de la structure granulaire de la matière, mais nous ne savons pas bien ce qu'ils disaient sur la structure de l'espace. Nous disposons pas de leurs écrits mais seulement le contenu vague de citations des autres. Mais l'argument de Démocrite sur l'incohérence de l'idée de continu comme un ensemble de points, rapporté par Aristote (voir Aristote et Démocrite) s'applique même mieux à l'espace qu'à la matière. 

     

              3-3-5) Réseaux de spin (pages 156 à 159).

     

    https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_de_spin

    Revenons maintenant à la gravité quantique. Nous avons vu au chapitre 3-3-2) que les graphes qui décrivent les états quantiques de l'espace sont caractérisés par un volume v pour chaque noeud et un nombre semi-entier j/2 pour chaque lien. Un graphe avec ces nombres associés s'appelle un Réseau de spin.

    [Les nombres (j/2) s'appellent des spins (Le spin est un opérateur vectoriel hermitien  comportant trois composantes, notées usuellement  et  par référence aux trois axes de coordonnées cartésiennes de l'espace physique. Ces composantes sont des observables vérifiant les relations de commutations caractéristiques d'un moment cinétique9 :
    où \epsilon _{{ijk}} est le symbole de Levi-Civita et
    \left[{\hat  S}^{2},{\hat  S}_{i}\right]=0. Il existe pour l'opérateur spin une base de vecteurs propres notés |s,m_{s}\rangle , où s est entier ou demi-entier, et m_s est un entier ou demi-entier prenant l'une des 2s+1 valeurs -\,s\leq m_{s}\leq s, tels que :

    {\hat  {S}}^{2}\ |s,m_{s}\rangle \ =\ s(s+1)\,\hbar ^{2}\ |s,m_{s}\rangle \qquad (1)

    {\hat  {S}}_{z}\ |s,m_{s}\rangle \ =\ m_{s}\,\hbar \ |s,m_{s}\rangle \qquad (2)]

    Voir aussi http://www.matierevolution.fr/spip.php?article923 ou http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=8044 (De façon générale, un objet possède un spin s s'il est invariant sous une rotation d'angle 2pi/s)

     

    Un réseau de spin représente un état possible de l'espace, un espace granulaire où volume et aire sont discrets. On utilise souvent une image d'un quadrillage pour représenter l'espace. Mais ici, il n'y a plus d'espace continu, l'espace est naturellement granulaire. 

    La différence (cruciale) avec les photons, quanta du champ EM, c'est que les quanta du champ EM "vivent" dans l'espace, alors que les quanta d'espace sont eux-mêmes l'espace. Ils n'ont pas de lieu, ils sont eux-mêmes le lieu, l'espace. 

    Rappel: le nombre quantique des états des photons dans l'espace de fock est l'impulsion  p, la transformée de Fourier de la position x. L’espace de Fock est un espace de Hilbert utilisé en physique quantique pour décrire les états quantiques avec un nombre variable ou inconnu de particules. L’espace de Fock se définit comme l’espace de Hilbert obtenu par la somme directe des produits tensoriels des espaces de Hilbert pour une particuleliens: http://www.nicolasbouleau.eu/histoire-des-sciences/espace-de-fock/ (A propos de l'espace de fock)http://perso.ens-lyon.fr/francois.delduc/Chapitre_2.pdf (seconde quantification)http://ahmed.youssef.free.fr/SCOL/Youssef%20-%20Hamiltonien%20et%20Espace%20de%20Fock%20de%20la%20Group%20Field%20Theory.pdf (Hamiltonien et Espace de Fock de la Group Field Theory Gravitation Quantique)

    Une autre information caractérise ces quanta d'espace, c'est celle sur les autres quanta d'espace adjacents, c'est à dire: qui est voisin de qui? Cette information est exprimée par les liens du graphe. Deux noeuds (quanta d'espace) reliés par un lien sont deux quanta d'espace voisins, deux grains d'espace qui se touchent. C'est ce contact qui construit la structure de l'espace. La localisation des quanta d'espace n'est pas définie par rapport à quelque chose, mais seulement par les liens et seulement en relation les uns avec las autres. On peut se déplacer d'un grain d'espace à un grain adjacent jusqu'à clore un circuit en revenant au grain de départ: on a décrit une boucle. Ce sont les boucles originelles de la théorie de la gravitation quantique. On peut montrer que la courbure de l'espace peut être mesurée en déterminant si une flèche transportée parallèlement à elle-même (transport parallèle) revient à sa position initiale ou non. Voir la figure suivante et les explications dans https://dournac.org/sciences/tensor_calculus/node39.html et des notions de courbure dans http://settheory.net/fr/courbure

     

    Déplacement le long d'un triangle sphérique (https://dournac.org/sciences/tensor_calculus/node39.htmll)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Transport parallèle. En géométrie différentielle, la connexion est un outil pour réaliser le transport parallèlehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Connexion_(math%C3%A9matiques)

     

    Les mathématiques de la théorie des boucles déterminent cette courbure pour chaque circuit fermé sur le graphe, ce qui permet d'évaluer la courbure de l'espace-temps et donc la force du champ gravitationnel: L'opérateur conjugué à la géométrie de l'espace granulaire est l'holonomie de la connexion gravitationnelle (l'holonomie d'une connexion sur une variété différentielle est une mesure de la façon dont le transport parallèle le long de boucles fermées modifie les informations géométriques transportées). En termes physiques c'est une boucle de wilson pour la relativité générale (En théorie de jauge, une boucle de Wilson est une observable invariante de jauge obtenue à partir de l'holonomie de la connexion de jauge autour d'une boucle donnée. Dans les théories classiques, l'ensemble de toutes les boucles de Wilson contient assez d'information pour reconstruire la connexion de jauge, à une transformation de jauge près). Le site astrosurf.com précise dans le chapitre réseau de spin, que les réseaux de spin apparaissent comme une généralisation des boucles de Wilson de la relativité générale nécessaire pour gérer les intersections de boucles, c'est à dire les noeuds du graphes donc les quanta d'espace comme on l'a vu précédemment.

    Tout comme la mécanique quantique qui est plus que la seule granularite des grandeurs physiques, il faut examiner deux autres aspects.

         -L'évolution des réseaux de spin n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité. Ce point sera examiné dans mon article à venir: "le temps n'existe pas". 

         -Nous ne devons pas penser aux choses  comme elles sont, mais à la manière dont elles interagissent. Donc nous ne devons pas regarder les réseaux de spin comme des entités, une "grille" laquelle le monde (extérieur) est posé, mais comme un effet de l'espace sur les choses. C'est la leçon d'Einstein à propos de l'espace absolu de Newton. Heisenberg nous l'a aussi appris, entre une interaction et une autre, l'électron n'est dans aucun lieu ou est diffus dans un nuage de probabilités dans tous les lieux, de même l'espace n'est pas un réseau de spins spécifique, mais un nuage de probabilités sur tous les réseaux de spin possibles.

    A des échelles suffisamment petites qui vont jusqu'à l'échelle de Planck (mais existe t-elle?), l'espace est un pullulement fluctuant de quanta de gravité  qui agissent sur les choses, entre eux et tous ensemble. Ils se manifestent dans ces interactions comme des grains en relation les uns avec les autres dans ces réseaux de spins. Les liens entre les grains (les noeuds) ne sont nulle part, en aucun lieu. Ce sont eux, qui par leurs interactions, créent les lieux. Donc l'espace est créé par l'interaction de quanta individuels de gravité. 

    Un des scientifiques qui a développé le plus à fond la compréhension de la géométrie quantique est Simone Spezialechargé de recherche, CNRS, au centre de physique théorique à Marseille Luminy, dans l'équipe